Laurens De Plus, le "survivor" du peloton: "Ma maman a eu besoin de l'aide du psychologue de Quick Step"

Laurens De Plus
Laurens De Plus - © JASPER JACOBS - BELGA

Laurens De Plus n'oubliera jamais la date du 7 octobre 2017. Ce samedi-là, dans le final du Tour de Lombardie, le talentueux coureur de Quick-Step est à l'attaque. Soudain, il loupe un virage dans la sinueuse descente du Mur de Sormano et passe, sous les yeux de millions de téléspectateurs, au-dessus d'une glissière de sécurité avant de disparaître des images.

Grosse panique sur la planète vélo! De Plus, comme Jan Bakelants tombé au même endroit quelques instants plus tard, est transporté en urgence dans un hôpital de la région de Côme où on ne lui diagnostiquera, entre guillemets, qu'une fracture du plateau tibial du genou droit. C'est un miracle! Laurens De Plus, c’est un peu le... "survivor" du peloton, le survivant, le rescapé.

Trois mois plus tard, alors qu'il s'apprête à reprendre la compétition après un stage en Espagne et un autre en altitude en Afrique du Sud, Samuël Grulois a demandé à l'Alostois de 22 ans dans quel état physique et mental il était...

Laurens, comment vous sentez-vous ?
"Bien, merci ! Tout se passe bien à l’entraînement désormais. Je compte beaucoup m’entraîner pour vraiment essayer de faire une saison magnifique."

Avez-vous des séquelles physiques ? Avez-vous encore mal aujourd’hui ?
"Non, non, ça va bien maintenant. J’ai eu une bonne période de revalidation. Les docteurs de l’équipe ont été très efficaces. Ils m’ont beaucoup aidé. Là, je me projette déjà dans les premières courses de ma saison. Ça ira vite." 

Avez-vous encore en tête cette fameuse image où on vous voit passer au-dessus de la glissière ?
"Non. Je veux vraiment l’oublier ! En moyenne, la carrière d’un cycliste est longue d’une dizaine d’années. Donc, j’oublie ce moment et je mets le focus désormais sur les courses et pas sur les chutes."

Quelques instants après vous, Jan Bakelants est également tombé au même endroit et il a été bien plus abîmé que vous (sept côtes et deux vertèbres fracturées !). Vous avez eu beaucoup de chance…
"Oh oui, j’ai eu beaucoup de chance et j’en suis bien conscient. Le 2 janvier, j’ai rencontré Jan lors d’un repas commun et j’ai pu discuter avec lui. Il m’a confié qu’il souffrait énormément. J’espère qu’il ira rapidement mieux, dès les prochaines semaines. Mais il est un peu plus âgé que moi et c’est donc plus difficile pour lui de se retaper… J’espère qu’il connaîtra lui aussi une saison magnifique !"

Quelques jours après votre chute, je me souviens avoir vu dans un journal une photo de vous avec vos parents. Ils expliquaient qu’ils étaient rassurés après avoir évidemment paniqué. Nous, en direct à la radio, on a vraiment eu peur pour vous. Alors, on n’imagine même pas ce qu’ont ressenti votre papa et votre maman...
"C’était et c’est encore difficile pour eux. Ma maman a toujours peur maintenant. Le cyclisme est un sport avec de nombreux risques et ça lui pose quelques problèmes. Mais dans l’équipe, nous avons un très bon psychologue, Jef Brouwers, qui a beaucoup aidé ma mère. J’espère vraiment qu’elle vivra les prochaines courses plus sereinement."

Donc, le psychologue de l’équipe ne s’occupe pas que des coureurs. Ils gèrent aussi les soucis… des parents des coureurs ?
"Et oui, il s’occupe des parents également ! Et c’est très bien ainsi. Dans la structure Quick Step, on a tout ce qu’il faut : des physiothérapeutes, des soigneurs, des entraîneurs, des docteurs et donc aussi des psychologues pour s’occuper du mental."

Depuis votre chute, quand vous vous retrouvez dans une descente, est-ce que vous avez peur ?
"Non, pas du tout ! D’ailleurs, lors de mon premier entraînement après ma chute et ma revalidation, je me suis directement testé dans une descente ! Je l’ai abordée comme avant et je n’ai eu aucun souci, sans aucune peur. Franchement, je n’y pense pas. J’ai beaucoup parlé des chutes avec Jef Brouwers, avec les entraîneurs aussi, et j’ai réussi à oublier cet épisode. Ils m’ont tous conseillé de mettre le focus sur la nouvelle saison."

Avez-vous l’impression d’avoir fait une erreur ce 7 octobre 2017 ou bien était-ce juste la fatalité ?
"(Hésitant)… Oh… un peu oui. Mais il y a également une faute de l’organisateur (NDLR : RCS Sport) car, à cet endroit, il n’y avait pas du tout de signalisation adaptée. Pas de protection non plus en cas de chute. J’espère que pour les prochaines éditions, la situation changera. Il faut prévenir les coureurs du risque. Nous sommes des sportifs mais aussi des êtres humains. Nous avons des familles. Il est capital pour nous, comme pour tout le monde, de rester en vie !"

Ce qui était intéressant sur ce Tour de Lombardie, c’est qu’au moment de votre chute, vous étiez très bien, à l’attaque (à la poursuite du Français Mikaël Cherel qui était en tête). C’est rassurant. Laurens De Plus a donc les capacités pour s’illustrer bientôt sur cette course !
"Voilà, c’est surtout ça que je veux retenir pour le futur. Quand je suis tombé, j’étais à 30 kilomètres de l’arrivée et je jouais la gagne ! C’est bien pour la saison qui arrive. Et j’espère en effet faire mieux dès le prochain Tour de Lombardie."

Où doit-on vous attendre début 2018 ? Sur les classiques wallonnes ? Sur d’autres types de courses ?
"Je vais me concentrer sur des épreuves comme Paris-Nice, peut-être le Tour de Catalogne, les petits Tours d’une semaine… et évidemment le Tour de Lombardie en fin de saison (Rires) !"

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