Chris Froome sauvé par une étude de l'Université de Leiden ?

Chris Froome sauvé par une étude de l'Université de Leiden ?
Chris Froome sauvé par une étude de l'Université de Leiden ? - © JORGE GUERRERO - AFP

Le test de l'Agence Mondiale Antidopage, la WADA, pour l'utilisation de médicaments contre l'asthme est "fondamentalement défectueux". C'est la conclusion d'une étude de l'Université de Leiden. Cette investigation fournit une aide inattendue pour Chris Froome, qui risque une suspension après un contrôle " anormal ", le 7 septembre 2017, lors de la dix-huitième étape de la Vuelta,  durant lequel la concentration de salbutamol avait atteint le double de ce qui est autorisé .

L'avocat de Chris Froome Mike Morgan a dû se frotter les mains en voyant ce nouvel atout pour la défense de son client dans le but de démontrer que Froome n'a pas violé les règles de l'UCI et de l'AMA, comme il le prétend.

Le salut de Froome viendra peut-être donc de l'étude " Futility of current urine salbutamol doping control ", publiée la semaine dernière dans le British Journal of Clinical Pharmacology. En traduction littérale, cela donne la "Futilité du contrôle antidopage du salbutamol actuel"

Une marge d'erreur inacceptable de 15,4 %

Selon l'étude, "le test actuel au salbutamol est obsolète et doit être révisé. Lors de l'utilisation de la dose maximale autorisée, le nombre de tests faussement positifs peut augmenter à 15,4 pour cent, Une marge d'erreur inacceptable pour un contrôle anti-dopage. Le fait qu'un athlète soit considéré coupable dans ce cas est " totalement inacceptable."

Froome a déjà avancé les arguments de l'insuffisance rénale et de la déshydratation pour sa défense. Selon ses dires, lors de la Vuelta, il a augmenté son nombre de bouffées de deux lors de la première semaine à dix lors de la dernière semaine. Cela a été fait sur les conseils du médecin de l'équipe qui avait diagnostiqué un asthme aggravé du coureur. Pour rappel, un maximum de seize bouffées vasodilatatrices en vingt-quatre heures est autorisé.

Le Britannique de 32 ans doit maintenant prouver son innocence grâce à une étude pharmacocinétique. En d'autres mots, il doit simuler les circonstances qui, selon lui, ont conduit à ce résultat d'analyse anormal.

L'étude de Leiden plaide pour un nouveau test. Elle s'interroge également sur l'effet d'amélioration de la performance du médicament contre l'asthme à fortes doses. Mais la WADA n'est nullement impressionnée : " Nous avons lu l'étude. Notre position ne changera pas. La limite de 1000 nanogrammes est basée sur l'analyse de la littérature des vingt dernières années en ce qui concerne le salbutamol ", déclare Olivier Rabin, directeur scientifique de la WADA.

Mais Mike Morgan, l'avocat de Froome, n'en restera sans doute pas là. Le quadruple vainqueur du Tour de France a dépensé sept millions d'euros pour sa défense. Alors que tout le monde, y compris le président de l'UCI David Lappartient, espérait une résolution rapide de l'affaire, cette nouvelle étude risque de prolonger ce bras de fer juridique.

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