À la découverte de Cian Uijtdebroeks : Ses rêves de jaune et d'arc-en-ciel

Cian Uijtdebroeks, qui passera professionnel au sein de l'équipe Bora - hansgrohe en 2022, a pour objectif de développer ses qualités de grimpeur et de rouleur dans les années à venir. C'est sur les Grand Tours et sur les Ardennaises (la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège) qu'il aimerait un jour s'illustrer, même s'il a remporté... Kuurne-Bruxelles-Kuurne lors de sa première course chez les Juniors en 2020.


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"Ce qu’on pense avec l’équipe Bora - hansgrohe, c’est que je vais devenir un coureur pour jouer le classement général sur les Grands Tours, les courses de plusieurs jours, développe Cian Uijtdebroeks. C’est ce qui ressort de mes tests à l’effort. Mais d’un autre côté, j’ai déjà bien roulé sur les Classiques, cela peut donc aussi être une option. On verra comment je vais me développer. Mais normalement, je deviendrai un coureur de Grands Tours. Les Flandriennes, j’aime bien, mais si je dois choisir entre les pavés en Flandre ou les Grands Tours à l’étranger, le choix est vite fait ! Mes forces, pour le moment, c’est le chrono et les côtes. Grimper ! Mes faiblesses ? Le sprint, je ne suis pas très bon. Si on arrive dans un groupe de trente, je ne vais pas gagner ! Mais c’est plutôt normal : si on a le potentiel d’un coureur de Grand Tour, on est moins explosif. Mon sprint, on va devoir l’améliorer, parce qu’il est vraiment mauvais pour le moment."

Comme il habite à Abolens (Hannut), le jeune coureur de 18 ans va très souvent s'entraîner dans la région hutoise, qui offre une belle panoplie de difficultés que l'on retrouve, notamment, sur le parcours de la Flèche Wallonne. "J'aime grimper, et là-bas, je vais monter des côtes, parfois le Mur de Huy. Je vais aussi de temps en temps dans les Ardennes : La Gleize, Aywaille... Les Ardennaises pourraient me convenir plus que les Flandriennes, les côtes sont plus longues. Et à l’arrivée de la Flèche Wallonne, il y a évidemment le Mur de Huy, une côte très raide. Ce sont peut-être des courses qui peuvent me convenir. En 2020, Primoz Roglic a gagné Liège-Bastogne-Liège, c’est donc possible pour un coureur de Grand Tour de remporter ces courses."

"Mon rêve, c'est d'être un jour sur le podium à Paris"

Quand on lui demande quelle est la course qui le fait rêver, la réponse fuse. "Le Tour de France. Quand tu deviens un coureur de Grand Tour, c’est LA course où tu veux terminer dans les premiers. Est-ce que ce sera possible pour moi ? Je ne sais pas, on verra ça dans les années à venir. Mais le rêve, c’est d’être un jour sur le podium à Paris."

Mais avant d'espérer endosser le maillot jaune, il faudra apprendre, progresser, se fixer des objectifs réalistes. Et cela commence dès 2021 : pour sa dernière saison chez les Juniors, il portera le maillot du Team Auto Eder, l'équipe U19 de la formation Bora - hansgrohe.

"Cette année, j’aimerais bien faire un résultat sur les Classiques réservées aux Juniors en Belgique. C’est peut-être ma dernière chance d’en gagner une, mais on verra si elles seront organisées (mais en raison de la pandémie de Covid-19, aucune course de jeunes n'aura lieu avant, au mieux, le 1er avril : Kuurne-Bruxelles-Kuurne, Gand-Wevelgem et la Nokere Koerse, par exemple, n'auront pas lieu, ndlr). Dès 2022, j’aurai un programme beaucoup plus spécifique, axé sur mon développement en vue des Grands Tours. Cette saison, je viserai aussi un résultat sur une course à étapes comme le Tour du Pays de Vaud, une très grande course chez les Juniors. Et puis, il y a évidemment les Championnats du Monde en Belgique ! Je sais que le parcours n’est pas du tout idéal pour moi, mais vu que c’est en Belgique, je veux m’y illustrer et être en forme. Il n’y aura pas que la course en ligne, il y aura aussi le contre-la-montre, et le chrono est un de mes points forts. Mais le parcours sera très plat (22.30 kilomètres entre Knokke et Bruges, ndlr)... On verra !­"

Dès qu'il pourra reprendre la compétition, Cian Uijtdebroeks sait que ses performances seront passées au crible. Sa notoriété naissante génère aussi des attentes de la part des amateurs de cyclisme, mais pas question de se mettre plus de pression pour autant.

"À partir du moment où tu fais des résultats, le public en veut toujours plus. Mais je veux consacrer les années à venir à mon évolution, pour devenir le meilleur coureur possible un peu plus tard. On verra ce que ça donne : si je peux devenir un très bon coureur qui peut gagner un Grand Tour, c’est très bien, mais si je suis un peu moins bon et que je deviens un autre type de coureur, par exemple quelqu’un qui peut aider un coéquipier à gagner le Tour de France par exemple, c’est bien aussi. Je ne veux pas me mettre trop de pression lors des années à venir, je pense que ces trois prochaines années, l’objectif sera vraiment de me développer, sans pression. L’équipe Bora - hansgrohe va me laisser le temps de me développer, sans me pousser à aller plus vite. Mais si je progresse plus rapidement que ce à quoi on s’attendait, on ne va pas me freiner ! Le premier Grand Tour ? Pourquoi pas dès ma deuxième année chez les professionnels si je suis déjà très fort à ce moment-là, mais je crois que ce n’est pas très réaliste pour le moment. Je pense que ce sera dans quatre ans, ou quelque chose comme ça."

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