"Made in USA": NBA et coronavirus, comment la ligue a toujours "une avance au score"

"Made in USA": NBA et Coronavirus, comment la ligue a-t-elle toujours eu "une avance au score"?
"Made in USA": NBA et Coronavirus, comment la ligue a-t-elle toujours eu "une avance au score"? - © Stacy Revere - AFP

"Made in USA". Fabriqué aux Etats-Unis. Les Etats-Unis de la démesure. Les Etats-Unis du contraste. Les Etats-Unis du paradoxe, parfois, aussi. Mais surtout les Etats-Unis du... sport! Dans cette série, parlons donc de sports "Made in USA". NFL, NBA, MLB, NCAA, MLS, etc...

Dans le courant de la semaine dernière, ESPN, la chaîne et le site d'informations sportives en continu, menait l’enquête pour découvrir comment la NBA a toujours eu "une avance au score" dans la gestion de la pandémie du Covid-19. Et ce, par rapport aux autres ligues ou même par rapport au reste du pays. L'historique et les détails de calendrier permettent d'y voir beaucoup plus clair dans cette affaire.

En fait, dès la mi-janvier, Adam Silver, le président de la Ligue a surveillé la situation chinoise de près.

Il restait en contact quotidien avec les 200 employés dans les bureaux de Shanghai, Pékin, Hong Kong et Taipei. Pour rappel, le 21 janvier, les États-Unis ont confirmé leur premier cas de COVID-19 dans l'État de Washington. Deux jours plus tard, des quarantaines massives ont commencé à travers la Chine alors que le pays tentait de contrôler la propagation du virus.
C'est ensuite, lors de la célébration du Nouvel An lunaire chinois par les "Brooklyn Nets" le 29 janvier, que Silver a demandé au Dr David Ho de commencer à conseiller la ligue sur le COVID-19. Ce médecin avait, au milieu des années 90, effectué un travail révolutionnaire dans le traitement du VIH. Avec son aide, le vice-président principal, David Weiss, a commencé à préparer un mémo à distribuer aux équipes.

Le 31 janvier, c'est à dire quelques jours seulement après que l'épidémie avait forcé la "Chinese Basketball Association" à fermer ses portes, et cinq jours après la mort de Kobe Bryant, Weiss a remis son premier mémo aux équipes. "Compte tenu de la portée mondiale de la NBA et des déplacements fréquents des équipes et du personnel, nous suivons de près la propagation d'une maladie respiratoire causée par un nouveau coronavirus aux États-Unis et à l'étranger... Il n'existe actuellement aucun vaccin pour prévenir l'infection par le coronavirus. Veuillez rappeler aux joueurs et au personnel de votre équipe que les actions préventives visant à réduire la propagation de la grippe s'appliquent à la propagation de tous les virus, y compris le coronavirus."

Dès la fin janvier, la NBA avait donc lancé une série de protocoles et de préparatifs qui seront mis en place au moment où la ligue a découvert son premier cas confirmé de virus, Rudy Gobert, et a par la suite suspendu ses opérations le 11 mars.


Depuis lors, huit équipes ont été testées pour le virus dans des Centres Médicaux ou des Laboratoires avec lesquels la NBA a établi un lien des semaines plus tôt. Mais la facilité avec laquelle ces équipes ont obtenu des tests, alors que la nation (et le reste du monde) connaît une pénurie de kits, a suscité des vagues de critiques. Il y a eu aussi une réticence parmi les équipes et les joueurs à admettre s'ils ont été testés et par quels moyens ils ont obtenu un test.

La clé, selon des sources, est d'avoir un médecin ayant des relations avec les entreprises ou les laboratoires universitaires qui peuvent commander les tests rapidement.

Le Thunder ou les Nets ont déclaré publiquement avoir payé des sociétés privées pour administrer leurs tests, afin de ne pas ôter des ressources publiques. Les équipes de la NBA ont une multitude de médecins d'équipe ayant accès à des options de soins accélérés. Beaucoup ont également des partenariats directs et des accords de coopération avec les meilleurs hôpitaux et systèmes médicaux. Par exemple, Les Lakers de Los Angeles sont parrainés par l'UCLA Medical Center. Les Cavaliers de Cleveland sont parrainés par la Cleveland Clinic. Les Timberwolves du Minnesota sont parrainés par la Mayo Clinic.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a critiqué ce qu'il percevait comme un traitement préférentiel, suggérant que les équipes et les joueurs de la NBA utilisaient leur richesse et leurs relations pour se placer au premier rang. Le président Donald Trump a lui aussi réagit: "C'est peut-être l'histoire de la vie", a t-il répondu. "Cela arrive à l'occasion, et j'ai remarqué où les gens avaient été testés assez rapidement."

En réponse, la directrice générale de la "National Basketball Players Association", Michele Roberts, a déclaré à ESPN: "Le problème selon lequel un plus grand nombre d'entre nous ne peut pas passer les tests, à mon avis, repose de la responsabilité du gouvernement fédéral. Il leur incombait de nous protéger à cet égard, et je pense qu'ils ont échoué. Nous ne devrions pas nous battre à ce sujet maintenant. 

Mais une fois que nous arrivons à régler tout cela, et nous le ferons, essayons de déterminer qui a foiré et réparer ça."

La justification est donc assez claire et simple : "Nous organisions des matches où des dizaines de milliers de personnes entraient dans nos salles", a déclaré Roberts. "Nous exposions potentiellement beaucoup de gens à l'infection. À bien des égards, je pense qu'il aurait été irresponsable de la part des équipes de ne pas tester leurs joueurs et leurs collaborateurs."

Le vice président Weiss a continué d'envoyer des mémos réguliers aux équipes depuis que la ligue a suspendu ses opérations. Les activités de groupe sont interdites depuis le 12 mars. Les employés de la ligue NBA sont obligés de travailler à domicile depuis le 13 mars. Le mémo n ° 16 a ordonné la fermeture des installations de l'équipe aux joueurs et au personnel.

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