Bourlart : "On a l'ambition d'un jour intégrer le World Tour"

Bourlart : "On a l’ambition d’un jour d’intégrer le World Tour"
Bourlart : "On a l’ambition d’un jour d’intégrer le World Tour" - © ERIC LALMAND - BELGA

13 victoires, 43 podiums et 8 vainqueurs différents. L’équipe Wanty-Gobert a réalisé l’an dernier la saison la plus prolifique de son histoire. Une année 2018 marquée par un 3ème succès consécutif au niveau du classement final de l’UCI Europe Tour, l’équivalent de la division 2 du cyclisme mondial.

Un bilan plus que positif pour le manager de la formation belge, Jean-François Bourlart : 

"Chaque année, on se fixe des objectifs un peu plus élevés. Hilaire Van der Schueren aime bien lancer des challenges aux coureurs. On visait 12 victoires et on en a récolté 13. On est monté plus de 40 fois sur le podium. Pour une équipe de 2ème division, c’est pas mal ! On s’est montré un peu partout dans les grandes courses auxquelles on a participé. Au Tour de France, on a réussi notamment à porter le maillot à pois pendant 3 jours avec Dion Smith. Sans oublier que nous avons encore remporté le classement final de l’UCI Europe Tour pour la 3ème année consécutive. C’était une belle saison pour nous".

Depuis lundi, la formation belge s’entraîne en Espagne. 10 jours de stage à Benidorm pour entamer la nouvelle saison dans les meilleures conditions. C’est la dernière préparation avant la 1ère course de Wanty-Gobert au Challenge de Majorque (31/01). La présentation officielle de l’équipe s’est déroulée lors de ce stage. Comme l’an dernier, l’équipe est composée d’un noyau de 21 coureurs. Des coureurs de 5 nationalités différentes. 13 Belges sont présents dans l’effectif qui accueille 4 nouveaux renforts : Loïc Vliegen, Aimé De Gendt, Alfan De Decker et le Binchois, Ludwig De Winter. Ces 4 transferts compensent les 4 départs de Guillaume Van Keirsbulck, Dion Smith, Mark Mc Nally et Simone Antonini. L’équipe belge continue de grandir d’année en année. Une fameuse progression pour cette structure professionnelle qui a vu le jour en 2001 au départ d’un club de jeunes, le VC Ath.

"On a commencé tout en bas avec un budget ridicule et on a essayé de grimper les échelons chaque année. On a trouvé des sponsors, on a amélioré la structure et finalement, on se prend au jeu. On a toujours essayé d’avancer étape par étape tout en respectant bien le budget. On essaie de s’améliorer dans tous les domaines. Pas uniquement au niveau des coureurs. Il y a 3 ou 4 ans, on a beaucoup travaillé sur l’aspect médical. On a engagé des médecins pour assurer le suivi des coureurs. Ensuite, on s’est penché sur la communication en engageant 2 jeunes responsables de la communication et du marketing. Cette année, on a engagé 2 entraîneurs à temps plein dont Samuel Bellenoue qui a travaillé aux côtés de Romain Bardet chez AG2R. C’est un spécialiste du contre-la-montre et des stages en altitude. Je pense que ce sont toutes ces petites choses qui font qu’on progresse d’année en année. On commence à être bien respecté dans le peloton. On n’est pas une équipe World Tour, mais on essaie de travailler comme une équipe World Tour. Et ça porte ses fruits".

Le passage au sein du World Tour sera-t-il la prochaine étape ? Plus qu’une envie, c’est une volonté du patron. Jean-François Bourlart le sait. Franchir ce palier passera par l’arrivée d’un nouveau partenaire financier.

