Impossible d'échapper à Chris Froome

Chris Froome devant les nuées de micro sur la Ruta del Sol
Chris Froome devant les nuées de micro sur la Ruta del Sol - © RTBF

Sur les routes d'Andalousie, Chris Froome est venu ouvrir son calendrier 2018. Première étape dans un plan minutieusement préparé. Il doit lui permettre de réaliser le doublé un peu oublié : Giro-Tour de France (dernière édition : 1998 avec Marco Pantani).

Sur les routes d'Andalousie, la presse est venue chercher des explications ou des précisions auprès de Froome.

Le Britannique s'est exprimé au départ et à l'arrivée de la 1ère étape de cette Ruta del Sol. Une minute de réponse en début de journée et une autre minute en fin de journée. Chez Sky, même la communication est minutieusement préparée. L'attaché de presse annonce une minute d'interview, Froome parle une minute. Tip top.

En 60 secondes on peut dire très peu de choses... Chris Froome enchaine les phrases lisses et polies. "C'est un moment difficile", "il faut attendre la fin de la procédure", "nous travaillons dur", etc. Pas plus d'explications et de précisions pour comprendre "l'Affaire de l'aérosol".

L'équipe Sky demande à tous, coureurs, observateurs et amateurs du sport cycliste, du temps et de la patience. "C'est un dossier complexe". Mais la communication verrouillée de la formation britannique n'aide pas.     

Et il serait trop simple de résumer cette histoire à un "bad buzz" de la presse. Habituellement, les affaires de contrôle antidopage sont peu commentées par le peloton cycliste. Mais cette fois, certains sortent du bois. Et ils sont de plus en plus nombreux.  

A l'image du Belge Tim Wellens. "Froome dit avoir reçu des marques de soutien ? Je n’ai pas vu ça. J’ai plutôt l’impression inverse. Je n’ai pas entendu beaucoup de choses positives par rapport à sa présence à la Ruta del Sol".

En Andalousie, nous avons également croisé plusieurs personnes qui ne souhaitaient pas rendre leurs pensées publiques, mais qui en parlent en dehors du micro. Pourquoi en dehors ? Par crainte d'un éventuel retour de manivelle. "Tout le monde a son avis, et tout le monde a un peu peur de ce que l'autre pense", résume encore très bien Wellens.

Le sentiment du "deux poids, deux mesures" s'installe. "Si c’est moi, ou n’importe quel autre coureur, qui subit la même chose, je serais au moins non-actif. Ce n’est pas l’idéal. Je ne pense pas qu’il va vivre une très belle semaine", explique le champion de Belgique Oliver Naesen.

Dernier écho du peloton, l'impression de ne pas exister en dehors des tourments de Froome. "S'il n'était pas là, vous ne seriez pas là non plus". "Vous n'êtes pas venu jusqu'ici pour moi". L'organisateur de la Ruta del Sol a accrédité 4 à 6 fois plus de journalistes qu'à l'habitude. Les coureurs regrettent qu'on ne parle pas plus de vélo. Ils ont raison. Le jeune sprinteur français Thomas Boudat (Direct Energie) a remporté la 1ère étape. Froome est 57ème. 

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