Deceuninck-Quick Step, une troisième saison au sommet ?

Les Deceuninck - Quick Step auront fort à faire pour réaliser une cuvée 2020 aussi exceptionnelle que les 2018 et 2019
Les Deceuninck - Quick Step auront fort à faire pour réaliser une cuvée 2020 aussi exceptionnelle que les 2018 et 2019 - © JOMA - BELGA

Depuis deux saisons, les Deceuninck–Quick Step enchaînent les performances extraordinaires. Une hégémonie qui porte un nom : le Wolfpack. Et le moins qu’on puisse dire c’est que la meute de Patrick Lefevere sait se renouveler. Kwiatkowski, Tony et Dan Martin, Kittel, Trentin, Boonen, Gaviria, Terpstra et désormais Viviani et Gilbert, saisons après saisons, de grands noms quittent le navire, mais les résultats persistent.

Qu’attendre donc de l’équipe belge cette saison ? Les départs de Gilbert et Viviani sont comblés par l’arrivée de Sam Bennett et le changement de rôle d’Alaphilippe, qui va s’attaquer aux Flandriennes. Plus que jamais, Quick Step va compter sur les jeunes loups qui arrivent dans l’équipe et sur ses leaders habituels. Jungels, Lampaert, Stybar et Alaphilippe seront les chefs de file sur les classiques. Bennett, Jakobsen et Hodeg seront les atouts principaux lors des sprints.

Keisse, Morkov, Declercq et Devenyns seront à nouveau là pour apporter leur expérience et donner le coup de pédale nécessaire pour aider leur leader, mais pas que. En termes de victoire, Dries Devenyns a déjà battu son score de l’année dernière en s’imposant sur la Cadel Evans Great Ocean Road Race, remportée l’année précédente par Elia Viviani. Alors en 2020, Deceuninck–Quick Step sera-t-il encore plus un collectif que l’équipe d’un seul homme ? Sans doute, même si le Français Julian Alaphilippe semble tout de même être la tête d’affiche des troupes de Patrick Lefevere.

S’appuyer sur les certitudes

Alaphilippe, Jungels, Lampaert et Bennett ont entre 27 et 29 ans et sont donc dans ce qu’on considère comme la meilleure période de la carrière d’un sportif. La question de l’adaptation ne s’est pas posée pour l’Irlandais qui a déjà remporté deux courses cette saison. Alaphilippe a lui connu une année 2019 extraordinaire, avec comme apogée, un Tour de France qu’il finit 5e, après avoir porté le maillot jaune pendant 14 jours et remporté 2 étapes. Il a également levé les bras sur Milan-Sanremo, la Flèche Wallonne et les Strade Bianche. En tout, le Français a remporté 12 courses en 2019.

Bob Jungels et Yves Lampaert gagneront encore en importance au sein de la formation. Le Luxembourgeois devra relever la tête après une saison contrastée où il est passé à côté du Giro, mais a tout de même remporté Kuurne-Bruxelles-Kuurne et la tunique de champion national sur route et contre-la-montre. Il est l’heure pour celui qui a remporté Liège-Bastogne-Liège en 2018 de s’affirmer comme un réel leader. Un constat identique pour l’ancien champion de Belgique, qui mis à part une troisième place sur Paris-Roubaix, où il n’avait pas totalement pu jouer sa carte, Philippe Gilbert étant seul en tête, et une deuxième place au championnat de Belgique de chrono n’aura pas totalement répondu aux attentes.

A leurs côtés, on retrouvera un Stybar vieillissant (34 ans), mais déjà vainqueur cette saison au Tour de San Juan. Il avait également très bien performé la saison dernière, s’imposant au Nieuwsblad et sur l’E3. L’ancien spécialiste du cyclo-cross fera sans aucun doute partie de l’équipe alignée sur les classiques flandriennes.

La jeunesse au pouvoir ?

Un nom vient directement à l’esprit lorsque l’on évoque les Deceuninck – Quick Step, celui de Remco Evenepoel. Et comment faire autrement ? Le phénomène a déjà de quoi revendiquer un statut de leader du haut de ses 20 ans. Vainqueur à San Sebastian, deuxième des mondiaux de contre-la-montre, le jeune prodige a connu une première année chez les professionnels assez extraordinaire. Et Remco, qui vient de remporter le chrono et le tour de San Juan, semble reparti sur les mêmes bases en 2020. La tâche pour Patrick Lefevere sera surtout de protéger son poulain dans ce qui est l’année la plus difficile, celle de la confirmation, et qui a déjà vu de nombreux nouveaux prodiges se brûler les ailes.

A ses côtés, d’autres louveteaux qui ont faim et qui ont également besoin de confirmer. Jakobsen, Hodeg et Asgreen ont montré de belles choses l’année dernière et peuvent voir leur statut changer. Le Néerlandais a terminé la saison en boulet de canon, remportant deux étapes sur la Vuelta. Et les terres espagnoles semblent lui sourire puisqu’il a remporté sa première victoire de 2020 à Valence. Pour refaire une saison aussi extraordinaire que les deux dernières, Quick Step devra sans aucun doute compter sur ces trois-là… Et sur beaucoup d’autres jeunes. Près de la moitié de l’équipe a moins de 25 ans. Honoré devra confirmer les attentes placées en lui, Knox et Cavagna devront hausser leur niveau. Sénéchal et Serry ne sont plus considérés comme jeunes, mais ne ramènent pas beaucoup de victoires. Le Belge n’a toujours pas gagné la moindre course à 31 ans.

Un mercato timide

Au rayon des arrivées, Patrick Lefevere n’a pas attiré de grands noms, si ce n’est Sam Bennett. Il mise surtout sur la jeunesse et sur des coureurs expérimentés capables de les encadrer. Vansevenant (20 ans), Bagioli (20), Garrison (21), Almeida (21) et Steimle (23) vont connaître leur première saison en World Tour et seront donc surtout là pour prendre leurs marques. Même si Steimle a déjà eu l’occasion de courir pour Quick Step, en tant que stagiaire, à la fin de la saison dernière et a remporté le championnat de Flandres. Ballerini (25 ans), Van Lerberghe (27), Cattaneo (29), Steels (30) et Archbold (31) n’ont pas connu le goût de la victoire très souvent, mais Cattaneo a par exemple déjà connu quelques top 10 sur les routes du Giro.

Au total, au terme du mercato, Deceuninck-Quick Step aura perdu des coureurs qui lui ont ramené 18 victoires en 2019. Ce sont 23 victoires qui font le chemin inverse et qui rejoignent les rangs du Wolfpack. On peut ajouter à cela les 6 victoires de Bagioli dans des courses de moins grande importance. Dans les chiffres, les tuniques bleues ne devraient donc, a priori, pas trop ressentir ces départs. 73 victoires en 2018, 68 en 2019, combien en 2020 ? Les hommes de Patrick Lefevere sont en avance sur la saison dernière. A l’heure actuelle, ils comptent déjà 7 victoires, soit 3 de plus que l'année passée à la même époque. Un début de saison prometteur qui demande à être confirmé par la suite mais qui laisse penser que la meute a toujours faim.

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