La déclaration d'"amour inconditionnel" d'Axel Merckx pour l'anniversaire de son papa Eddy

Il y a un an, souvenez-vous, nous étions en plein rush à quelques jours du Grand Départ du Tour de France à Bruxelles, cinquante ans après la première des cinq victoires d'Eddy Merckx. Et bien, Eddy, "notre" Eddy, est encore mis à l'honneur en ce mois de juin 2020 puisqu'il fête ce mercredi son 75ème anniversaire. Édouard Merckx est né, en effet, le 17 juin 1945, à Meensel-Kiezegem. En 1967, il s’est marié avec Claudine Acou avec qui il a eu deux enfants : Sabrina en 1970 et Axel en 1972. Samuël Grulois a contacté (dans le cadre de l'émission radio VivaSport sur VivaCité) en Colombie-Britannique, la province la plus à l’ouest du Canada où il vit depuis longtemps avec son épouse et ses deux filles, Axel Merckx (manager de l’équipe continentale Hagens Berman Axeon depuis douze ans), toujours très ému quand il parle de son paternel. Qui plus est, trois jours à peine après la Fête des Pères. 


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Axel, c'était la Fête des Pères dimanche en Belgique. Vu la distance (NDLR : 7500 kilomètres à vol d’oiseau) qui vous sépare de Meise où vivent vos parents, cette fête vous tient-elle toujours autant à cœur ? 

" Qu’importe la manière avec laquelle on fête ça, c’est toujours un jour spécial. Malheureusement, vu notre organisation familiale, comme j’habite assez loin, je n’ai pas souvent l’occasion de passer cette journée-là avec lui. Mais nous sommes en contact quotidien et je me suis évidemment empressé, dès mon réveil (NDLR : neuf heures de décalage horaire), à lui souhaiter une super Fête des Pères. C’est un jour particulier et… ce sera une semaine particulière pour lui. "

Papa a été très discipliné pendant le confinement ! C’est une personne qui a du mal à rester en place mais il a respecté les règles, il est resté à sa maison, confiné, bien à l’abri des risques qu’il encourait en sortant de chez lui. Heureusement qu’il a pu faire quelques sorties à vélo pour se détendre.

Comment votre papa, qui reste très actif, a-t-il vécu le confinement ?

" Il a été très discipliné ! C’est une personne qui a du mal à rester en place mais il a respecté les règles, il est resté à sa maison, confiné, bien à l’abri des risques qu’il encourait en sortant de chez lui. Comme je vous le disais, je suis en contact journalier avec lui. Je sais que ma sœur et ses enfants passent lui dire bonjour assez régulièrement. Nous avons logiquement été très inquiets pour maman et pour lui mais ça se passe assez bien pour le moment. Heureusement, et c’est une chance, qu’il a pu faire quelques sorties à vélo pour se détendre et prendre un peu l’air. "

Vous n'avez plus vu votre père depuis les Championnats du Monde au Yorkshire en septembre 2019. C'est long, très long...

" Oui… Depuis que je vis au Canada, c’est probablement la période la plus longue qu’on a passée sans se voir ! Mais nous ne sommes pas des cas exceptionnels. Ça arrive à plein de gens. Vu les restrictions pour les voyages, nous devrons probablement être un peu patients. Mais les retrouvailles seront encore plus spéciales ! "

Quand je vous dis "Eddy Merckx", vous pensez d'abord au champion cycliste ou au papa ?

" Je pense d’abord au papa et il n’y a aucun doute là-dessus ! Je suis fier de sa carrière. Ce qu’il a fait sur son vélo, mais aussi en dehors du vélo, est exceptionnel. Mais nous, nous avons l’un envers l’autre un amour inconditionnel. Il a quelque chose de très particulier que beaucoup d’autres papas n’ont pas : il est vraiment à 100% derrière ses enfants, dans toutes les décisions que nous prenons, ma sœur et moi. Il a un énorme vécu, une grande expérience de la vie. Il a toujours été à nos côtés dans les moments de joie mais aussi dans les moments difficiles, et c’est ça le plus important. "

Dès que papa rentrait à la maison, il redevenait un papa et n’était plus le Cannibale ou le grand champion. C’était une grande fierté de l’avoir comme papa. On savait très bien qu’à partir du moment où il était à la maison, on devait en profiter au maximum. C’est vrai qu’il y a eu un manque quand nous étions jeunes mais c’est un sacrifice et un investissement qu’il a fait pour nous. Il a souffert… pour nous. Pour que nous ayons une vie très confortable.

Être le fils d'Eddy Merckx, est-ce facile ou difficile ? Est-ce une chance ou un poids ? En posant la question différemment : n'avez-vous pas parfois eu l'impression que votre père vous échappait, que le public vous le volait ?

