"Julian Alaphilippe peut dépasser Peter Sagan…"

Vainqueur l’an passé de la Flèche Wallonne et du Maillot à Pois du Tour de France… puis ce week-end de Milan-San Remo, Julian Alaphilippe est partout : que cela grimpe, que cela descende, que cela sprinte ou que cela s’échappe…

"Je pense qu’il peut gagner toutes les classiques, à tout le moins tous les monuments", explique Cyril Saugrain, consultant RTBF. "Ma seule réserve concernerait Paris-Roubaix, qui ne me semble pas dans son ADN. Il peut actuellement viser un Top 10 à Roubaix… mais si les circonstances lui sont favorables et qu’il se met en tête de la gagner, il peut aussi s’imposer là-bas !"

Et si Julian Alaphilippe, loin de l’hyper-spécialisation du cyclisme moderne, remettait au goût du jour le profil du coureur "à l’ancienne", capable de gagner sur tous les terrains. "C’est Peter Sagan qui a ouvert la brèche il y a  quelques années", poursuit Saugrain. "Mais Sagan a un profil plus sprinteur, alors qu’Alaphilippe est plus grimpeur. Si Sagan prenait des échappées de montagne, c’était pour prendre des points au Maillot Vert alors qu’Alaphilippe y allait pour prendre des points au Maillot à Pois : il va mieux se défendre dans les cols plus durs. Je pense qu’Alaphilippe est potentiellement plus fort que Sagan : il a le potentiel pour gagner toutes les classiques flandriennes, les wallonnes et le Tour de Lombardie alors que si Sagan a déjà gagné le Tour des Flandres, il a plusieurs fois montré ses limites sur Liège-Bastogne-Liège."

Formé dans le giron Quick Step depuis 6 ans, Alaphilippe serait en fait un Belge qui s’ignore. "Les équipes belges ont cette culture des classiques. Avec les précieux conseils d’équipiers comme Terpstra, Stybar ou Philippe Gilbert, il a appris à repérer les routes, à se placer, à ne pas fournir les efforts aux mauvais moments, à démarrer quand il le fait ou plutôt attendre. C’est clair que pour briller dans les classiques, il vaut mieux faire partie de l’équipe Deceuninck-Quick Step que de l’équipe Sky."

Reste la question à 1 millions d’euros : dominant sur tous les terrains, Alaphilippe peut-il rêver de la totale, à savoir une victoire finale dans un grand Tour ? Cyril Saugrain reste prudent.

"Je ne vois pas Julian gagner un jour un grand Tour, parce que c’est un coureur fougueux, qui donne énormément et fournit le spectacle. À l’inverse, un coureur de Tour doit pouvoir gérer une course de 3 semaines en étant le plus souvent dans l’attente. Alaphilippe est capable de ronger son frein sur des courses d’une semaine et de gagner des chronos courts, alors que dans les grand Tours, il faut pouvoir gagner des chronos de 30-40 km. Je ne pense donc pas qu’il soit en mesure d’aller s’imposer au bout d’un grand Tour. Il doit continuer à y jouer la course d’équipe et y viser des coups d’éclat et des victoires d’étape."

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