A la découverte d'un "Temple" du cyclisme: le Koppenberg

"Quand on a le vélo dans son cœur, le point au milieu du cœur, c’est le Koppenberg. Un cœur avec une flèche ! Il faut le faire. Il faut venir à Audenarde et voir le Koppenberg une fois dans sa vie".

Ce sont les mots d’un passionné. Les mots du découvreur du Koppenberg. Lucien De Schepper est né en 1940 à Audenarde. Depuis l’âge de 18 ans, il est signaleur sur le Tour des Flandres. Le Ronde rythme sa vie depuis sa plus tendre enfance. Aujourd’hui, le Flandrien a 80 ans. Il est à la retraite, partage sa passion pour le cyclisme au Centre du Tour des Flandres et vit toujours à deux pas de son Koppenberg.

"Avec le club des cyclotouristes d’Audenarde, on a trouvé le Koppenberg en 1967" se souvient l’octogénaire, toujours bon pied bon œil. "Paul Hoffman qui habitait dans la maison située au sommet en a parlé aux journalistes de Het Nieuwsblad et Walter Godefroot, deux fois vainqueur du Tour des Flandres en a parlé aux organisateurs. C’est comme ça que le Koppenberg a trouvé sa place dans le Tour des Flandres".

600 mètres, 22% et 64 mètres de dénivelé

Le Koppenberg, c’est comme un mur qui se dresse face à vous. Un calvaire pour les cyclos qui osent s’y aventurer. "C’est de la souffrance. Vraiment de la souffrance" raconte Alexander, un Gantois qui l’a gravi cette année pour la toute première fois. "Je suis complètement cassé".

"Quand on est au pied du Koppenberg, il y a une ligne droite de 400 mètres. Ça donne directement un ‘coup de patate’ aux coureurs ! Ils se disent… Nondidju, je dois monter là-haut…".

Tous à pied, même Eddy Merckx…

Ce mont pavé chargé d’histoire est devenu un lieu mythique du Tour des Flandres. Une côte qui n’a jamais été une partie de plaisir pour les coureurs. Même pour les pros ! Dès son apparition sur le Ronde, le Koppenberg et ses terribles pavés ont été très critiqués.

"Quand les coureurs sont montés ici la première fois en 1976, c’était une catastrophe" se rappelle Lucien De Schepper. "Il y avait un monde fou ! Tout le monde voulait voir les coureurs dans le Koppenberg. Les 10 premiers cyclistes sont passés à vélo, mais derrière, dans le peloton, ils étaient tous à pied. Même de grands champions, même Eddy Merckx".

Ce n’est pas du cyclisme. C’est du cirque, de la barbarie... (B. Hinault)

Malgré la controverse, les organisateurs s’obstinent et maintiennent le Koppenberg dans le parcours du Ronde. Des voix s’élèvent pourtant dans le peloton pour critiquer cette décision. Lucien De Schepper se replonge dans ses souvenirs: "Bernard Hinault (NDLR: une seule participation au Tour des Flandres en 1978) a déclaré qu’il ne reviendrait plus jamais au Tour des Flandres tant que la course passerait par le Koppenberg. Ses déclarations avaient fait les gros titres de la presse française à l’époque".

1987, l’affaire Skibby…

L’histoire d’amour entre le Koppenberg et le Tour des Flandres n’est pas un long fleuve tranquille. Jugé trop difficile et trop dangereux, le Koppenberg a été banni de la classique flandrienne pendant plusieurs années à la suite d’un grave incident. "Le Koppenberg fait de bonnes choses, mais aussi de mauvaises choses" reconnait Lucien De Schepper. "En 1987, Jesper Skibby est tombé ici à cause d’une voiture d’un commissaire de l’UCI. Il a roulé sur sa roue. C’était une catastrophe. Le Koppenberg a été supprimé du parcours pendant 14 ans. Les pavés ont alors été rénovés à deux reprises. Et en 2002, le Koppenberg a fait son retour sur le Ronde".

Depuis lors, à l’exception de 2007, le Tour des Flandres est toujours passé par les pavés et le redoutable dénivelé du Koppenberg. Un mont flamand entré dans la légende du cyclisme.

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