Alain Deloeuil: "Frank Vandenbroucke manque au cyclisme, il est irremplaçable"

Quand il roulait pour l’équipe Cofidis, lors des saisons 1999 et 2000, Frank Vandenbroucke n’a pas toujours été tendre avec Alain Deloeuil, l’un de ses directeurs sportifs, le surnommant notamment le " porteur de K-way ". On dit souvent que c’est chez Cofidis que le Ploegsteertois a découvert les produits interdits et le monde de la nuit…

Vingt ans après leur collaboration, dix ans après la disparition du coureur, Deloeuil n’éprouve aucune rancune. Que du contraire même, " je ne dirai jamais de mal de Frank, un type adorable. " Alain Deloeuil, aujourd’hui âgé de 65 ans et toujours actif chez Cofidis, a discuté avec Samuël Grulois du VDB qu’il a eu la chance de côtoyer.

Alain, vous n’avez pas oublié ce funeste 12 octobre 2009…

 " Je m’en souviens très bien parce qu’une chaîne de télévision m’a appelé dans l’heure qui a suivi la divulgation de l’information pour me l’annoncer et m’interviewer. On était sous le choc ! C’est clair que perdre un tel talent, une telle personne… c’est choquant, c’est certain. "

D’autres coureurs ont marqué le cyclisme comme lui, avec des parcours chaotiques, et on pense d’abord à Marco Pantani, retrouvé -lui aussi- mort dans une chambre d’hôtel. Vandenbroucke et Pantani avaient tout pour eux. Et ils ont tous les deux terminé leur vie de façon pathétique. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

" C’est dingue… On a effectivement comparé Frank à Pantani. Oui… pfff… c’est le destin. Que dire de plus ? C’est vraiment tragique. Avec son charisme, je pense que Frank aurait encore apporté beaucoup au vélo. Il manque au cyclisme. Il est quelque part un peu irremplaçable. "

On a fait le maximum pour lui. Chacun dirige sa vie et sa carrière comme il l’entend. C’est compliqué de dire ce qu’il aurait fallu faire pour éviter les dérives et pour ne pas qu’il en arrive là…

Qu’aurait-on pu faire pour éviter que tout cela n’arrive ? Frank Vandenbroucke a connu beaucoup d’équipes différentes. Est-ce qu’en tant que dirigeant d’équipe, vous avez loupé quelque chose ?

" C’est difficile à dire. Qu’est-ce qu’on n’a pas fait ? Qu’est-ce qu’on aurait dû faire ? Non, je ne peux pas répondre à cette question. On a fait le maximum pour lui. Chacun dirige sa vie et sa carrière comme il l’entend. C’est compliqué de dire ce qu’il aurait fallu faire pour éviter les dérives et pour ne pas qu’il en arrive là… Il est passé par de nombreuses équipes. Et dans chaque équipe, il a toujours été Frank tel qu’on le connaissait. "

Si je résume, vous gardez de lui une image bien plus positive que négative ?

" Ah oui, tout à fait. Moi, j’ai d’excellents souvenirs avec Frank, des parties de fous rires, des exploits quand il gagnait et des défaites également. J’ai vécu beaucoup de choses avec lui. J’étais présent par exemple lors de sa rencontre avec Sarah (NDLR : Sarah Pinacci, la deuxième compagne de Frank Vandenbroucke avec qui il a eu une seconde fille, Margaux). Je n’en garde que des bons souvenirs. Il n’y a pas de problème, je ne dirai jamais de mal de Frank parce que c’était quelqu’un d’adorable ! "

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