Laurent Fignon vu par Rodrigo Beenkens (vidéo)

Rodrigo Beenkens
Rodrigo Beenkens - © RTBF.be

Notre spécialiste vélo, Rodrigo Beenkens a bien connu le champion français. ce dernier fut son consultant. Il a vécu à ses côtés des moments inoubliables. Rodrigo revient notamment sur la personnalité et la carrière d'un homme attachant qui a marqué l'histoire du vélo.

"C'était un ami, déclare Rodrigo Beenkens, professionnellement, c'était quelqu'un d'exceptionnel car il anticipait tout. J'ai vécu un Tour de France à ses côtés et j'ai compris qu'il pouvait, lui, expliquer aux téléspectateurs pourquoi Armstrong attaquait ? pourquoi Ullrich n'attaquait pas à cet endroit ? Il avait la science de la course, une facilité de locution ainsi qu'une fameuse dose d'humour".

"Au début, je l'imaginais comme quelqu'un d'hautain, d'arrogant, de distant mais en fait, c'était un homme timide. Humainement, c'était quelqu'un de fantastique. Cela peut paraître banal de dire cela mais c'est la vérité".

"Je l'ai connu à l'époque où il travaillait à Eurosport. Il était mort de rire à côté de moi dans la cabine lors du championnat du monde en 1994 en Sicile lorsqu'il m'a entendu parler d'un certain américain Horner qui s'était illustré et j'ai du dire une bêtise du style "aucun lien de parenté avec Yvette". Après la course, il m'a dit: "on doit un jour travailler ensemble". Et c'est arrivé. On a collaboré la première fois sur Paris-Roubaix. Cela a tout de suite fonctionné entre nous deux. Il était ennuyé lorsque France télévisions l'a contacté. Il était prêt à refuser l'offre et je lui ai dit que ce n'était pas possible, c'est ton pays." Et c'est donc comme cela que la collaboration s'est achevée.

"Son exemple peut aider des gens qui vivent des moments difficiles. Il n'a jamais voulu accepter la maladie et a toujours dit qu'il voulait se battre et c'est ce qu'il a fait".
"Il disait toujours ce qu'il pensait, il a été critique mais il avait la légitimité pour le faire, il ne caressait pas dans le sens du poil. Beaucoup d'organisateurs le redoutait. Il recherchait la vérité même si cela ne plaisait pas".

"Il avait beaucoup d'humour. Je me rappelle qu'après le Tour perdu en 89 face à Lemond, il avait dit : "Vous avez trouvé mon épitaphe : "8 secondes"" se rappelle Rodrigo Beenkens. "L'échec de Fignon en 89 est terrible car à l'époque lors du contre la montre décisif, il ne bénificiait pas du même vélo que Lemond. Théo Mathy me disait d'ailleurs que si les 2 hommes avaient eu le même vélo, Lemond n'aurait jamais gagné" ajoute notre spécialiste vélo.

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