Cian Uijtdebroeks : Les études, la comparaison Evenepoel et le professeur Sagan

Cian Uijtdebroeks a eu l’embarras du choix au moment de choisir l’équipe avec laquelle il passera professionnel, et il a finalement opté pour la formation Bora – hansgrohe, qu’il rejoindra en 2022 après une deuxième et dernière saison chez les Juniors.

En janvier dernier, le coureur d’Abolens a pu côtoyer en stage au Lac de Garde l’effectif de la formation allemande, que l’on surnomme "Band of Brothers".


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"C’était la première fois que je rencontrais les coureurs professionnels et tout l’encadrement de l’équipe avec qui je vais travailler dans les années à venir, souligne Cian Uijtdebroeks. Le groupe m’a très bien accepté dès le début, et après une semaine, c’était déjà comme si j’étais l’un d’entre eux, comme si j’étais déjà pro ! C’était chouette. Avec Peter Sagan, j’ai eu une très bonne relation. Je suis quelquefois allé déjeuner avec lui et son frère, et ils ont été très gentils avec moi. Peter Sagan m’a vu sprinter à l’entraînement, et il m’a dit ce que je devais changer, il voulait m’aider. Il n’était pas du tout du genre "moi, je suis le grand Peter Sagan" ! Au début, je sprintais vraiment avec le corps placé trop haut, et maintenant, je le mets bien plus bas. Il faut penser à l’aérodynamisme pendant un sprint…"

Le sprint ne devrait toutefois pas devenir sa spécialité, puisque c’est lorsque les routes s’élèvent que Cian Uijtdebroeks peut exprimer tout son potentiel. Sa marge de progression dans la montagne et dans l’exercice du contre-la-montre est considérable, il n’a d’ailleurs eu aucune difficulté à suivre le rythme des grimpeurs de la bande lors de ce stage.

"Avec Wilco Kelderman (troisième du Tour d’Italie 2020, ndlr) et Emanuel Buchmann (quatrième du Tour de France 2019, ndlr), on est aussi allé monter des côtes avec le groupe des grimpeurs, et le rythme, ça allait, ce n’était pas vraiment un problème. Pour le moment, je pense que j’ai peut-être la même force dans les jambes que les professionnels, mais je dois apprendre à être encore aussi fort après quatre ou cinq heures de course. Ça fait évidemment toute la différence, et je dois m’entraîner avec cet objectif en tête."

Son coureur préféré actuellement ? Mathieu van der Poel

Cian Uijtdebroeks n’a pas grandi dans le milieu du sport cycliste, et enfant, il n’a jamais eu "d’idole" dont il rêvait de rééditer les exploits.

Mais son petit préféré dans le peloton actuel, c’est Mathieu van der Poel, vainqueur du dernier Tour des Flandres et Champion du Monde de cyclocross. "J’ai toujours eu une petite préférence pour les coureurs qui remportaient le général sur les Grands Tours, mais si je dois vraiment choisir un coureur, j’aime beaucoup Mathieu van der Poel. Il a un style très agressif, il attaque toujours… J’aime bien son style !"

D’autres coureurs qu’il apprécie ? Philippe Gilbert, Tadej Pogacar, Julian Alaphilippe, Remco Evenepoel… Les deux derniers cités, il a eu l’occasion de les côtoyer en stage, l’été dernier, "invité" par l’équipe Deceuninck – Quick-Step. Quelques semaines plus tard, présenté comme une "version améliorée" de Remco Evenepoel dans un journal flamand, Cian Uijtdebroeks avait défrayé la chronique bien malgré lui…

"Remco, je le connais bien. Je suis parti en stage avec Quick-Step l’année passée, et j’y ai passé plus d’une semaine avec lui. Parfois, on se parle ou on s’envoie un message, mais on n’est pas non plus en contact tous les jours ! Quand on me compare à lui, je vois ça comme un compliment, car c’est un très bon coureur. Pour le moment, je suis un coureur un peu comme lui, mais je vais tracer mon chemin de mon côté. Qui sait, peut-être que je ne vais pas devenir un coureur pour les côtes et que je vais devenir un coureur pour une course comme Paris-Roubaix !"


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Et peut-être aussi que, si les choses ne tournent pas comme il le souhaite, sa carrière de coureur professionnel ne durera pas longtemps… Pas question de balayer d’un revers de la main cette éventualité.

"Je suis dans ma dernière année en secondaire, option latin, et ce n’est évidemment pas toujours facile de combiner le sport de haut niveau et les études. Mon école s’appelle D’Hek, à Landen. Quand je suis par exemple en stage à l’étranger et que je ne peux pas suivre les cours à l’école, les professeurs m’envoient tout ce dont j’ai besoin. Je fais tout moi-même, je renvoie la matière aux professeurs, et ils la corrigent pour moi. L’école fait des efforts pour que cette combinaison entre études et sport de haut niveau soit possible. Pour le moment, tout se passe bien à l’école. Normalement, à la fin de l’année, j’aurai mon diplôme. Ensuite, je veux continuer les études, mais ce ne sera évidemment pas possible pour moi d’aller à l’université comme un étudiant "normal" et de suivre un programme classique. Je vais donc étaler ça sur plusieurs années, comme Tiesj Benoot ou Jan Bakelants l’ont fait à l’époque. Vers quoi vais-je me diriger ? Je dois y réfléchir dans les semaines à venir, mais le droit m’intéresse, tout comme les sciences du sport. Je n’ai pas encore choisi !"

D’autres examens qui attendent prochainement Cian Uijtdebroeks, ce sont ceux, théorique puis pratique, du permis de conduire… Une autre étape importante à franchir quand on vient de fêter ses 18 ans !

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