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Quand on gagne le classement de l’UCI Europe Tour pour la 3ème fois, je mentirais si je disais que ça ne nous intéresse pas. Aujourd’hui, ça ne se fait pas parce qu’il faut un budget supplémentaire, c’est certain. Il n’y a pas nécessairement une place libre aujourd’hui. Ce sera peut être différent l’année suivante. On a bien sûr des ambitions. Tout d’abord, rester en tête de la 2ème division et deuxièmement, si ça se présente à un moment, monter dans le World Tour. Ça passera par des budgets supplémentaires. Wanty et Gobert sont aussi prêts à ouvrir le nom de l’équipe. Hier, on s’appelait Wanty-Groupe Gobert. Aujourd’hui, on va s’appeler Wanty-Gobert. Ça veut dire qu’on laisse une place libre pour un autre nom qui viendrait augmenter notre budget avec le but d’encore progresser et de se rapprocher du World Tour de plus en plus. Il y a une volonté. On y va étape par étape, mais on n’a pas fini. On a gagné 3 fois d’affilée le classement UCI Europe Tour. L’étape suivante, c’est continuer à progresser et pourquoi pas aller vers le World Tour. Oui, on a l’ambition à un moment donné d’y être".

Pour y arriver et gagner de précieux points, l’équipe s’est aussi renforcée sur le terrain des classiques. Loïc Vliegen a signé un contrat de 2 ans avec Wanty-Gobert. Il sera le leader sur les épreuves flandriennes.

"On cherchait quelqu’un pour nous aider à être un peu plus visible dans la finale des classiques. On avait déjà discuté avec Loïc Vliegen il y a 3 ans avant qu’il ne signe chez BMC. Finalement, on s’est rendu compte qu’il y avait une opportunité de l’engager et de lui donner plus de responsabilité que chez BMC. On a engagé Loïc pour être notre homme sur les classiques. Pour lui, c’est une saison importante. Il est prêt et il est conscient de ce qu’on attend de lui. Je pense que ça va aller. Ce n’est pas un grimpeur, mais c’est un coureur qui passe partout. Il a quand même terminé 9ème de l’Amstel Gold Race en 2016. Il peut être performant sur plusieurs terrains. Son programme est tourné vers les classiques flamandes, mais on attend aussi Loïc pour le Tour de France. Guillaume Martin sera notre leader sur la Grande Boucle. Il sera entouré par des grimpeurs, mais il aura aussi besoin de rouleurs pour le protéger du vent dans les étapes de plaine. Loïc a aussi été engagé pour ça".

Il pense déjà à la Grande Boucle, car Wanty-Gobert repart pour un Tour. Le 3ème consécutif ! Un rendez-vous encore plus attendu cette année puisque la plus grande épreuve cycliste du monde s’élancera de Bruxelles et passera également sur les terres de la formation wallonne lors du départ de la 3ème étape à Binche. Les ambitions seront d’ailleurs revues à la hausse pour l’édition 2019.

"On a déjà la chance de participer à un Tour de France qui va démarrer de chez nous, sur nos terres. Bruxelles, mais aussi Binche le lundi matin. On sera carrément chez nous. Ça va être un Tour spécial. On connaissait nos limites lors de nos 2 premières participations. On s’est bien montré sur le Tour. On a maintenant un coureur comme Guillaume Martin qui prend de la bouteille. Il a désormais 2 ans d’expérience sur le Tour. L’année passée, il n’a pas eu beaucoup de chance sur cette épreuve à cause de sa chute lors de l’étape de Roubaix et sa côte cassée. Il pourra nourrir de belles ambitions cette année. Il continue de progresser. C’est un vrai talent en montagne. On a bien travaillé cet hiver. Guillaume aura un programme adapté jusqu’au Tour et on essaiera de créer l’équipe la plus solide autour de lui. Nos ambitions seront d’aller chercher une étape ou pourquoi pas se positionner dans le classement du maillot à pois. Et il n’y a pas que Guillaume. D’autres jeunes coureurs seront présents. On va aborder ce Tour avec beaucoup d’envie. Tout le monde veut scorer sur le Tour parce que c’est la plus grande course du monde et la plus médiatisée. On sait que c’est difficile, mais je pense qu’on a des arguments cette année".

Une année 2019 dont l’objectif prioritaire reste le même que les saisons précédentes.

"L’objectif, le seul ou le plus important pour la saison 2019, c’est de remporter à nouveau  le classement UCI Europe Tour car on sait qu’il y a une réforme UCI qui arrive. Cette réforme permettra aux 2 premières équipes de 2ème division de participer à toutes les épreuves World Tour l’année d’après. Il faudra donc être présent et prendre des points ".

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