L'émouvante histoire de Kalin Bennett, premier basketteur autiste à marquer en championnat universitaire

L'émouvante histoire de Kalin Bennett, premier basketteur autiste à marquer en championnat universitaire
L'émouvante histoire de Kalin Bennett, premier basketteur autiste à marquer en championnat universitaire - © Tous droits réservés

Un cri rageur suivi d'un sourire qui en dit long. Savoureux cocktail de fierté et d'une rage de vaincre bien ancrée. Kalin Bennett est un jeune basketteur de 19 ans. Sur le parquet de Kent State, il vient d'inscrire ses deux premiers points en championnat universitaire. Pour beaucoup, cela ne sortirait pas de l'ordinaire. Mais pour lui, ce panier revêt une importance toute particulière.

Parce que l'histoire de Kalin Bennett n'a rien de banal. Dès son plus jeune âge, le corps médical lui diagnostique des "troubles du spectre autistique". Selon les chiffres, entre 25 et 50% des enfants touchés par cette pathologie ne parviennent pas à développer une quelconque communication. Certains médecins estiment même que Bennett ne pourrait jamais marcher normalement. Cela se confirme. Le jeune garçon a du mal au début. Les médecins conseillent à sa maman, Sonia, de placer son fiston dans un centre spécialisé. Éventualité balayée d'un revers de la main par la principale concernée : "J’ai dit non. J'avais un enfant avec une capacité à faire de belles choses, mais ils voulaient l’en empêcher et me demandaient de m’en débarrasser" explique-t-elle.

Mère et fils vont donc grandir ensemble, Grâce à l'aide d'un thérapeute qui rend visite aux Bennett trois fois par semaine, Kalin fait des progrès. Il apprend à s'asseoir, à communiquer, en tapant sur des casseroles ou des poêles. A 7 ans, il apprend à parler. A 9 ans, déjà plus grand et plus costaud que la moyenne, il fait part de son rêve ultime à sa mère : devenir basketteur professionnel.

Pourtant, là aussi, les débuts sont compliqués. Difficile de se fondre dans le moule, de retenir les consignes du coach. Astucieux, l'entraîneur de Kalin va profiter de la passion de son jeune protégé pour les maths pour lui apprendre certains exercices. En misant sur les nombres et les combinaisons mathématiques. Et, petit à petit, cela porte ses fruits.

Kalin prend confiance. En lui-même d'abord. Puis en ses coéquipiers. Les victoires collectives lui font du bien. Le mettent en confiance. "J’ai appris beaucoup en étant juste moi-même, pas quelqu’un d’autre, juste Kali " confie-t-il avec le recul.

En décembre 2018, Bennett défraie la chronique en devenant le premier basketteur autiste à intégrer un effectif universitaire, celui de Kent State, près de Cleveland. Robuste, hargneux, puissant, le beau bébé de 2m10 pour 135kg a du basket plein les mains. Et transpire la confiance. Ce mercredi, Bennett a donc fait ses grands débuts en NCAA. Il a joué six minutes pour 2 points et 2 rebonds. Quand, au milieu du deuxième quart, sa tentative main gauche a transpercé le filet, tout le banc de son équipe s'est levé d'un seul homme. A la fin du match, tous ses coéquipiers lui sont tombés dans les bras. Fiers du chemin accompli par ce jeune gamin, jadis si timide et taciturne. 

Nullement perturbé par le caractère historique de son panier, Bennett n'avait, lui, qu'une obsession après la partie : remercier sa mère. "Qu'elle voie ça, c'était énorme pour moi. Pour lui faire savoir que tout ce qu'on a fait, n'était pas vain" expliquait-il ému. Ensemble, mère et fils sont parvenus à repousser les limites. "Leurs" limites. Et quelque chose nous dit qu'il ne s'agit que du début d'une belle histoire.

 

 

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