Rétro : Amstel 2014 : le jour où le Cauberg a été rebaptisé… Gilbert-berg !

L’année 2013 de Philippe Gilbert fut belle. Car le Liégeois y a montré fièrement et le plus souvent possible son maillot arc-en-ciel aux quatre coins de la planète cyclisme. Mais cette année 2013 ne fut pas celle qu’il espérait, lui le gagneur, vainqueur une seule fois avec sa tunique irisée sur les épaules, à Tarragone, lors de la douzième étape du Tour d’Espagne. C’est donc avec une certaine soif de revanche, voire une soif certaine de revanche, que Phil a entamé la saison 2014, déchargé de la pression inhérente au statut de champion du monde.

Vainqueur de la Flèche brabançonne le 16 avril, il prend le départ quatre jours plus tard de la 49ème édition de l’Amstel Gold Race avec l’étiquette de favori collée sur le dossard, d’autant plus qu’il l’a déjà gagnée deux fois cette course, en 2010 et en 2011. Et puis, c’est là aussi, sur les hauteurs de Valkenburg, que Gilbert a été sacré champion du monde en 2012. Les supporters néerlandais l’adorent. A défaut d’un potentiel vainqueur batave, ils prennent fait et cause pour lui. Un soutien visible et audible dès la présentation des coureurs sur la Grand Place de Maastricht.


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Au départ en bord de Meuse, on assiste au scénario classique : une échappée de dix coureurs se forme à l’avant et le peloton contrôle à distance grâce aux équipes de favoris… dont la BMC d’un Philippe Gilbert qui assume d’entrée. Les côtes se succèdent, 34 au total. Une première ascension du Cauberg (1500 mètres à 7% de déclivité moyenne), une deuxième, puis une troisième. L’échappée est reprise. Le rythme s’accélère clairement et les favoris s’apprêtent à jouer carte sur table. Jakob Fuglsang, Thomas Voeckler, Tim Wellens tentent leur chance.

Et puis, surtout, la tactique BMC se met en place : Greg Van Avermaet dynamite d’abord le peloton, suivi de Samuel Sanchez qui place une incroyable accélération au moment d’entamer la quatrième et ultime montée du Cauberg. Mais attention, l’arrivée n’est plus jugée au sommet, comme lors des deux premiers succès de Gilbert, mais 1800 mètres plus loin, dans le village de Fauquemont, à l’endroit précis où il a été sacré meilleur coureur de la planète… 574 jours plus tôt.

 

 

 

Désormais, le célèbre Cauberg est rebaptisé le Gilbert-berg

Personne n’est donc surpris quand le Remoucastrien attaque au plus dur de la pente, surprenant sur la gauche de la route des garçons comme Michal Kwiatkowski, Alejandro Valverde ou Simon Gerrans incapables de boucher le trou. Vent dans le dos, Philou le filou ne se relèvera plus si ce n’est pour… lever les bras au ciel sur la ligne d’arrivée et devenir l’unique triple lauréat de l’Amstel devant les doubles vainqueurs Eddy Merckx, Gerrie Knetemann, Rolf Jaermann et Enrico Gasparotto, mais toujours derrière le Hollandais à lunettes Jan Raas, quintuple vainqueur.

A l’issue des 251 kilomètres, Gilbert devance un autre Belge, Jelle Vandendert (deuxième comme en 2012) et l’Australien Simon Gerrans. Suivent, dans l’ordre, Alejandro Valverde, Michal Kwiatkowski, Simon Geschke, Bauke Mollema, le tenant du titre Enrico Gasparotto, Daniel Moreno et Yukiya Arashiro. Un top-10 qui ne manque pas d’allure et qui permet de bien prendre conscience de la nouvelle performance réalisée par Gilbert sur le bitume du Cauberg, officiellement rebaptisé ce 20 avril 2014 le… Gilbert-berg ! 

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