Giro : qui est Louis Vervaeke, le Belge 2e du classement général après cinq étapes ?

On a beaucoup parlé de Remco Evenepoel avant ce Giro, ou encore de Tim Merlier vainqueur de la deuxième étape. Mais un troisième Belge épate aussi les suiveurs de cette première semaine de course : Louis Vervaeke (Alpecin-Fenix), 27 ans, est installé à la deuxième place du classement général après cinq étapes.

Pour en arriver là, le coureur né à Renaix mais désormais installé près de Huy s’est tout d’abord glissé dans la bonne échappée sur la 4e étape (quatrième à l’arrivée, il s’était invité à la 3e place du classement général), avant de profiter involontairement de la malchance de Joe Dombrowski lors de la 5e étape. L’Américain précédait le Belge au général mais il a chuté, permettant à Vervaeke de gagner une place pour se retrouver deuxième à 42 secondes du maillot rose Alessandro De Marchi.

Mais qui est donc Louis Vervaeke ? Son parcours en 5 points.

"Jonge Benen" : des débuts professionnels sous les projecteurs

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Sean De Bie, Louis Vervaeke et Tim Wellens : 3 des 4 paires de "Jonge Benen" de la VRT © BELGA PHOTO DAVID STOCKMAN

Vainqueur notamment d’une étape au Tour de l’Avenir en 2014, Louis Vervaeke est un grimpeur prometteur chez les Espoirs. Il passe professionnel chez Lotto (alors Lotto-Belisol) au cours de la saison 2014. Mais c’est l’année suivante que Louis Vervaeke se fait un nom, en participant à une série documentaire de la VRT : "Jonge Benen" ("Jeunes jambes"). Une série qui plonge "en immersion" dans la vie d’un quatuor de jeunes coureurs belges prometteurs : Tim Wellens, Jasper Stuyven, Sean De Bie et Louis Vervaeke. Les quatre cyclistes font découvrir aux téléspectateurs les coulisses de la vie des coureurs professionnels, ouvrent les portes des maisons qu’ils occupent ensemble en Italie et en Espagne, se filment en pleine course (bien avant la généralisation des caméras officiellement embarquées…) et partagent leurs fous rires, joies et déceptions.

Restés amis malgré des parcours professionnels et personnels qui les ont éloignés, les quatre coureurs s’entraînent encore parfois ensemble, partagent occasionnellement des stages et ont aussi toujours un groupe WhatsApp naturellement nommé… Jonge Benen.
 

Période sombre

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Sous le casque, les doutes… © BELGA PHOTO YUZURU SUNADA

Vervaeke peine à confirmer les espoirs placés en lui, nés de ses capacités de grimpeur et d’une belle 11e place au Tour du Pays basque 2016. Le coureur, trop souvent livré à lui-même, finit par se perdre : surentraînement, mauvaise gestion et troubles de l’alimentation, il repousse ses limites mais va trop loin avec son corps sans que personne ne l’arrête. Sa tête n’en veut plus : il met même son vélo de côté pendant plusieurs semaines.

Il rebondira chez Sunweb en 2018, pensant trouver dans l’équipe allemande la structure qui peut l’aider à remettre sa carrière dans le bon sens. Équipier notamment pour Tom Dumoulin sur le Giro, mais rarement aligné pour lui-même sur les courses qui lui conviennent, le Belge perd le plaisir de rouler.

Amoureux, heureux, tout va mieux

 

S’il s’en sort, c’est notamment grâce à sa vie personnelle. En plein doute, il voit à la télévision une interview d’Astrid Collinge. Une infirmière liégeoise plus connue en tant que veuve d’Antoine Demoitié, le coureur liégeois décédé en plein Gand-Wevelgem 2016. Louis Vervaeke avoue être impressionné par la force dégagée par la jeune femme. La voir faire face au drame qui l’a touchée aide le coureur à mettre en perspective ses propres problèmes. Il décide d’envoyer un message à Astrid et la magie opère : les tempéraments des deux tourtereaux collent parfaitement. Le couple se marie en 2019 et attend un enfant en août prochain.

La Flèche Wallonne "à domicile"

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Sylvain Moniquet (Lotto-Soudal) et Louis Vervaeke (Alpecin-Fenix) : deux potes d’entraînement dans l’échappée de la Flèche Wallonne 2021 © BELGA PHOTO ERIC LALMAND

Louis Vervaeke, Renaisien d’origine, s’est désormais installé en Wallonie. Il vit avec Astrid à Marneffe près de Huy, et partage donc bien souvent ses entraînements avec des amateurs locaux et d’autres professionnels établis dans la région, sur des routes qui conviennent bien à son profil de grimpeur.

22e de la Flèche Wallonne 2020, il s’est glissé dans la bonne échappée de l’édition 2021, rejoignant à l’avant de la course son pote d’entraînement Sylvain Moniquet. En forme ascendante, Vervaeke a malheureusement chuté juste avant la Redoute sur Liège-Bastogne-Liège et n’a pas fini la course. Il a même craint pour son Giro, mais a finalement pu prendre le départ à Turin... avec la réussite qu'on lui connait désormais.

Passé chez Alpecin-Fenix l’an dernier après quasi six saisons dans des équipes World Tour, Vervaeke ne considère pas ce transfert comme un pas en arrière. "Chez Sunweb, c’était devenu un simple boulot, ici j’ai retrouvé la passion", a-t-il déclaré il y a quelques mois. L'ancien espoir prometteur semble en tout cas avoir trouvé l’environnement de travail idéal, couplé à une vie personnelle également apaisée.

A la recherche d’un premier succès chez les pros

Malgré les espoirs placés en lui, la trajectoire de Louis Vervaeke n’a pas été rectiligne, on l’a compris. Il n’a jamais réussi à lever les bras dans la peau d’un coureur professionnel. Son meilleur résultat jusqu’ici est une deuxième place au Trofeo Serra de Tramuntana (une manche du Trophée de Majorque) en 2017 derrière… son ami et coéquipier de l’époque Tim Wellens.

Vervaeke dispute son troisième Giro (il est d’ailleurs le seul coureur de l’équipe Alpecin à disposer d’une expérience sur un Grand Tour !) mais il n’en a terminé aucun jusqu’ici. Mais le Hesbignon avoue avoir coché quelques étapes sur ce Giro 2021, en deuxième et troisième semaines (et en montagne). Au départ à Turin, il avait avoué vouloir surtout se faire plaisir sur le vélo et se glisser dans un maximum d’échappées. Apparemment en confiance, qui sait s’il n’arrivera finalement pas à réaliser son rêve de victoire…

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