Lebron James - Zlatan Ibrahimovic : le clash entre un activiste qui s'assume et un autre qui se cache

Zlatan Ibrahimovic - Lebron James, le clash.
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Zlatan Ibrahimovic - Lebron James, le clash. - © Tous droits réservés

Lebron James est phénoménal dans ce qu’il fait...” - Zlatan Ibrahimovic, février 2021.

Un lecteur non averti, tombé par hasard sur cet embryon de déclaration, aurait sans doute à peine bronché. Un hommage d’une légende à une autre, une déclaration d’amour entre deux sportifs qui se respectent, bref du classique, se serait-il dit.

La fleur au fusil, il aurait vite déchanté en lisant la suite. Parce que même s’il prend de l’âge, qu’il est plus mature et que sa mitraillette à punchlines est donc moins acérée, Zlatan reste Zlatan. Quiconque connaît le pédigrée du Suédois sait qu’après le moindre compliment, un taquet 100% griffé grande gueule risque de suivre.

Lebron, activiste assumé

La preuve : “...mais je n’aime pas quand des gens avec un certain statut font de la politique en même temps. Fais ce pour quoi tu es bon. Reste dans ton domaine. Je joue au foot parce que c’est là-dedans que je suis le meilleur. Je ne fais pas de politique​. Je le ferais si j’étais un politique.”

En ligne de mire du sniper suédois donc, le côté activiste, fièrement proclamé et maintes fois réaffirmé, de Lebron James. Tête de gondole et principal ambassadeur d'une NBA toujours plus bruyante, LBJ a, depuis ses débuts en 2003, aimé colporter son aura fédératrice bien au-delà des limites des simples parquets.

Quand en 2012, le sulfureux président des Clippers, Donald Sterling avait dérapé, tenant des propos scandaleux à sa petite amie dans un enregistrement rendu public (Tu peux coucher avec des Noirs (...) mais la moindre des choses est de ne pas les ramener à mes matches), Lebron James avait été le premier à réagir en demandant le renvoi immédiat de Sterling.

En 2018 ensuite, il avait laissé construire une école dans sa ville natale, Ohio, visant à aider les enfants venant de familles peu aisées. Très engagé dans la lutte contre le racisme, il n’a pas hésité à monter au créneau en 2020 quand de violentes tensions raciales ont émargé aux quatre coins des Etats-Unis autour du mouvement Black Lives Matter. A coup de tweets rageurs, d’actions symboliques sur le parquet et de déclarations dans les médias, il est devenu le porte-étendard d’une Grande Ligue, composée à 74% de joueurs noirs et qui voulait, elle aussi, se faire entendre. 

"Shut up and dribble"

Plusieurs exemples (parmi tant d'autres) qui montrent qu'à 36 ans, Lebron James ne se départit donc plus vraiment de cette casquette de basketteur-activiste, là où un autre génie du basket, Michael Jordan avait, lui, préféré se focaliser à 100% sur ses performances balle en main.

Outre-Atlantique, cette attitude clivante de politicien des parquets, a d'ailleurs déjà fait grincer quelques dents. Avant Zlatan, la présentatrice de Fox News, Laura Ingraham s’en était pris au King en 2018. Elle lui avait reproché ses messages remettant en cause la présidence de Donald Trump et lui avait laconiquement balancé un “Shut up and dribble”, lourd de sous-entendus. 

Une attaque frontale que Lebron James avait habilement esquivé d'un "“Je ne me tairai jamais sur les choses qui ne vont pas.” Une phrasé fétiche qu'il a d'ailleurs ressortie au moment de répondre à la diatribe d'Ibrahimovic

"You are not Zlatan, don't challenge the virus"

Et qu'en est-il justement de Zlatan Ibrahimovic ? Est-il aussi absent des revendications sociales qu'il ne veut bien l'admettre ? En fouinant, Lebron James a (déjà) jeté un gros pavé dans la mare et déniché un extrait de 2018 où Ibrahimovic déplorait le racisme qu'il avait connu lors de ses débuts en Suède. 

Ce même Zlatan qui, il y a quelques semaines, faisait le buzz en devenant l'égérie d'une campagne italienne promulguant à coup de "You are not Zlatan, don’t challenge the virus" les gestes barrières contre le Coronavirus. Ce même Zlatan qui avait défrayé la chronique à l'époque en se présentant le torse bondé de tatouages lors d'un Caen-Paris pour soutenir une campagne du programme alimentaire mondial (PAM) qui lutte contre la fin dans le monde.

Ce n'est, certes, pas de l'activisme politique à proprement parler mais la limite est proche.

Alors un sportif doit-il faire de la politique ? La question n'est évidemment pas là, tout individu étant libre de défendre ses convictions personnelles ou non. Mais une chose est sûre, en fustigeant le comportement revendicateur de Lebron James, le serpent Ibrahimovic s'est mordu la queue .

Parce que comme Lebron James, il est (et a toujours été) lui aussi un formidable ambassadeur et un fervent défenseur des causes sociétales. La différence c'est que, pour une raison qu'on ignore, il ne veut pas que ça s'ébruite.

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