Et si Néo Lamot était la future star du cyclo-cross… wallon ?

Une semaine après le solo de Mathieu Van der Poel dans la course élites des Championnats du Monde, les meilleurs spécialistes du cyclo-cross vont se retrouver dimanche à Merksplas pour y disputer l'avant-dernière manche du Challenge du Superprestige. Ces fameux spécialistes inspirent évidemment les plus jeunes, comme le Namurois Néo Lamot, un gamin de 15 ans qui a réussi, cet hiver, et ça n'est pas évident, à impressionner ses adversaires flamands. 

Néo a terminé à la dixième place du Championnat de Belgique des " débutants deuxième année ". Et il a même été recruté par une équipe néerlandophone, "Acrog-Tormans Balen". Alors, qui sait… Lamot est-il la future star du cyclo-cross wallon ? Va-t-il pouvoir vraiment à l’avenir rivaliser avec les coureurs flamands et si possible, sur le long terme ? 

Ces dernières années, plusieurs francophones y ont cru sans jamais réellement percer, que ce soit Quentin Bertholet, Julien Kaise ou Loïc Hennaux, qui vient d’annoncer qu’il se retirait de la compétition à seulement 24 ans.

On vous propose donc une rencontre avec le Namurois Néo Lamot (Biesmes, Mettet) ainsi qu’avec son entourage proche, son papa David et son entraîneur, l'ancien pro David Boucher

 

Néo Lamot (le coureur)

Moi, j’ai directement aimé la boue quand j’étais gamin. D’ailleurs, avant de faire du vélo, j’étais gardien de but au foot, je devais plonger dans la boue et j’adorais ça !

" La Flandre, c’est le pays du cyclo-cross ! Partir dans une équipe flamande, participer à des entraînements collectifs en Flandre, voir comment ils se préparent là-bas… tout ça ne peut m’apporter que du bénéfice. Mon rêve, mon objectif à long terme, c’est de monter chez les pros ! Il y a des choses que je préfère vraiment dans le cross par rapport à la route. Le cyclo-cross est une discipline un peu plus individuelle. Et puis, une course chez les débutants ne dure qu’une demi-heure mais c’est une demi-heure à fond ! On se lâche, on est dans notre bulle. On est tout le temps au maximum et c’est ce que j’adore. Moi, j’ai directement aimé la boue quand j’étais gamin. D’ailleurs, avant de faire du vélo, j’étais gardien de but au foot, je devais plonger dans la boue et j’adorais ça ! C’est vrai qu’en Wallonie, il n’y a pas de grands crossmen donc difficile d’avoir une idole qui vous inspire. Moi, c’est mon papa, qui a fait du cyclo-cross étant jeune, qui m’a donné envie. Quand l’hiver arrivait, on regardait toutes les courses à la télévision et ça m’a toujours impressionné. J’ai très vite voulu faire ça et je ne le regrette pas. "

 

David Lamot (le papa)

Néo doit faire sa place et ce sera évidemment un peu plus difficile en tant que Wallon en Flandre. Mais je n’ai jamais eu le moindre reproche, aucun coup de gueule d’un néerlandophone. Les Flamands ont tout à gagner à nous intégrer.

" Franchement, nous n’avons connu aucun souci d’intégration dans ce monde très flamand. Pour le moment, tout se passe bien. On verra la suite. Je pense que Néo doit apprendre le néerlandais pour être mieux intégré dans son équipe et c’est d’ailleurs ce qu’il fait puisqu’il voit tous les mercredis une prof de néerlandais et d’anglais. Il a vraiment le cyclo-cross dans la tête et son prochain objectif est donc d’apprendre le néerlandais. On nous demande parfois si on se sent accueilli dans ce monde très flamand… écoutez, moi, je n’ai jamais eu le moindre problème, je n’ai jamais rien entendu. Néo fait sa place. Il doit la faire et ce sera évidemment un peu plus difficile en tant que Wallon en Flandre. Mais je n’ai jamais eu le moindre reproche, aucun coup de gueule d’un néerlandophone. Les flamands ont tout à gagner à nous intégrer. Avoir un petit Wallon dans leur équipe, ça leur permet d’avoir quelques articles et photos dans les journaux en Wallonie… "

 

David Boucher (l’entraîneur, né français, naturalisé belge et qui vit en Flandre)

Le cyclo-cross chez les jeunes développe l’habilité. C’est un bon bagage qui vous aide, plus tard, à rouler sans peur dans un peloton et qui vous met en confiance quand il faut frotter. L’école du cyclo-cross est une très belle école !

" Si je peux aider la partie wallonne de la Belgique à faire évoluer le cyclo-cross, c’est super pour moi. Je pense qu’il y a un énorme potentiel mais il faut pouvoir se donner les moyens de l’exploiter. Il faut faire un peu de détection et créer, comme au nord du pays, un petit centre d’entraînement pour développer la discipline. Plusieurs personnes ont déjà essayé mais elles ont échoué à cause d’un manque de communication. Si on communiquait un petit peu mieux, si on se mettait à table tous ensemble, je suis certain qu’il y aurait la possibilité de faire quelque chose de bien avec juste un peu de moyens. Je pense que l’image du cyclo-cross a évolué avec les résultats sur jour de garçons comme Wout Van Aert ou Mathieu Van der Poel. Moi, j’ai toujours eu la conviction qu’il était plus facile de commencer la pratique du vélo par le cyclo-cross et le VTT pour devenir ensuite un bon coureur sur la route, et non l’inverse. Même si vous êtes un bon coureur sur route, c’est impossible de devenir un bon crossman a posteriori. Le cyclo-cross chez les jeunes développe beaucoup de choses dont l’habilité. C’est un bon bagage qui vous aide, plus tard, à rouler sans peur dans un peloton sur la route, et qui vous met en confiance quand il faut frotter. L’école du cyclo-cross est une très belle école ! "

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