Faut-il tirer à boulets rouges sur les coureurs belges ?

Tour des Flandres
2 images
Tour des Flandres - © Tous droits réservés

Quel Tour des Flandres !

Une course incontrôlable, sans aucun temps mort. Une bataille infernale sur chaque centimètre carré pavé ou asphalté, en côte...ou plat. Un vainqueur qui n’avait jamais gagné une seule course chez les professionnels. Quatre des huit premiers qui n’avaient jamais disputé le Tour des Flandres jusque-là.

La jeunesse (Bettiol 25 ans, Asgreen, Van der Poel et Van Aert 24 ans) qui prend le dessus sur l’expérience. Pas de Belge sur le podium pour la première fois depuis 18 ans. Et lorsque les chefs de meute de l’intouchable Wolfpack craquent (Stybar et Gilbert diminués, Jungels et Lampaert trop courts), l’équipe Deceuninck nous sort un sacré louveteau : Kasper Asgreen, deuxième...après avoir fait presque la moitié de la course en tête...du peloton pendant les 200 premiers kilomètres et des échappés pendant les 70 derniers !

Toujours pas de victoire belge

Les Belges n’ont pas encore gagné une seule grande course pavée cette saison. Du jamais vu depuis...la seconde guerre mondiale. Il leur reste Paris-Roubaix pour sauver la mise. Faut-il pour autant parler de débâcle ?

Le plus heureux des coureurs Belges hier à Audenarde s’appelait Sep Vanmarcke. Quel paradoxe pour cet éternel malchanceux tombé neuf jours plus tôt sur les routes menant à Harelbeke et qui s’alignait fortement diminué. Les circonstances ont donc voulu qu’il se retrouve dans un rôle inhabituel d’équipier de luxe. Vanmarcke a franchi la ligne d’arrivée en levant les bras, comme s’il avait enfin gagné la course de ses rêves, conscient du rôle important qu’il venait de jouer dans la victoire de Bettiol. Un peu comme Philippe Gilbert qui a sacrifié ses chances pour Alaphilippe dans une course, Milan-Sanremo, qui hante son esprit depuis des années.

Et les autres ? Souvenons-nous d’abord que dès la première course pavée de la saison, le circuit Het Nieuwsblad, les grandes satisfactions belges s’appelaient Wellens (3e) et Teuns (5e)...deux spécialistes des classiques wallonnes !

Greg Van Avermaet, Oliver Naesen, Wout Van Aert et Tiesj Benoot marquent chaque course de leur emprunte mais sans pouvoir conclure. Ils devraient être nos meilleurs atouts dimanche prochain dans l’Enfer du Nord. Que leur manque-t-il pour gagner ? Deuxième du Nieuwsblad et troisième à Harelbeke, le champion olympique reste un favori de Paris-Roubaix mais il n’a jamais eu une équipe aussi faible. C’est un vrai problème.

Van Aert est mieux entouré et il a surtout dix ans de moins que Van Avermaet et donc tout un bel avenir devant lui sur ces courses. Il en gagnera et des belles. C’est une question de temps. Personne ne mettra jamais en doute ni les qualités ni le tempérament de Benoot mais, pour gagner, il doit arriver seul...comme Bettiol. Et si notre plus belle chance dans la Reine des classiques était Oliver Naesen ? Même diminué par une bronchite et sous antibiotiques, il était le premier Belge hier, comme c’était déjà le cas à Sanremo où seul un irrésistible Alaphilippe l’a privé d’un succès retentissant. Réponse dimanche, sur le vélodrome de Roubaix.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK