L'association des cyclistes pros attentive aux restrictions salariales dans les équipes

L'association des cyclistes pros attentive aux restrictions salariales dans les équipes
L'association des cyclistes pros attentive aux restrictions salariales dans les équipes - © LIONEL BONAVENTURE - AFP

Comme l’ensemble des secteurs et des sports, le cyclisme est touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19. Le CPA (Cyclistes Professionnels Associés), l’association internationale des coureurs professionnels, a déclaré vendredi dans un communiqué qu’il allait "rester vigilant afin d’éviter toute spéculation et limiter les difficultés auxquelles les coureurs et leurs familles font face".

Les premiers effets de la crise se font sentir. L’équipe CCC de Greg Van Avermaet a déjà tranché dans le vif. Et ce n’est sans doute que le début.

Sans course, les sponsors n’ont pas la visibilité espérée. Et comme ils paient le plus souvent par tranche, certains hésitent à passer à la caisse.

"Les équipes soutenues par une entreprise privée peuvent difficilement se permettre de ne pas courir avant la fin du mois de juin", a expliqué Patrick Lefevere, big boss de Deceuninck-Quick Step, à Sporza. Même le tout-puissant Wolfpack, meilleure équipe du monde ces dernières années, n’est pas à l’abri. "Je crains que des équipes fassent faillite. Même moi, j’ai peur". Fin mars, l’équipe avait déjà perdu 500.000 euros.

Les coureurs en première ligne

Au centre du jeu, les coureurs ne sont pas épargnés. Entre baisse des salaires, calendrier en point d’interrogation et impossibilité de se montrer pour ceux dont le contrat expire en fin de saison, les inquiétudes sont nombreuses. "Nous sommes conscients des difficultés que les sponsors et les équipes rencontrent pendant cette période d’urgence. Nous sommes prêts à écouter et à faire des compromis pour le bien de tout le sport, mais en même temps nous serons vigilants afin d’éviter toute spéculation et limiter les difficultés auxquelles les coureurs et leurs familles font face", a déclaré Gianni Bugno.

Si le président du CPA accepte la "flexibilité demandée" par l’AIGCP (Association Internationale des Groupes Cyclistes Professionnels), il insiste aussi sur le fait qu’il y a "des règles à respecter". "Il n’est pas acceptable de faire d’importantes coupes salariales sans la preuve que les contrats ne peuvent pas être respectés", a dit l’ancien cycliste italien.

"Nous n’accepterons jamais une réduction généralisée des salaires", a ajouté Laura Mora, secrétaire générale du CPA. "On devra évaluer chaque cas séparément et étudier comment limiter les problèmes en adoptant une aide et des stratégies spécifiques."

L’économie du cyclisme est depuis quelques années un fragile équilibre. La crise actuelle pourrait bien le rompre.

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