"C'est un manque de respect pour le cyclisme" : Vasseur amer sur la réduction des coureurs à Milan San Remo

L’annonce fait grand bruit depuis ce matin. L’organisation de Milan Sanremo a décidé de réduire le nombre de coureurs par équipe de 7 à 6 pour intégrer deux équipes continentales italiennes sans, pour autant, alourdir le peloton. Une décision qui a du mal à passer auprès des directeurs sportifs des formations World Tour. Après Patrick Lefevere, qui compte faire opposition, nous avons joint Cédric Vasseur de l’équipe Cofidis. Lui non plus, ne mâche pas ses mots et ne digère pas la décision.

"C’est évidemment une très mauvaise nouvelle. J’ai été surpris hier en l’apprenant par mail à 19 heures. A la rigueur que le parcours soit modifié c’est compréhensible au vu des difficultés rencontrées par certaines villes qui étaient opposées à la course. Par contre oser toucher à un monument en diminuant le nombre de coureurs autorisés à prendre le départ par équipe, moi je pense que c’est un manque de respect au cyclisme, à son histoire. Je pense aussi que c’est considérer que le cyclisme n’est pas un sport d’équipe. Un sport d’équipe ça véhicule des valeurs.

Quand on constitue une équipe en début d’année on la constitue parce qu’on a besoin de certains éléments pour travailler. Apprendre aujourd’hui qu’on va disposer de moins de force de frappe sur une course qui fait quand même 300 kilomètres, c’est comme imaginer une finale de Ligue des Champions avec neuf joueurs. Pour nous c’est évidemment une mauvaise nouvelle parce qu’on a bâti notre équipe autour d’Elia Viviani. On savait qu’avec six coureurs autour de lui ce ne serait pas facile pour jouer la gagne, mais là…" fustige-t-il.

"Des fois je me demande si certains ont déjà fait 300km de cours"

Comme Lefevere, Vasseur ne comprend pas la justification : "Si c’était lié au Covid on aurait pu dire “oui on passe de sept à six” mais l’explication c’est juste pour mettre deux équipes supplémentaires, donc on va passer de 25 à 27 équipes. Au final, tout le cyclisme y perd. Les coureurs vont avoir plus de charge de travail. Nous en tant qu’équipe on se dit que si à l’avenir toutes les courses nous demandent d’être à six au départ pourquoi avoir 28 coureurs ? On pourrait se contenter de 23. Donc si toutes les équipes ont le même raisonnement, on pourrait avoir 50 coureurs au chômage en fin d’année. Honnêtement, je ne comprends pas cette décision. Je comprends encore moins qu’elle soit annoncée une semaine avant le jour de course (NDLR : le 8 août), et forcément on va devoir éliminer un coureur et c’est un vrai crève-cœur de se demander qui on va devoir enlever."

Le directeur sportif va même plus loin en expliquant que c’est le spectacle qui risque d’en pâtir : "La course risque de tarder de se mettre en marche parce que tout le monde sait qu’on ne peut pas se faire la guerre pendant 300 kilomètres. Donc aujourd’hui, on affaiblit les équipes en enlevant un coureur. La logique voudrait simplement qu’on attende encore un peu plus pour lancer les hostilités. Plus on réduit les équipes, moins on a de spectacle. Avec 7 il faut déjà bien calculer. Des fois je me pose la question si certains ont déjà fait 300 km en course" conclut-il laconiquement.

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