Dopage mécanique : Wiggins pas surpris, Froome demande plus de contrôles

Bradley Wiggins
Bradley Wiggins - © JUSTIN TALLIS - AFP

Le moteur découvert dans un vélo aux Mondiaux de cyclocross n'a pas fini d'alimenter les conversations. Ce "dopage" technologique a d'ailleurs été l'un des principaux sujets de discussions à la veille des départs du Tour de Dubaï et du Herald Sun Tour.

Bradley Wiggins (Team Wiggins) ne semble pas vraiment étonné. "Je pense que c'est dans l'air depuis un petit temps. Depuis 5 ans, il y a des soupçons parce qu'ils (les commissaires de l'UCI) contrôlent les vélos. Je pense que c'est le premier moteur qu'ils ont trouvé, mais je suis sûr que c'est arrivé dans le passé. Ils ne l'avaient simplement pas trouvé. Ils n'ont pas abandonné, et c'est une bonne chose. Après mon record de l'heure, ils avaient par exemple mis mon vélo en pièces", confie l'ancien vainqueur du Tour à Cyclingnews.

Froome : "L'UCI prend la menace au sérieux"

Chris Froome (Sky) explique être préoccupé par ce sujet depuis plusieurs années. "J'ai d'ailleurs abordé le sujet devant la Commission Indépendante de l'UCI quand je l'ai rencontrée. Je leur ai dit "il y a ces rumeurs et selon moi, ce serait bien que l'UCI mette en place des mesures et commence à contrôler régulièrement les vélos". Le règlement a été a adapté en 2015 et des contrôles ont effectivement lieu. "Au cours des dernières saisons, mon vélo a été démonté et vérifier une douzaine de fois. Je pense que l'UCI prend la menace au sérieux et espérons que cela va conduire à une augmentation des contrôles au niveau du World Tour", précise le Britannique.

Romain Bardet (Ag2r) espère de son côté qu'il ne s'agit que d'un "cas très isolé" mais il estime qu'il faut "pousser les investigations un peu plus loin pour voir l'ampleur du phénomène". Le Français reste malgré tout optimiste. "Je fais confiance aux instances internationales pour prendre le problème à bras-le-corps. Quand je vois le chemin accompli depuis les années 2000 par les instances antidopage, j'ai confiance pour que ce type de triche mécanique soit résolu dans les meilleurs délais", assure-t-il dans L’Équipe.

Reste la question des sanctions. Actuellement, les fraudeurs risquent une suspension de 6 mois minimum et une amende allant de 20000 à 200000 francs suisses. Eddy Merckx prône la fermeté contre ce type de tricherie et la suspension à vie pour ceux qui sont pris la main dans le sac. "Je suis plutôt du même avis", glisse Wiggins. "C'est une chose de se doper, c'est une autre de décider de placer un moteur dans son vélo. A côté de l'aspect éthique, il faut poser des questions à l'a. C'est différent. Je ne dirais pas que c'est plus grave. Je pense que les deux sont aussi mal."

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