Lawrence Naesen, le frère d'Oliver : "Même à table, je voulais manger plus vite que lui"

La Belgique sportive a toujours été une terre de… frères. Les frères Saive, les frères Mpenza, les frères Hazard, les frères Borlée, les frères Lukaku. Et dans le monde cycliste, les frères Planckaert, les frères Gilbert, les frères Vanendert... et désormais les frères Naesen, Oliver (27 ans) et Lawrence (25 ans). Les frangins ostendais sont tous deux professionnels, l’aîné chez Ag2r-La Mondiale, le cadet chez Lotto-Soudal.

Dans la foulée d’une excellente première saison pro chez Wallonie Bruxelles-Veranclassic-AquaProtect (victoire notamment à la Ruddervoorde Koerse), Lawrence Naesen a décroché sa place sur le circuit World Tour où son grand frère impressionne depuis deux ans maintenant. Un frérot que l’on reconnaît de loin puisqu’il porte depuis le 25 juin 2017 le beau maillot noir-jaune-rouge de champion de Belgique. Être le frangin du champion national, c’est une fierté évidemment pour Lawrence. Mais, alors qu’il essaie de construire sa propre image, sa propre réputation et son propre palmarès, est-ce vraiment facile à vivre au quotidien ?

Samuël Grulois a parlé de cette situation particulière avec un coureur souriant, épanoui, ambitieux. Un coureur qui a définitivement opté pour le cyclisme à vingt ans alors que l’athlétisme lui tendait les bras (il était spécialiste du 100 mètres).

Lawrence, être le frère du champion de Belgique, n’est-ce pas un peu lourd à porter ?  
"Que du contraire ! C’est vraiment une motivation. Je veux faire aussi bien que lui, voire mieux. Je promets de m’entraîner et de me soigner pour le battre !"

Deux ans vous séparent. Est-ce qu’il y a, depuis votre plus jeune âge, une sorte de concurrence entre vous ?
"Chaque jour de notre enfance, dans tout ce qu’on faisait ensemble, et on faisait beaucoup de choses ensemble, l’objectif était d’être le meilleur. Le plus rapide, le plus fort, une vraie concurrence. On a fait du skateboard, du BMX à deux… et à chaque fois on voulait être le meilleur. Même à table, je voulais manger plus vite que lui !"

Vous n’évoluez pas dans la même équipe. Est-ce qu’il y a des échanges, des taquineries, par SMS par exemple avant les courses ?
"A deux, on parle toujours de tout. Quand j’ai un truc à lui dire sur le déroulement d’une course, je lui en parle. Et quand il doit me demander quelque chose, il n’hésite pas non plus. On parle vraiment beaucoup."

Il y a de la concurrence et, en même temps, vous êtes frères et il y a donc une grande confiance…
"On est des concurrents mais je veux toujours qu’il gagne. Et lui veut que moi je gagne. Il me donne des trucs pour m’aider. Par contre, n’ayant pas la même expérience que lui, c’est plus compliqué de lui donner des conseils…"

Quand Oliver est devenu champion de Belgique, qu’avez-vous ressenti ?
"C’était un jour formidable. Et la nuit qui a suivi aussi ! C’était vraiment… dur ! Une très grande fête. Toute la ville était là ! C’était vraiment fou."

Comment vos parents vivent-ils cette situation ? J’imagine leur fierté d’avoir deux fils coureurs professionnels…
"Ils sont super fiers ! Mais sur certaines courses, c’est difficile pour ma maman. Par exemple, si l’un de nous est devant et l’autre dans le deuxième groupe, elle ne sait pas si elle doit être heureuse ou malheureuse… Mais c’est clair qu’elle est très contente qu’on soit tous les deux professionnels, que notre hobby soit devenu notre métier. Donc, elle est vraiment ravie de la situation."

Quand on a les mêmes vêtements, nous sommes… les mêmes ! 

En tant que coureur, par rapport à votre frère, quel est votre rêve ? Courir dans la même équipe ? Ou alors, terminer une course, comme le Tour des Flandres par exemple, avec lui dans une échappée ?
"Je suis certain que l’on courra un jour dans la même équipe ! Mais, clairement, mon plus grand rêve, c’est de disputer la finale d’une très grande course ensemble. Dans ce rêve, on termine premier et deuxième… et moi je gagne ! Quel rêve !"

La nuance est importante : dans votre rêve, c’est Lawrence qui gagne !
"Oui ! Mais Oliver peut faire deuxième."

Dans un sprint à deux, vous êtes meilleur que lui ?
"Je pense, oui."

Êtes-vous le même type de coureurs ?
"Je suis un peu plus grand (NDRL : 1 mètre 90), un peu plus fin (NDLR : 72 kilos) et un peu plus explosif. Mais, pour le moment, il est plus fort que moi. On en reparlera dans deux ans !"

En tout cas, pas de doute physiquement, vous êtes bien le frère d’Oliver Naesen. La ressemblance est criante.
"Quand on a les mêmes vêtements, nous sommes… les mêmes !"

J’imagine que vous êtes conscient que si vous ne vous appeliez pas Naesen, vous auriez moins de pouvoir d’attraction médiatique ?
"Tout le monde connaît le nom Naesen. Je suis le jeune frère d’Oliver, je me débrouille bien sur un vélo… et donc tout le monde veut tout savoir sur moi. Pour moi, c’est nickel ! Je suis un nouveau pro et tous les Belges me connaissent déjà. Maintenant, tout le monde connaît mon nom mais en 2018, je veux que tout le monde apprenne mon prénom !"

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