Cyclisme, Giro : Tim Merlier, le chef de la bande

Pour beaucoup Mathieu van der Poel était l’arbre qui cache la forêt Alpecin. L’homme qui symbolisait l’équipe, celui qui avait raflé l’ensemble de points pour la mener à la première place du classement européen. Une analyse réductrice. Si l’apport comptable de MVDP n’est pas contestable, à ses côtés, les frangins Roodhooft ont dressé une équipe de guerriers capables de se surpasser.

Qualifiée pour le Giro, l’équipe Alpecin est arrivée orpheline de l’ogre van der Poel mais avec des ambitions certaines. Cintré dans sa tunique noire, jaune, rouge, Dries De Bondt ne cachait pas ses ambitions avant le départ de la première étape. "Le but c’est de gagner des étapes avec Tim (NDLA : Merlier). On va prendre nos responsabilités, avec lui, nous avons un des favoris pour la victoire finale. Avec les équipes des autres sprinters, on va contrôler pour que ça arrive au sprint". Ce qui fut annoncé à Stupingi fut fait à Novara. Premier Giro et premier succès pour Alpecin via Merlier.

"C’est un des meilleurs sprinters du peloton pour le moment. C’est un gars très à l’aise, très posé et très gentil", enchaîne Louis Vervaeke, le grimpeur de l’équipe. La réussite, Alpecin, la puise dans l’esprit de groupe et la cohésion derrière un leader. "On forme un chouette groupe. On est presque 8 potes en fait. On est prêt à tout donner les uns pour les autres, même moi qui vise plutôt les étapes montagneuses ou Jimmy Janssen qui n’est pas le meilleur pilote. On compose tous le train de Tim. C’est vraiment ça l’esprit de l’équipe".

L’éclosion à 28 ans

En quelques mois, Tim Merlier est devenu une référence dans le monde des sprinters. Une éclosion sur le tard pour ce garçon de 28 ans, lauréat cette année du GP Samyn, de Bredene Koksijde et du GP Monséré.

"Il a surtout roulé en cyclo-cross où il avait mis ses priorités jusqu’à tard" nous explique Louis Vervaecke. "Progressivement, il a évolué de plus en plus vers la route et je pense qu’il a seulement découvert tard qu’il était si fort comme sprinter".

Un talent qui n’avait pas échappé à Gérard Bulens qui l’avait pointé comme favori plusieurs semaines avant le championnat de Belgique 2019, alors que le grand public ne le connaissait pas encore. "Chez les juniors, il était déjà très rapide, c’est un garçon qui n’a pas froid aux yeux mais il ne prend jamais de risques superflus. Je connaissais l’arrivée de Novara et je savais qu’il était capable de surprendre les meilleurs".

Merlier échappe aux radars

Paradoxalement, chez les jeunes, Merlier n’arrive pas à convaincre les managers des équipes de se battre pour lui. Son "mentor" Mario De Clercq rappelait à des confrères flamands que lors de son passage chez les espoirs, il l’avait conseillé à plusieurs managers mais aucun ne semblait prêt à s’encombrer d’un crossman. Une erreur qui a fait le bonheur des frères Roodhooft dès 2019 et le titre national. Aujourd’hui, deux ans plus tard, celui qui partage la vie de Cameron Vandenbroucke n’est pas rassasié. Sur les routes du Piémont, pour son premier grand Tour, Merlier a pris du plaisir à porter le maillot cyclamen.

"C’est un sentiment spécial de disputer une étape avec le maillot sur les épaules. Tout le monde te regarde. J’espère que je pourrai encore un peu rouler avec ce maillot. Ma victoire a motivé tout le monde. Les gars ont roulé toute la journée autour de moi. Ils ont fait tout ce que je souhaitais. Les prochains jours ce sera encore mieux je pense".

Avant de laisser la place quand la montagne arrivera, viendra alors pendant la deuxième et la troisième semaine, l’heure des Vervaeke, De Bondt et Janssen qui essayeront de se glisser dans les bonnes échappées pour compléter le bonheur d’une bande de potes occupés à démontrer que MVDP n’est pas seul à bord.

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