All-Star Week-end : la NBA désespérément à la recherche de la formule gagnante

All-Star Week-end NBA : À la recherche de la formule gagnante
All-Star Week-end NBA : À la recherche de la formule gagnante - © Tous droits réservés

Du 14 au 16 février prochain, la ville de Chicago accueillera le rendez-vous annuel de la NBA, le All-Star Week-end. Au menu : trois jours de festivité avec des concours de dunk, de shoot, d’agilité et des matchs opposant les meilleurs joueurs de la ligue. L’objectif est d’offrir aux fans de basket un week-end magique autour de la balle orange. Pourtant depuis deux décennies, ce show sportif perd de sa superbe. L’année passée, avec 6,8 millions de téléspectateurs, le All-Star Game enregistrait pour la troisième fois son plus faible taux d’audience depuis 2007. La faute à des joueurs qui préfèrent assurer le spectacle plutôt que de jouer avec intensité ? Peut-être, mais pas uniquement. Depuis sa création, les organisateurs du All-Star Week-end n’ont pas cessé de changer les formats de chaque événement et la 69e édition n’y fera pas exception.

VENDREDI - Rising Star Challenge : les Etats-Unis contre le reste du monde

Depuis 1994, la tradition veut que le All-Star Week-end s’ouvre par un match opposant les plus belles pépites en devenir de la NBA. La première édition se nommait alors le Rookie Game et n’opposait que des joueurs de première année NBA. À l’époque, les organisateurs cherchent déjà la bonne formule puisque deux ans plus tard le Rookie Game propose un nouveau format : comme leurs aînés au All-Star Game, les rookies défendront leurs conférences dans un duel Est-Ouest (N.D.L.R. : la NBA est divisée en deux groupes de 15 équipes appelés “conférence”. Il y a la conférence Est et la conférence Ouest). Cette version tient jusqu’en 1998.

En 2000, naît le Rookie Challenge. Un duel de générations entre les rookies et les sophomores (joueurs dans leur deuxième année NBA). Initialement prévu le samedi avant les concours de dunks et de shoots à trois points, le Rookie Challenge décroche sa soirée officielle dans le calendrier du week-end en 2002. Cette année-là, le match se joue pour la première fois un vendredi. Cette confrontation durera une décennie entière. Des joueurs comme Pau Gasol, Tony Parker, Dwyane Wade, LeBron James ou Kevin Durant prennent part à l’événement. De leur côté, les parts d’audience se stabilisent à 1,5 millions de téléspectateurs en moyenne.

En 2012, le Rookie Challenge se mue en Rising Star Challenge. Désormais, les rookies et les sophomores sont mélangés. Shaquille O’neal et Charles Barkley, deux anciennes gloires de la NBA, sont désignés pour être capitaine d’équipe. Chacun compose son effectif en choisissant parmi les joueurs sélectionnés pour la rencontre. La première édition fera carton plein, dépassant pour la première fois la barre des 2 millions de téléspectateurs. Une anomalie, puisqu'après cette édition, le taux d’audience chutera année après année jusqu’en 2017.

Comme le nombre de joueurs étrangers augmente chaque année en NBA, les organisateurs proposent en 2015 une affiche : États-Unis contre le monde. Cette année, à Chicago, ce sera la cinquième édition de ce nouveau format qui tente d’inverser la tendance. Les présences des phénomènes médiatiques comme Luka Doncic, Trae Young et Zion Williamson risquent de créer énormément d’engouement autour de cet événement. Il ne faut pas oublier que le taux d’audience de ce match dépend aussi de la qualité des nouveaux joueurs NBA. En 24 éditions, aucun athlète n’a remporté deux fois le titre MVP de cette rencontre.

SAMEDI - Three-point Shootout & Slam Dunk Contest : place à la hype

Planifié avant le main event (événement principal) de la soirée, le concours à trois-points est une mise en bouche. L'événement n'a pas beaucoup évolué en 34 ans. En 1986, huit joueurs ont 60 secondes pour shooter de cinq positions différentes. Ils disposent de  cinq ballons par position, pour un total maximum de 30 points possibles. Les quatre premiers ballons du rack valent un point. Le dernier, la "money ball", vaut deux points. Depuis 2013, les shooteurs tirent le même nombre de ballons, aux mêmes positions, dans le même temps imparti qu'à la première édition. La grosse différence est qu'un des quatre racks est entièrement composé de "money balls" repoussant le maximum de points possibles à 34. Ce week-end à Chicago, la NBA rajoutera deux shoots supplémentaires d'une valeur de trois points situés à plus de neuf mètres chacun. Les participants auront 70 secondes pour réaliser leurs 27 tentatives. 

