Landis n'a plus un dollar en poche

Floyd Landis
Floyd Landis - © EPA

Le cycliste américain Floyd Landis, jugé à Nanterre (près de Paris) pour l'espionnage du laboratoire national anti-dopage (LNDD) français et sous le coup d'un mandat d'arrêt, n'assiste pas à son procès pour "raisons économiques", a fait valoir jeudi un membre de son entourage.

Floyd Landis, dont la victoire au Tour de France 2006 avait été annulée après un contrôle positif à la testostérone, "n'a plus un dollar en poche après les multiples procédures engagées à ce sujet avec l'Agence d'arbitrage américaine indépendante", a expliqué à l'AFP un membre de son entourage.

Le coureur originaire de Pennsylvanie s'était ruiné en frais judiciaires pour tenter de prouver son innocence. D'arbitrages en appels, il aurait englouti deux millions de dollars (1,6 million d'euros).

Le tribunal correctionnel de Nanterre s'est penché jeudi sur le volet sportif d'une vaste affaire d'espionnage, impliquant Floyd Landis et son ancien entraîneur Arnie Baker, soupçonnés d'avoir obtenu illégalement des documents du LNDD afin de contester les résultats concluant à un dopage.

Arnie Baker, également absent du procès, est soupçonné d'avoir commandité le piratage informatique du laboratoire anti-dopage en faisant appel aux services d'un hacker employé par des anciens militaires reconvertis dans les renseignements privés.

A la barre, Jean-François Dominguez, ancien parachutiste, a reconnu avoir lui-même sollicité le hacker tout en se disant "convaincu" que Floyd Landis et Arnie Baker étaient les véritables commanditaires de cette opération.

"Sinon, à qui profite le crime ?", s'est-il interrogé.

Pédagogue, le fringant trentenaire a expliqué que dans le monde des officines, l'exécution du contrat répondait à "un principe de cascades, le donneur d'ordres se cachant derrière des intermédiaires pour qu'on ne retrouve pas sa trace".

"J'ai accepté le contrat par amitié sans savoir qu'on allait s'attaquer à une institution française. C'était un impair", a admis M. Dominguez, reconnaissant toutefois ne pas "avoir d'état d'âmes lorsqu'il s'agit d'entreprises privées".

"Quand vous faites ce métier, vous êtes dans une zone grise sans savoir vraiment où se situe ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. C'est vrai qu'on s'en arrange facilement", a reconnu l'ancien militaire.

EDF et deux ex-responsables de sa sécurité comparaissent à ce procès dans un autre volet de cette affaire, pour avoir espionné Greenpeace.


Belga
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