John Lelangue (Lotto-Soudal) fataliste : "J'espère que cette décision ne donnera pas des idées à d'autres…"

John Lelangue, directeur sportif de Lotto-Soudal.
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John Lelangue, directeur sportif de Lotto-Soudal. - © DAVID STOCKMAN - BELGA

Après Cédric Vasseur (Cofidis) et Patrick Lefevere (Deceuninck-Quick Step), un troisième directeur sportif, John Lelangue (Lotto-Soudal) a accepté de se confier à nous concernant la décision de l’UCI de réduire d’un coureur (les formations passent de 7 à 6) chaque équipe qui s’élancera sur Milan San Remo. Même s’il condamne également le choix unilatéral et sans concertation de l’organisation, il se montre moins véhément que ses collègues.

"C’est une sorte d’étonnement. Il va falloir adapter sa stratégie. Sportivement c’est dur parce que perdre un coureur ça n’a l’air de rien mais l’épreuve fait quand même 300km. Je m’estime heureux que cette année, j’y envoie deux coureurs qui visent la victoire. Philippe Gilbert, qui en a fait son objectif principal, et Caleb Ewan qui a déjà terminé 2e. Dans la stratégie qu’on avait décidée il y a quelques mois, on n’a heureusement pas décidé d’aligner deux autres coureurs qui auraient bien évolué dans ce registre-là. Je pense à John Degenkolb ou Tim Wellens. Là on aurait été dans une situation plus dure avec quatre leaders et seulement deux équipiers. A l’heure actuelle, on est dans une situation jouable avec deux leaders protégés et quatre équipiers, même si quatre équipiers c’est peu par rapport à tout le travail que peut comporter un Milan San Remo" explique John Lelangue.

Contrairement à Lefevere qui réfléchit à faire opposition, l’homme fort de chez Soudal reste plus tempéré. Il espère juste que ce sera un cas unique et rarissime et que ça ne créera pas de jurisprudence : "On a déjà assez de problèmes à gérer pour avoir une vraie 2e partie de saison et je pense que le principal est là. On a tout fait pour préparer et protéger notre équipe de la meilleure manière. Je ne vais pas rentrer dans une révolution ou une opposition. Je resterai solidaire avec mes collègues et avec Patrick Lefevere.

La décision est arrivée un peu tard parce que ça peut aussi créer un précédent sur d’autres épreuves. Enlever un coureur donc passer de 5 équipiers à 4, ça fait forcément perdre un homme. Dans une course de 300 km, il y a des choses qui peuvent arriver en pleine course, une chute, un homme en méforme, un incident et alors on se retrouve avec 2 ou 3 équipiers pour faire 300 km, ça peut chambouler toute une stratégie. J’espère que cette dérogation donnée à Milan San Remo ne donnera pas des idées à d’autres…" renchérit Lelangue.

Si l’organisation a décidé d’enlever un coureur à chaque équipe, c’est pour permettre à deux équipes italiennes de participer à la course, sans pour autant alourdir le peloton. Une justification qui ne passait pas aux yeux de Vasseur mais qui peut se comprendre à en écouter John Lelangue. Pour lui, c’est le timing qui cloche.

"Je comprends bien sûr la justification que c’est une période difficile pour les équipes pro continentales. Nous en tant qu’équipe World Tour, on a la chance de savoir où nous allons d’ici la fin de saison et on a accès à toutes les épreuves World Tour. Je comprends que pour les managers d’équipes pro continentales, c’est plus difficile, ils se battent pour avoir des invitations, des wild-cards sur les classiques et les grands évènements. C’est une situation difficile par rapport à leurs sponsors parce que la visibilité se retrouve amoindrie. Je peux comprendre qu’un organisateur et les équipes italiennes aient intérêt à disputer ces courses pour avoir une visibilité. Je comprends la logique sauf que la décision est tardive et qu’elle est sur la course la plus longue du calendrier, que c’est la première grosse course depuis le début de la saison. Donc si je la comprends ? Oui et non…" conclut-il.

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