La Lombardie, la der de Gilbert chez Lefevere

"Quand je suis venu chez Deceuninck, j’avais vraiment l’objectif de gagner Roubaix et les Flandres. On ne peut pas parler de chance mais de travail". Le ton est donné et les premières indications sont décryptées, Philippe Gilbert ne quitte pas Patrick Lefevere avec des regrets. "On a marqué l’histoire de l’équipe en 3 ans. Je suis content d’y avoir participé. Ces courses flamandes, c’est vraiment dans l’ADN de l’équipe. Patrick doit rêver de ces courses la nuit je pense. Pour Deceuninck Quick Step, c’est la fin d’un cycle. Ils vont repartir avec des jeunes et je pense qu’ils devront être patients dans les années à venir. Beaucoup de bons coureurs s’en vont, ils vont devoir reconstruire."

Mais qu’on ne s’y trompe pas quand on lui demande pourquoi il s’en va, le vainqueur de Roubaix ne se dérobe pas. "Je m’en vais simplement parce que je n’ai pas eu de proposition de contrat. Quand vous n’avez pas de contrat, vous ne pouvez pas rester. Heureusement, il y a eu rapidement plusieurs équipes intéressées et j’ai fait mon choix. Je retourne chez Lotto même si la structure n’est plus vraiment la même mais d’un autre côté, je connais bien John Lelangue de ma période BMC, je connais De Weert qui était de ma génération ou Marc Sergeant que j’ai eu comme manager. C’est une équipe qui s’est restructurée. C’est bien d’être dans un projet comme ça."

Chez Lotto – Soudal, Gilbert est attendu pour son expérience et sa science de la course. Un retour à la loterie qui sera différent de son premier passage. "Dans ma première période de succès, j’étais plus individualiste mais je n’avais pas à côté de moi de grands champions avec qui partager. Cadel Evans n’était pas encore le grand. Evans que j’ai connu après.Homme de défi et homme d’honneur, Gilbert aimerait idéalement quitter l’équipe avec une nouvelle victoire… personnelle ou collective. "On est ici avec une équipe forte avec Jungels et Mas. Il Lombardia c’est une classique que j’aime bien. Quand je l’ai gagné, Il y a 10 ans, je pouvais dire la veille que j’allais faire un top 5, un podium si j’étais bien ou la gagner si j’étais très bien."

Aujourd’hui avec le Civiglio si long et si raide après deux cents kilomètres, les choses ont changé. "Je ne suis pas certain de pouvoir rivaliser avec les meilleurs grimpeurs sur les quatre kilomètres. J’ai travaillé dur, j’ai envie d’essayer. Vous savez, si je n’étais pas motivé, j’aurais pu dire comme beaucoup d’autres : “j’ai raté mon championnat du monde, j’arrête ma saison et je me concentre sur la saison prochaine.”

Même si leurs destinées se séparent, Gilbert garde le sourire : "L’année prochaine, je pense que j’irai encore prendre un café dans le bus et que je serai encore le bienvenu."

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