Saugrain : "Je ne suis pas surpris par le succès des courses virtuelles"

Le Tour des Flandres virtuel a répondu à une demande qui devrait s'accentuer à l'avenir
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Le Tour des Flandres virtuel a répondu à une demande qui devrait s'accentuer à l'avenir - © NATHALIE WILLEMS - BELGA

C’était un test. Le Tour des Flandres virtuel l’a passé avec succès. Privés de la Grand-Messe annuelle du cyclisme en Flandre, plus de 600.000 personnes ont suivi la première édition virtuelle du Ronde, remportée par Greg Van Avermaet en direct sur la VRT (vous étiez aussi 15.000 à suivre la course sur Auvio). Ni le kilométrage limité (32), ni le peu de coureurs au départ (13) n’ont donc découragé les amoureux de la petite reine.

Une première convaincante

Des coureurs en équipement, des vélos (sur rouleaux connectés à une application), et des caméras devant chacun d’entre eux, les organisateurs ont fait apparaître un maximum d’ingrédients pour convaincre les téléspectateurs, jusqu’aux interviews d’avant-départ. L’illusion n’était évidemment pas parfaite mais elle a convaincu l’audimat, les 13 participants et notre consultant Cyril Saugrain. "C’était une expérience intéressante, une belle initiative" précise l’ancien coureur français. "On ne s’y croyait pas à 100% mais il y avait quand même une course. Quand il est sorti dans le Paterberg, en développant 500 watts, Greg Van Avermaet n’était pas là pour amuser la galerie. L’effet de réalisme n’était pas si mal, le rendu était vraiment impressionnant. Côté négatif on ne se rendait pas compte de ce qui fait habituellement le charme de ces courses : les secteurs pavés, les monts, les changements de directions. Ici c’était surtout un gros test d’effort pendant une petite heure".

Dans cette configuration de nombreux observateurs avaient d’ailleurs pointé les rouleurs Thomas De Gendt et Remco Evenepoel comme favoris. "Oui moi aussi j’avais misé sur eux pour ce type d’effort. D’autant qu’un coureur comme Remco Evenepoel a grandi sur des home-trainers avec les watts comme objectifs contrairement à Van Avermaet mais lui, il est tellement solide que je ne suis pas surpris non plus qu’il ait gagné. Et puis, il faut aussi s’interroger sur l’implication des coureurs sur ce type d’exercice.

 

Le virtuel, une formule d’avenir ?

Avec un tel succès (56% de part de marché en Flandre), on est en droit de se demander si le cyclisme virtuel viendra un jour concurrencer certaines vraies épreuves ?

"Ce n’est pas du vélo mais c’est quelque chose que l’on doit prendre en compte pour le futur. C’est une évolution logique. Je suis persuadé que l’eSport va se développer et que toutes les grandes équipes auront bientôt une section eVélo".

Et comme en football il faudrait alors imaginer un autre type de coureurs pour cette discipline à part. Car même si l’effort reste considérable, rouler en course sera toujours différent. "Cela ne remplacera jamais le vrai cyclisme. Le cyclisme ce n’est pas seulement 'appuyer fort sur les pédales'. C’est aussi savoir se placer, frotter, prendre des risques, bien virer, affronter le froid et se placer dans le vent. Mais il y a des avantages comme la sécurité. Et puis pour les marques, comme les équipementiers par exemple, le virtuel est très intéressant parce qu’il s’adresse à des personnes qui consomment, qui achètent du matériel contrairement aux pros qui utilisent ce qu’on leur met à disposition".

L’expérience fait en tout cas des émules puisque les organisateurs du Tour de Suisse on a annoncé que l’épreuve traditionnelle, déjà annulée, serait remplacée cette année par le "Digital Swiss 5".

De là à s’imaginer que le Tour de France pourrait lui aussi se retrancher sur le virtuel en cas d’annulation, il n’y a qu’un pas que Cyril Saugrain serait prêt à franchir. "S’il n’y a pas d’autres choix ce sera une alternative intéressante. Hier j’ai monté l’Alpe d’Huez sur mon home-trainer. C’est très réaliste. Donc oui, il y a moyen d’aller chercher des choses. Cela permettrait de créer un événement dans une période vide mais ce ne serait bien évidemment pas le même Tour de France. Tout comme un Tour de France à huis clos serait lui aussi tout à fait différent".

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