Emma "WonderMeesseman"

Emma WonderMeeseman
Emma WonderMeeseman - © Tous droits réservés

"M-V-P". Trois lettres qui claquent dans le monde du basket. Trois lettres qu’Emma Meesseman pourrait ajouter sur sa carte de visite personnelle ou sa "bio Instagram". Mais la Belge ne le fera pas. Elle s’excuse presque d’avoir reçu cette prestigieuse distinction individuelle après la finale WNBA remportée pour la première fois par son équipe des Washington Mystics. Elle préfère se tourner vers ses équipières et les associer à la victoire.

Et ce n’est pas anecdotique, c’est tout simplement sa personnalité qui ressort : Meesseman, c’est l’humilité incarnée, le plaisir simple de jouer au basket. A la voir aligner les paniers à l’entraînement et les mouvements précis en match, sans stress, sans surjouer ses émotions, on se dit même qu’elle est peut-être parfois un peu trop discrète au milieu de l’extravagance américaine… et qu’avec un peu plus de "show" dans son jeu et ses réactions, elle aurait déjà acquis depuis longtemps le statut de superstar auquel prétendent uniquement les Américaines en WNBA (pour l’instant). Mais on n’imagine pas Meesseman changer du tout au tout après ce titre : elle est avant tout une jeune fille bien dans ses baskets (et dans son basket), heureuse de vivre sa passion, heureuse de la partager avec les fans. On a d’ailleurs totalement perdu le compte des "hugs" partagés à même le parquet, dans la foulée du titre des Mystics.

Elle est comme ça, Emma. Sans prise de tête, toujours cool en dehors du terrain, souriante. Même quand elle doit enchaîner les interviews en anglais, puis aussi en néerlandais et en français (pour la presse belge venue couvrir l’apothéose de sa saison WNBA). Et ce qui frappe assez rapidement quand on voit la numéro 33 des Mystics jouer, c’est qu’elle n’utilise pas son aisance technique pour se mettre en avant elle-même, ni pour forcer son basket et tenter de gonfler ses statistiques personnelles, comme l’ont fait certaines de ses équipières américaines pendant ces matches de finale. Non, Emma Meesseman est avant tout là pour l’équipe. Avec elle, le mot "collectif" prend tout son sens. D’ailleurs, elle accepte sans broncher de commencer les rencontres sur le banc, d’endosser le rôle de joker qui doit entrer pour faire basculer les débats. Le 5 de base des Mystics est 100% américain, c’est comme ça. Et en WNBA, on ne présente que ces 5 joueuses en début de match. Mais la Belge s’en accommode et répond simplement sur le parquet ! Quand elle entre au jeu, même attendue par des adversaires qui la connaissent désormais depuis 6 saisons, elle assure. Par sa justesse, par ses choix de jeu, par sa précision aux tirs. Et puis surtout, elle semble imperméable à la pression alors que les fans et le staff des Mystics ne cessent de le répéter : elle sera celle par qui la décision arrivera. Meesseman ne panique pas. "Ice in the veins", comme disent les Américains. Alors on peut le dire sans être taxée de chauvinisme : c’est tout simplement un régal de voir jouer Emma Meesseman sur un parquet. Même LeBron James est d’accord, il l’a tweeté pendant les demi-finales…

Les grincheux diront que la WNBA n’est pas la NBA, qu’elle en est fort loin, que les matches ne se jouent pas devant 20 000 personnes (mais plutôt 4500 dans la salle des Mystics, 9000 chez l'autre finaliste, le Connecticut Sun), que le niveau n’est pas comparable. Mais a-t-on fait autant la fine bouche quand Justine Henin et Kim Clijsters dominaient le circuit WTA de tennis ? Sans oublier qu’Emma Meesseman évolue aussi, pendant le reste de l’année, dans la meilleure équipe de basket… européenne. Avec sa formation russe d’Ekaterinburg, elle a remporté trois fois déjà l’Euroligue ! Elle est donc sur le toit de 2 mondes, à 26 ans.

Alors oui, il faut savourer. Se rendre compte de l’impact de la joueuse belge et du luxe de pouvoir compter sur elle en équipe nationale. Il ne faut pas bouder son plaisir de pouvoir la voir jouer en Belgique, même si c’est rare.

On a en tout cas hâte de la voir guider les Belgian Cats sur le chemin des JO de Tokyo. Si les Belges se qualifient, les Américaines sont d’ores et déjà prévenues : Emma Meesseman est bel et bien l’une des meilleures joueuses du monde. Et il vaut toujours mieux l’avoir dans son équipe plutôt qu’en face…

 

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