" Si, évidemment, mais ça fait partie de la vie d’une personnalité publique qui est, en plus, un emblème pour tout un pays, toute une nation. Ma famille a dû apprendre à vivre ‘avec’… Mais sachez que dès que papa rentrait à la maison, il redevenait un papa et n’était plus le Cannibale ou le grand champion. C’était une grande fierté de l’avoir comme papa. Nous sommes fiers de tout ce qu’il a accompli dans sa vie professionnelle mais également privée. Nous avons un lien assez particulier avec lui. C’est vrai que nous n’avons peut-être pas eu une éducation classique comme dans une famille ‘normale’ mais ça a rendu nos liens encore plus forts. On savait très bien qu’à partir du moment où il était à la maison, on devait en profiter au maximum. Et ça, il l’a réussi avec nous. "

Vous êtes né en 1972, quand votre père était au sommet de son art. Quand vous étiez gamin, est-ce que vous avez malgré tout souffert de son absence, puisqu'il était rarement à la maison ?

" Oui, ça n’a jamais été facile. Mais je pense que maman a bien comblé le manque et qu’elle nous a justement relayé l’amour et la passion qu’elle avait pour lui. Elle a toujours différencié la vie professionnelle de la vie privée. Elle a fait un très bon travail de ce côté-là. C’est vrai qu’il y a eu un manque quand nous étions jeunes mais c’est un sacrifice et un investissement qu’il a fait pour nous. Il a souffert… pour nous. Pour que nous ayons une vie très confortable. Et nous lui en sommes très reconnaissants. Il nous a notamment transmis une chose : sans travail, sans volonté, on n’arrive nulle part. Et à mon tour, j’essaie de transmettre ça à mes filles pour qu’elles regardent de l’avant et qu’elles essaient d’être toujours positives face aux difficultés de la vie. "

Lors du Grand Départ du Tour à Bruxelles, mes enfants, ainsi que ceux de ma sœur, ont pu constater que leur grand-père est toujours un… phénomène et une légende du sport belge, ce dont ils n’étaient peut-être pas conscients avant.

Il y a un an, la Belgique fêtait donc les cinquante ans du premier succès d’Eddy Merckx sur le Tour de France. Comment a-t-il vécu ces mois de juin et juillet 2019 très chargés ? On sait qu’il a été fatigué les semaines qui ont suivi… Avec le recul, apprécie-t-il toujours autant l’hommage qui lui a été rendu ?

" Vu l’engouement populaire, on a bien compris l’importance que papa a pour le cyclisme en particulier et pour le pays en général. Oui, cet hommage lui a fait plaisir et oui, il a été très content quand tout cela s’est terminé, c’est vrai. Il a reçu beaucoup de demandes médiatiques. Il a toujours été disponible, c’est l’un de ses traits de caractère. Et puis, il a également apprécié le fait que, pour l’occasion, sa famille était rassemblée au grand complet, avec tous ses enfants et petits-enfants. C’était particulier. Et mes enfants, ainsi que ceux de ma sœur, ont pu constater que leur grand-père est toujours un… phénomène et une légende du sport belge, ce dont ils n’étaient peut-être pas conscients avant. "

Les chiens ne font pas des chats : vous avez été coureur professionnel (médaillé de bronze aux JO en 2004 notamment), votre neveu Luca Masso est hockeyeur (membre de l'équipe argentine championne olympique à Rio) et votre fille aînée Axana s'est lancée avec succès dans la natation. Elle est notamment devenue championne de Belgique il y a quelques mois à Anvers sous les yeux de son papi et de sa mamie. Un chouette moment j'imagine ?

" Oui, certainement ! Pour elle, c’était une première expérience et une belle reconnaissance pour le travail qu’elle effectue depuis longtemps. Elle a encore beaucoup de boulot devant elle mais elle est très déterminée et ça, c’est une signature de la famille Merckx ! Nous sommes une famille de grands sportifs. Axana sait que le parcours est encore long mais elle espère un jour représenter les couleurs de la Belgique aux Jeux Olympiques, les prochains ou les suivants. Le plus important, c’est qu’elle aime ce qu’elle fait. Elle suit ses études à l’Université de Tucson, en Arizona, aux États-Unis, pour pouvoir se développer en tant que jeune femme et jeune athlète. "

Et puis, on en profite pour prendre des nouvelles de votre deuxième fille Athina, qui souffre d'une tumeur à l'arrière d'un genou et qui suit régulièrement des cures de chimiothérapie. On a beaucoup parlé de votre papa, Eddy, durant cette interview. Mais là, le papa c'est vous. Et c'est une situation difficile, évidemment...

" C’est sûr que… quand on a appris la nouvelle, j’ai vécu le pire moment de ma vie. C’était un peu flou concernant les diagnostiques et les thérapies à suivre. Depuis lors, une partie du chemin a déjà été effectuée mais il en reste encore un long morceau, surtout pour elle. Athina fait preuve d’énormément de bonté, de caractère et de courage en suivant ses cures chaque semaine. Les derniers scanners étaient encourageants et on espère que ça va continuer à évoluer dans le bon sens. On croise les doigts pour que tout se passe bien. Elle est vraiment un exemple de détermination ! "

Papa Eddy était fier de ses enfants, Sabrina et Axel. Papa Axel est fier de ses enfants, Axana et Athina…

" Comme je vous le disais pour mon père, c’est un amour inconditionnel. Pour mes filles, j’irai au bout du monde ! J’ai été éduqué comme ça et je le relaie auprès de mes enfants. "

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