Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Eddy Pauwels

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Eddy Pauwels
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Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Eddy Pauwels - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

2️⃣8️⃣ Eddy Pauwels

Né à Bornem le 2 mai 1935
Décédé à Bornem le 6 mars 2017

7 participations entre 1959 et 1965
4 jours en jaune
4 victoires d’étapes :

  • Montpellier -Perpignan (174 km) et Luchon - Pau (197 km) en 1961
  • Bayonne - Pau (155,5 km) en 1962
  • Paris - Epernay (152,5 km) en 1963

Eddy Pauwels, fils d’un ouvrier métallurgique qui fabriquait des mannes en osier, est né à Bornem dans une famille de cinq enfants.

Un peu frêle avec sa petite carcasse de cabri des cimes, Pauwels était un bon grimpeur, un des premiers aussi à axer toute sa saison sur un seul objectif : le Tour de France. Mais cet Anversois taciturne restera surtout... le premier Eddy  à avoir porté le maillot jaune.

Eddy Pauwels passe professionnel chez Mann-Libertas en 1959 et il dispute déjà le Tour de France qu’il termine onzième après avoir porté le maillot jaune pendant deux jours. La belle histoire commence sur les routes menant à Clermont-Ferrand. Au terme de cette quatorzième étape, Pauwels pointe à la deuxième place du classement général à neuf secondes seulement du leader, Joseph Hoevenaars, un Anversois lui aussi. Le lendemain, sur les pentes du Puy-de-Dôme, Eddy termine dans le top dix d’un chrono dominé par les purs grimpeurs Federico Bahamontes et Charly Gaul. Une performance qui lui permet de rester idéalement placé au général. Il en profite pour prendre le maillot jaune le lendemain à Saint-Etienne où il arrive détaché avec le Suisse Rolf Graf et l’Italien Lino Bruni, vainqueur de l’étape. Le lendemain, à Grenoble, Pauwels cède définitivement le maillot à Bahamontes. L’Anversois boucle l’épreuve à la onzième place. Il regrettera jusqu’à la fin de sa vie l’épilogue de ce Tour de France où il était toujours deuxième quand il eut le sentiment d’être complètement abandonné par les siens alors qu’une place sur le podium final semblait à sa portée.

En 1960, malgré un excellent Dauphiné Libéré, Pauwels ne confirme pas sur les routes du Tour où il se classe vingt-cinquième.

Eddy obtient son meilleur classement sur le Tour, neuvième, en 1961. Il y remporte deux belles étapes à Perpignan et à Pau.

C’est une petite révolution, lors de ce Tour 1962, les équipes de marque (il y en a 15) se substituent au formations nationales et, pour la première fois, un Britannique, Tom Simpson, endosse le maillot jaune.

C’est le Belge Joseph Planckaert qui porte le maillot au pied des Alpes. Sommet inédit, le redoutable col de Restefond est au programme de l’étape Antibes-Briançon, avec en plus le Vars et l’Izoard. Habitué à calquer sa course sur celle des autres, pour la première de sa vie, Pauwels se lance dans une chevauchée fantastique. Mû par une farouche énergie, il semble parti vers l’exploit lorsqu’il chute deux fois dans la descente du col de Vars. Il percute violemment des cailloux qui lui écorchent douloureusement le visage, le cou, les coudes et les genoux. Malgré le sang qui ruisselle sur ses plaies, il remonte sur le vélo. Dans la descente de l’Izoard, il chute à nouveau...après avoir crevé cinq fois ! Son plus grand exploit est une défaite même s’il est désigné (en surclassement) le coureur le plus combatif de ce Tour qu’il termine à la dixième place malgré ses blessures.

Le premier vainqueur du Tour de France 1963 s’appelle Eddy Pauwels. Quatre coureurs arrivent détachés à Epernay : le Britannique Alan Ramsbottom, l’Espagnol Federico Bahamontes et les Belges Edgar Sorgeloos et Pauwels. Ce dernier fait coup double : l’étape et le maillot jaune. Eddy survit à la deuxième étape en ligne, remportée le matin à Jambes par Rik Van Looy et au contre-la-montre par équipes de l’après-midi. Mais il perd sa précieuse tunique le surlendemain à Roubaix. L’Irlandais Seamus Elliott devient le nouveau leader de l’épreuve. Dans les Alpes, Pauwels reprend cependant le maillot qu’il porte fièrement une journée entre Saint-Etienne et Grenoble. Il termine treizième à Paris.

En 1964, Pauwels a quitté l’équipe Wiels de Benoni Beheyt et Gilbert Desmet. Un choix dicté par des raisons financières. Il se retrouve ainsi seul Belge au sein d’une équipe, Margnat - Paloma - Dunlop, composée de sept français dont Darrigade et trois Espagnols dont Bahamontes pour lequel il se dévoue entièrement. Pauwels termine vingtième dans un relatif anonymat.

De retour au sein de l’équipe Wiels, le Tour 1965 est son dernier mais aussi le premier dont il ne rejoint pas l’arrivée, abandonnant lors de la dix-neuvième étape vers Lyon que remporte Van Looy.

Dès sa carrière terminée, il poursuit l’exploitation de son magasin de chaussures, ouvert en 1961 à Bornem. Une boutique qu’il transformera quelques années plus tard en magasin pour deux-roues !

À suivre : 2️⃣9️⃣ Julien Schepens

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