Depuis 2015 et la révolution du jeu à 3-points de la NBA, l’intérêt autour du concours de shoot est grandissant. Les tireurs proposent un duel de précision proche de la perfection. Le record de points inscrits lors du concours est établi par Devin Booker avec un 28/34 (82% de réussite). Si les paniers ne s'enchaînent pas, il est difficile de s’emballer devant son écran pendant cet événement. Mais de plus en plus, le concours de shoot fait concurrence au concours de dunk. 

Le concours de dunk du samedi soir est sans doute l’un des événements les plus populaires du week-end. Le dunk est un geste acrobatique, spectaculaire et artistique. Chaque ligue de basket possède son propre concours (oui, même en Belgique). C’est pour dire l’engouement que peut susciter cette action qui consiste à forcer la balle dans le panier. Pourtant, la NBA a eu beaucoup de mal à proposer un spectacle qui répond aux attentes chaque année. En 34 éditions, seuls trois concours ont marqué l’opinion public : 1988, 2000 et 2016. 

Depuis son lancement en 1984, le concours de dunk est sans doute l'événement qui a subi le plus de changements. Le show a évolué avec quatre, six ou huit dunkeurs. Parfois il ne faut réussir qu'un dunk par tour, parfois plus. Il y a des années où ces tours sont chronométrés. Il y a des éditions où les dunks sont évalués par des juges et des éditions où ce sont les fans qui adoptent ce rôle. Pendant 36 ans, le Slam Dunk Contest a été un laboratoire où la hype a souvent été plus forte que le spectacle proposé, au point qu'il a déjà été annulé en 1998. Cette année, la NBA reviendra à un format plus traditionnel, en deux tours avec quatre participants. Les performances seront évaluées par des juges. La dernière fois qu'un concours de dunk s'est déroulé à Chicago, Michael Jordan s'emparait du titre dans un duel d'anthologie face à Dominique Wilkins, c'était en 1988.

DIMANCHE - All-Star Game : la fin de la rivalité Est-Ouest

La légendaire rencontre du All-Star Game oppose les 22 meilleurs joueurs de la NBA. Mais cette rencontre n’est pas seulement importante pour le public, elle l’est aussi pour les joueurs. Pour participer au All-Star Game, il faut recevoir les votes des fans, mais aussi de ses pairs, des coachs et des médias. Fouler le parquet lors d’un All-Star Game est un accomplissement et une reconnaissance.

Depuis sa première édition en 1951, les conférences Est et Ouest brillent chaque année dans une nouvelle ville. Dans les années 90, ce match attire plus de 16 millions de téléspectateurs en moyenne devant son écran. Mais depuis 2003, le All-Star Game n’est plus jamais parvenu à redépasser la barre des 10 millions. Des résultats d’audience frustrants pour la Ligue. Sur le parquet, les joueurs s’amusent, offrent du spectacle, mais délaissent la défense et l’intensité par peur de se blesser. Le All-Star Game devient caricatural avec un jeu composé de dunks et de tirs à trois-points sans réelle opposition, ni défense.

En 2018, la NBA prend une décision forte. Après 67 ans d’affrontements, les sélections Est et Ouest ne sont plus. Cette année-là, LeBron James et Stephen Curry sont désignés capitaines d’équipe par les fans et composent leurs effectifs parmi le contingent de joueurs pré-sélectionnés. Pour la Ligue, ce format doit apporter un nouvel engouement autour de l’événement, mais les audiences continueront de chuter. Pire, avec moins de sept millions de personnes touchées, la dernière édition affiche la pire audience depuis 2007.

Après la mort tragique de Kobe Bryant et de sa fille, la Ligue américaine de basket ne peut pas manquer son hommage à l’une de ses plus belles légendes. À Chicago, le match des étoiles se jouera dans le but de récolter des fonds pour des oeuvres caritatives. Chaque quart-temps gagné rapportera 100.000$. Pour remporter le match, il faudra qu'une équipe inscrive un score défini par le cumul des points des trois quart-temps précédents de l'équipe menant le match, plus 24, en hommage à la star défunte des Lakers. 

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