Les Belgian Cats aux Jeux Olympiques, la Belgique parmi les grandes nations du basket

12 nations se disputeront l'or au tournoi de basket des Jeux Olympiques de Tokyo. Et la Belgique en fera partie ! Du haut de leur 9e place mondiale (classement de début d'année 2020), les Belgian Cats ont tenu leur rang et décroché leur ticket pour le Japon à l'issue du tournoi de qualification olympique organisé à Ostende. L'inverse aurait été vécu comme un échec retentissant pour une génération de joueuses arrivée à pleine maturité. Mais cette place à Tokyo n'a pas été offerte aux Belges pour "simples" services rendus : désormais attendues, par leur public fidèle (4500 personnes par jour à Ostende) comme par leurs adversaires (fini de sous-estimer la "petite Belgique"), les basketteuses belges ont dû faire face à leur destin. Et elles ont pu compter sur leurs meilleurs éléments et sur leur force de caractère pour convertir tous les espoirs placés en elles...

Derrière les joueuses clés...

On ne présente plus Emma "Wonder Meesseman". On l’écrivait déjà après son titre WNBA (titre de MVP décroché au passage), la Belge fait partie des meilleures joueuses du monde. Tout simplement. Et Emma Meesseman a encore éclaboussé ce tournoi pré-olympique de toute sa classe et sa simplicité naturelle. Et si elle a ajouté un nouveau trophée de MVP à sa collection personnelle après ce tournoi de qualification olympique, elle ne se mettra pourtant jamais en avant. La joueuse des Washington Mystics et d'Ekaterinburg en Russie ne tire jamais la couverture à elle, mais on l'a vue prendre tout de même la parole pendant les petits conciliabules entre joueuses en début de match ou de quart-temps. Leader par la voix. Une fois la balle en jeu, elle assure et place son talent pur au service du collectif. Elle ne monopolise pas la balle, elle ne cherche pas à forcer. Mais Emma est toujours là où il faut, quand il faut, et ses équipières le savent. Les adversaires aussi, mais parfois elle est tout simplement un cran au-dessus. Leader dans le jeu. Emma Meesseman est une vraie… porte-drapeau du basket et du sport belge (allô le COIB ? Le tournoi olympique de basket ne commence que 2 jours après la cérémonie d’ouverture des JO à Tokyo).

Derrière Meesseman, Julie Allemand (également élue, aux côtés de Meesseman, parmi le 5 de base de la compétition) a aussi su rebondir après un premier match loupé contre le Canada. Ses choix à la distribution se sont avérés payants, sa gestion des fin de matches contre le Japon et la Suède ont donné de l’air à l’équipe et elle n’a plus hésité à tenter un peu plus sa chance au panier, avec réussite. Elle ne fait que grandir et on a déjà hâte de vivre la suite.

... la qualification de tout un groupe

Mais derrière Meesseman et Allemand, pilote et co-pilote de l’avion vers Tokyo, c’est tout un groupe qui a répondu présent à Ostende et qui a su rebondir après un début de tournoi qui aurait pu déstabiliser "l'équipage belge"… Le commandant coach Philip Mestdagh et son staff ont trouvé les mots pour resserrer les rangs.Parce qu'il faut le rappeler, cette qualification n’a pas été offerte sur un plateau aux Belgian Cats. Il a fallu surmonter quelques embûches, avec ce sens du collectif et ce jeu rapide qui a fait "la légende" de l’équipe belge depuis les Mondiaux 2018 à Tenerife (4e place). Tokyo, tout le monde y croyait, pour certain.e.s "c’était écrit", la logique du classement mondial ne pouvait pas mentir, la Belgique (9e mondiale) était la 2e meilleure équipe de ce TQO derrière le Canada (4e), et l’avantage du terrain allait jouer son rôle… Très bien. Mais encore fallait-il faire face à toute cette attente et résister à la pression, si près du but. Les Red Panthers (les hockeyeuses belges) peuvent en témoigner, elles qui ont loupé la qualification olympique d'un souffle, deux fois. Et les Belgian Cats l’ont fait. Le match contre la Suède s’était pourtant transformé en vraie finale, presque un match couperet, après une entrée en matière délicate face au Canada (une mi-temps seulement disputée par les Cats à leur réel niveau) et un match solide mais pas encore parfait pendant 40 minutes face aux serial-shooteuses japonaises. Mais contre la Suède, l’équipe belge a pu déployer son jeu, poussée par un public qui n'attendait que ça pour s'enflammer. Alors on n'a pas encore vu 4 quarts-temps homogènes, mais au moins les points de travail avant les Jeux sont déjà assez clairs. Les joueuses sortant du banc devront aussi sans doute prendre un peu plus de responsabilités à Tokyo (Jana Raman et Hanne Mestdagh ayant montré l'exemple contre le Japon surtout), où le manque de rotations pourrait se faire sentir. Cela ne pardonnera pas face aux toutes grandes nations mondiales...

 

Quelles joueuses pour les Jeux Olympiques ?

 

Toutes ces joueuses "ostendaises" sont d’ores et déjà des grandes dames du sport belge. Elles ont écrit une belle page d’Histoire, mais le chapitre n’est pas refermé. Et si Tokyo sera une fin de cycle pour certaines (Ann Wauters, Marjorie Carpréaux…), ces Jeux Olympiques 2020 seront aussi un nouveau tremplin ou un vrai coup de projecteur pour d’autres (Kim Mestdagh, Antonia Delaere, Kyara Linskens, Jana Raman,…) qui ont grandi dans l’ombre des 2 moteurs du basket belge, Wauters et Meesseman.

Ann Wauters, justement, a eu plus de mal dans ce tournoi. Mais son rôle n’est pas anodin : du haut de ses 39 ans et avec son palmarès que seul Emma Meesseman pourra un jour égaler, elle est la guide, et un peu le ciment de cette équipe. La "maman" (au propre comme au figuré) que tout le monde écoute, celle qui peut se permettre de resserrer les boulons si nécessaire, celle qui amène toute son expérience et sa sérénité par moments. Elle a absorbé une grande part des attentes et des sollicitations autour de l’équipe en accordant énormément d’interviews avant le tournoi, permettant aux autres joueuses (Meesseman exceptée, elle aussi fort demandée par la presse et les fans) de se concentrer au maximum. Le poids de Wauters dans l’équipe et en-dehors du terrain est considérable, même si celui des ans se fait aussi fortement ressentir (0 point marqué, même sur lancers-francs pendant le tournoi). Elle va maintenant continuer à soigner son genou, pour finir sa longue carrière sur une note olympique méritée.

Reste que les places dans l'équipe à Tokyo seront chères. S’il sera difficile de tourner le dos aux joueuses ayant participé à ce tournoi pré-olympique, les blessures ou une certaine méforme de certaines pourraient ouvrir la porte à des joueuses absentes de la sélection pour ce tournoi de qualification… Julie Vanloo par exemple avait eu le cœur brisé de ne pas jouer ce tournoi "à domicile" (elle n’était déjà pas dans la pré-sélection) et son exil australien lui coûtera peut-être cher au final. Les jeunes Billie Massey, Elise Ramette, Emmeline Leblon ou autre Serena-Lynn Geldof ont l’avenir devant elles (et déjà quelques résultats probants chez les "Young Cats"), et se tiennent prêtes à bondir si une place semble disponible…

Mais avant de penser au groupe belge qui fera le voyage olympique, il y a déjà une date importante à griffer dans l’agenda des Cats : le 21 mars, date du tirage au sort du tournoi olympique. Une fois les groupes constitués, c'est alors un autre rêve qui commencera pour les Belgian Cats...

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