La NBA dans sa "bulle" : 3 questions pour une fin de saison atypique

Los Angeles Lakers v Los Angeles Clippers
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Los Angeles Lakers v Los Angeles Clippers - © Harry How - AFP

Enfin ! Après quatre mois d’une interminable hibernation forcée, la NBA s’apprête à reprendre ses droits ce jeudi soir. Longtemps dans l’incertitude, les dirigeants de la Ligue ont opté pour un format inédit pour parvenir à finir la saison. 22 équipes sur 30 (les 16 virtuellement qualifiées pour les play-offs + les 6 équipes qui peuvent en encore rêver) ont donc été conviées à… Disney Land (Orlando), dans une “bulle” hermétique au Covid. Une reprise inhabituelle, dans un format atypique pour une fin de saison historique qui soulève évidemment beaucoup de questions.

1. Bucks, Lakers : les favoris de mars sont-ils toujours ceux de juillet ?

Qui dit fin de saison dit évidemment play-offs et une seule équipe sacrée au terme d’un véritable parcours du combattant. En mars, lors de l’interruption de la saison, trois équipes semblaient sortir du lot : le binôme de meilleurs ennemis californien Lakers-Clippers et les Bucks, leaders incontestés de NBA.

Chez ces derniers, rien ne semble avoir changé. Giannis Antetokounmpo, MVP en titre, a profité de cet interlude pour reposer des cannes mises à rude épreuve et aucun blessé majeur n’est à déplorer dans un noyau pléthorique. Tous les signaux sont donc au vert pour chasser ce titre qui leur échappe depuis 1971 et l’ère Kareem Abdul Jabbar.

Chez les Lakers, la donne est différente. Les Angelinos ont connu un remue-ménage tactique puisque les talentueux mais fantasques Markieff Morris, Dion Waiters et JR. Smith sont venus garnir les rangs du noyau. Des arrivées plus que nécessaires puisqu’ils devront faire sans le précieux Avery Bradley (qui n’a pas souhaité reprendre la saison pour protéger son fils) et le métronome Rajon Rondo, blessé. Un noyau remanié qui nécessitera probablement un léger temps d’adaptation.

Troisième candidat autoproclamé au titre, les Clippers. Eux aussi ont connu pas mal de chamboulement. Lou Williams, fer de lance d’un banc ultra-efficace, a été surpris dans un club de strip-tease alors qu’il avait quitté la bulle pour assister à un… enterrement. Sa quarantaine imposée par la suite devrait lui faire rater le début des hostilités, tout comme l’énergique Montrezl Harrell. Les Clippers devront donc faire sans leur monstre à deux têtes energizer du banc pour commencer. Kawhi Leonard et Paul George, enfin remis de leurs persistantes blessures, devront donc mener la barque en binôme.

D’autres équipes pourraient donc émerger. On pense notamment aux Sixers, dont l’alchimie collective bancale avait déçu tous les observateurs en début de saison mais qui pourraient avoir profité de la longue pause pour réciter leurs gammes. Ou aux Raptors, champions en titre, et surprenants 2e de la Conférence Est et dont la profondeur du noyau pourrait faire de ravages dans ce contexte. Ou même aux Celtics, qui pourraient profiter de l’ascension toujours plus vertigineuse de la jeune pépite, Jayson Tatum, pour venir titiller les plus gros.

Bref, cette fin de saison s’annonce ouverte avec plusieurs équipes pour un seul trône.

2. Des tribunes vides, pas d’avantage du terrain : quid de l’intensité ?

Voici l’un des revers de la médaille d’une bulle hermétique au Covid… et aux supporters. Le basket, sport populaire par excellence, qui respire grâce aux clameurs de la foule, parviendra-t-il à transmettre les mêmes émotions et la même intensité avec des salles désespérément vides, uniquement garnies d’écrans géants comme mince substitution ? Les play-offs, guerres de tranchées tactico-émotionnelles ne pâtiront-ils pas de l’absence d’un 6e homme en tribunes ? La question mérite au moins d’être posée.

D’autant plus que comme toutes les équipes sont réunies au même endroit, il n’y aura pas cet avantage du terrain (de jouer à domicile) si important dans les joutes serrées des play-offs. Un indicateur à prendre en compte pour des équipes, Celtics et Lakers en tête, habituées à être exhortées par un TD Garden ou un Staples Center en feu.

Une fin de saison tronquée : pour un titre qui mérite un astérisque ?

C’est l’une des questions qui fait couler beaucoup d’encre Outre-Atlantique. Cette fin de saison écourtée et jouée dans des circonstances exceptionnelles, sans avantage du terrain ni public aura-t-elle un impact sur la saveur du titre ? Le futur champion devra-t-il être affublé d’un astérisque synonyme de “titre au rabais, gagné dans la bulle Covid en 2020” ?

Si certains observateurs se posent la question, les principaux concernés, eux, balaient l’éventualité d’une main ferme. Lebron James, figure de proue de la Grande Ligue, et qui rêve d’une 4e bague s’est montré clair. Il veut rendre hommage à Kobe Bryant et remporter ce titre, coûte que coûte. Austin Rivers (Houston) a lui expliqué qu’au vu des circonstances, ce titre serait encore plus dur (et donc savoureux) à aller chercher. Jerami Grant a lui évoqué “l’esprit de compétition” qui habitera chaque joueur et le poussera à se surpasser dès qu’il foulera le parquet.

Comme lors des saisons de lock-out (saison tronquée pour cause de grève en 1998-1999 et 2011-2012), des voix s’élèvent donc pour discréditer le champion. Mais comme à l’époque, ces diatribes s’étioleront probablement avec le temps. Qui, aujourd’hui, affirme que les Spurs de 1999 ou le Heat de 2012 sont des champions au rabais ? Plus grand monde.


 

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