Evenepoel : Le rayon de soleil qui provoque l'arc-en-ciel

Heestert. Petit village de Flandre Occidentale. Sous un soleil radieux, Remco Evenepoel descend discrètement de voiture. Enfin, pour la discrétion, on repassera. Le nouveau champion du monde junior, le phénomène belge en cyclisme est attendu... très attendu… "Je trouve ça chouette ", explique euphorique Remco Evenepoel. "Ça fait toujours plaisir d’avoir plein de supporters. C’est une motivation pour aller plus loin pendant la course ".

Il est surtout fortement reconnu malgré ses 18 ans. "Énorme. Énorme. Il n’y a pas de comparaison. Aucune comparaison. Un champion du Monde. Je n’ai jamais vu ça", raconte ébahi un fan expérimenté présent dès son arrivée. Il faut dire que sa performance aux championnats du Monde n’est pas passée inaperçue.

Alors quand il prépare méthodiquement sa tunique arc-en-ciel de champion du monde, l’attention est encore plus forte autour de lui. Une aura, un charisme naturel. Le rayon de soleil qui provoque l'arc-en-ciel. D’ailleurs, son fan club s’affaire dans les parages. Notamment des Louviérois. "C’est un coureur plaisant à regarder en course", précise Fabien. "Il fait de belles choses et quand on est amateur de cyclisme, qu’il ait 18 ou 25 ans, on sait reconnaître un champion."

Remco Evenepoel, c’est déjà une marque qui attire et fait vendre. Les raisons sont toutes simples. "Il est sympathique avec tout le monde", argumente Patrick, son papa. "Il parle néerlandais, français, il a pris le drapeau pendant le championnat du monde, il a chanté la Brabançonne. Je crois que ça a eu son effet en Belgique". Et Remco d’enchaîner : "Je suis un gars normal. J’essaye d'être poli avec tout le monde, personnes âgées, jeunes, garçons, filles. J’essaye d’être amical avec tout le monde."

Remco s'apprête à disputer sa seule course en Belgique avec ce maillot distinctif. Il lui restera aussi le chrono des nations en France. L’année prochaine, il passera pro et ne pourra plus le porter.

Toujours souriant, il a appelé ses potes et ses partenaires pour cette course unique. Une bonhomie communicative. Et un bilan sportif impressionnant. 35 victoires en 46 jours de course chez les juniors. Un mangeur de bitume, empreint de sérénité et de simplicité. Une humilité cultivée par la famille et un talent digne des plus grands. Certains le voient comme le nouveau Cannibale. Mais attention ! "Me comparer à Eddy Merckx, ce n'est pas vraiment ce que je veux". Eh oui ! Dites : Remco Evenepoel.

À la fin de la course, l’attention était encore sur lui alors qu’il termine 2e. Non sans une pointe d’émotion. "On va aller boire un verre et manger un bout avec les coéquipiers parce que c'était ma dernière course avec mon équipe. Et puis, assez tôt dans le lit."

Scruté, épié. Son quotidien a changé. Coincé par des regards admiratifs. Remco, lui, reste calme, et repart sereinement.

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