"Alaphilippe est étonnant mais je ne suis pas encore au point d'être suspicieux"

Julian Alaphilippe
Julian Alaphilippe - © YUZURU SUNADA - BELGA

Dans " Complètement Tour ", David Houdret a demandé à Samuël Grulois et nos consultants Frédéric Amorison et Jean-Luc Vandenbroucke, si finalement, Julian Alaphilippe pouvait gagner ce Tour de France 2019 ?

Frédéric Amorison : " On était aujourd’hui avec une première arrivée à plus de 2000 mètres d’altitude. L’inquiétude qu’on pouvait avoir par rapport à Julian Alaphilippe, c’était de savoir s’il allait résister jusqu'au sommet du Tourmalet. Et il a répondu présent. On l’a vu à un moment donné un peu en difficulté – ou alors était-ce un peu de cinéma pour finalement contrer ses adversaires – et puis, quand ça s’est vraiment accéléré dans le final, ce sont les favoris qui étaient en difficulté et pas lui. Alors oui, Ineos et les autres coureurs qui espèrent remporter ce Tour de France doivent se poser des questions, avec des coureurs qui sont aujourd’hui à plus de 2 ou 3 minutes. Sur ce qu’il a montré aujourd’hui, Julian Alaphilippe est capable de tenir. […] L’an dernier, Alaphilippe était quand même meilleur grimpeur sur le Tour de France. Mais le Tour n’était pas un objectif pour lui. On a entendu Dries Devenyns expliquer que de nombreuses étapes de montagnes avaient été repérées. Ils se sont entraînés sur ces cols. Donc ce n’était pas pour faire de la figuration, c’est qu’il y avait un objectif. Peut-être que personne ne le savait. Mais aujourd’hui on se rend compte que Julian Alaphilippe est au-delà d’un coureur de classiques, un excellent grimpeur. "

Samuël Grulois : "Ce qui me trouble, c’est que depuis des années, on regrette de ne pas avoir des coureurs de classiques qui s’illustrent sur les grands tours ou l’inverse. Et là on a un gars qui a décidé, peut-être sans le dire à personne, dans l’intimité de l’équipe, de viser un classement général intéressant sur le Tour de France. Ça me réjouit plutôt. Alors effectivement, s’il va au bout, il y a quelque chose de perturbant. On ne va pas dire le contraire parce qu’on ne l’a jamais vu franchir en tête ou presque des cols au-delà de 2000 mètres dans un contexte où on joue le classement général. Il l’a déjà fait pour le maillot à pois mais pas pour le maillot jaune et avec le maillot jaune sur les épaules. Souvenez-vous, on a vu aussi un Thomas Voeckler qui s’est battu bec et ongles deux fois de suite pour essayer de défendre un maillot jaune sans être le meilleur grimpeur du monde. Et finalement sur les Champs Elysées, il se retrouvait 4e-5e-6e ou 7e du Tour de France. Ce sera peut-être la même chose pour Alaphilippe, une 5e ou une 6e place sur les Champs-Elysées. Il y a encore pas mal de cols à franchir. Mais c’est clair qu’il est étonnant, qu’il surprend mais je ne suis pas encore au point d’être suspicieux. "

Jean-Luc Vandenbroucke : "Alaphilippe est au sommet de son art, il est dans une forme éclatante avec le maillot jaune sur le dos. On a quand même affaire au numéro 1 mondial qui est euphorique et il est allé cette seconde place à l’arrachée. Je ne suis pas surpris mais j’ai des doutes concernant les Champs-Elysées. "

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