La mésange, le magnolia, le Nieuwsblad, etc.

Samuel Grulois: "On a tous quelque chose en nous de… Vilvaldi. Le peloton a en lui les couleurs, le baroque, la folie !"
Samuel Grulois: "On a tous quelque chose en nous de… Vilvaldi. Le peloton a en lui les couleurs, le baroque, la folie !" - © RTBF

Avez-vous entendu comme moi cette semaine cette jolie mésange charbonnière tout excitée chanter et virevolter au-dessus du magnolia planté à côté de votre potager ? Avez-vous vu comme moi ces deux pigeons ramiers fous amoureux installer leur nid au sommet du pommier qui domine votre verger ? Après la neige et le froid, ressentez-vous comme moi les prémices du printemps, cette période de l’année qui précède l’été ? Attention de ne pas vous tromper. Il y a le printemps astronomique, le printemps météorologique et surtout, surtout oui, le printemps… cycliste. C’est de celui-là dont j’aimerais vous parler.

Quand Antonio Vivaldi s’est lancé dans l’écriture de son chef-d’œuvre "Les quatre saisons", il a commencé par écrire, tiens, tiens… "Le printemps", son concerto n°1 en mi-majeur. Il n’y a pas de hasard. Certes, une nouvelle année commence toujours en hiver mais elle ne débute vraiment qu’au printemps, avec le redoux, la floraison et la fin de l’hibernation. La fin de l’hibernation de la marmotte, du lérot et du hérisson. La fin de l’hibernation, surtout, du champion. Synonyme de début de saison du rayon, du guidon et du bidon !

On ne va pas se mentir : oui, nous avons vibré pendant l’hiver, dans la boue et dans le sable, grâce aux compétitions de cyclo-cross, grâce à Wout Van Aert et Mathieu Van der Poel, deux champions qui, semble-t-il, ne connaissent pas le mot hibernation. Mais question frissons, l’ouverture de la saison cycliste sur route, c’est encore une autre dimension. 

Le Grand Prix de la Marseillaise, l’Étoile de Bessèges, le Tour de La Provence, le Tour des Émirats arabes unis, ont fait monter la pression, l’excitation, la tension. Trois mots qui caractérisent à merveille le week-end qui se profile à l’horizon. Le Circuit Het Nieuwsblad samedi, Kuurne-Bruxelles-Kuurne dimanche, le Grand Prix José Samyn mardi. Trois courses en quatre jours… c’est ça l’amour ! Pour l’occasion, la petite reine s’apprête d’ailleurs à revêtir ses plus beaux atours. Nouvelles équipes et nouveaux maillots. Pour paraphraser un certain Johnny, on a tous quelque chose en nous de… Vilvaldi. Le peloton a en lui les couleurs, le baroque, la folie !

Évidemment, pour le daltonien que je suis, il y a de quoi en perdre ses repères. Les contingences liées à la pandémie rendent également le contexte plus nébuleux, moins lisible… moins pépère. Sans même parler du huis clos et de l’absence de supporters. Un berg sans public, c’est comme… un berg sans public. Catastrophique. Agueusique. Sans goût. Comme la fameuse agueusie dont souffre Louis De Funès dans "L’aile ou la cuisse". Une absence de goût dont sont d’ailleurs frappés de nombreux malades du Covid. Mais là, positifs ou négatifs, nous avons tous faim de vélo. Et ce n’est pas ce fichu virus qui nous empêchera d’en consommer. Alors, ce week-end, pour penser à autre chose qu’au confinement et qu’au couvre-feu, et pour fêter le retour de nos héros, de vos héros, lâchez-vous, mangez vélo, buvez vélo, dormez vélo ! 

Si la jolie mésange charbonnière a le droit de chanter, si les pigeons ramiers fous amoureux ont le droit de roucouler, les passionnés de bicyclette ont le droit de vibrer. Ça ne rime pas mais… c’est essentiel.

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