Brian Lynch retrouve déjà le Spirou et règle ses comptes...

Where is Brian? Brian is in the dressing room! On a retrouvé l’ancien coach du Spirou, de retour dans ce vestiaire qu’il aime tant, celui de ses premiers amours: Limburg United! Un peu plus de 3 mois après son départ du Spiroudôme, Brian Lynch a retrouvé embauche dans ce club qui l’a révélé en tant que coach. Hasard du calendrier et/ou ironie de l’histoire, c’est face à Charleroi que l’Américain va retrouver, ce soir 20h30, les parquets de la division 1. Pas revanchard mais fortement déçu, il revient sur les raisons douteuses de son éviction, charge les dirigeants carolos coupables à nouveau d’impatience et d’excuses infondées quant à un supposé manque de poigne envers ses désormais ex joueurs. 

Brian, vous voilà de retour aux affaires qui plus est sur le banc de vos premiers exploits d’entraineur ?

"Oui, c’est comme être de retour à la maison. Ici j’ai vécu de grands moments. Lors de mon premier passage, on avait obtenu de très bons résultats. Je me sens merveilleusement bien à Limburg, j’y ai retrouvé en outre mes amis. Plus que jamais c’est très important de se sentir à l’aise, épanoui dans un environnement qui vous convient !"

Je suis revenu ici pour accrocher les play-offs

Le club limbourgeois a-t-il un peu changé en votre absence ? Les résultats insuffisants (et une 7ème place au classement) semblent en tout cas le démontrer…

"Non rien n'a changé mais l'équipe est forcément différente. D’ailleurs c'est assez nouveau pour moi. C'est la toute première fois que je reprends un club en cours de saison, avec un groupe que je n'ai pas composé. Mais la philosophie imprimée ici (à laquelle j’ai modestement participée) est restée la même pendant ma courte absence (NDLR : un an et demi). L'académie de jeunes par exemple sort des talents qui s'inscrivent dans le projet du club, de l’équipe première donc finalement j’ai gardé quelques repères. Mais si je suis revenu ici, c’est avec l'objectif d'accrocher les play-offs. Et qu’importe si je dois composer avec un groupe différent que je n’ai pas façonné. Tout ça fait aussi partie de ce défi excitant que je souhaite relever."

Ici je sens que je peux construire quelque chose sur la durée

Entraineur Limburg United et Charleroi, c’est vraiment différent ?

"Oui, complètement différent ! Ici, les gens comprennent ma méthode et croient en moi, en mon travail. Ici je sens que je peux construire quelque chose sur la durée."

Ce qui n’était pas le cas à Charleroi… on imagine que ces retrouvailles seront particulières à plus d’un titre ?

"Les gens doivent s'imaginer que je suis très excité à l'idée de retrouver Charleroi et animé par un sentiment de revanche mais sincèrement ça n'est pas le cas du tout! Là, je suis occupé à remettre Limburg sur de bons rails et je ne pense à rien d'autre, vraiment! Je n’ai qu’un regret, c'est que ce match arrive beaucoup trop tôt pour nous. On est dans une période de transition actuellement et l'équipe est loin de son meilleur niveau pour rivaliser avec Charleroi. Et puis j'ai bien trop de respect envers les joueurs du Spirou pour ressentir un quelconque mépris... ce sont des joueurs que j'ai recrutés personnellement avec qui j'ai quasi vécu 7 jours sur 7. C'est juste une drôle de coïncidence que, pour mon retour à Limburg, je retrouve Charleroi dès mon premier match!"

Votre ancien adjoint Kristof Michiels est lui resté à Charleroi après votre éviction, vous êtes restés en contact depuis ?

"Oui je reste en contact avec Kristof Michiels. On a bossé ensemble pendant 7 ans, c'est devenu un ami au fil du temps. Mais je ne cherche pas à m'immiscer dans son travail, ni à le sonder sur la vie du groupe carolo depuis mon départ... Il y a du respect mutuel entre nous."

Avec un peu plus de temps, j’aurais pu faire de Charleroi la meilleure équipe du championnat !

Les raisons de votre départ du Spirou restent encore très floues. Officiellement, les dirigeants carolos vous ont reproché, entre autres mais surtout, d’être trop gentil avec vos joueurs…

"Franchement, je ne sais pas qui ni pourquoi m'a-t-on reproché d'être soi-disant trop gentil ou pas assez dur, ni sévère... Tout ce que je sais, c'est qu'il n'y avait personne quand j'ordonnais les séances d'entrainements, les séances tactiques, les vidéos... Ma manière de fonctionner s’inscrit et s’inscrira toujours dans le respect de l'autre, avec affection et considération! Je ne suis pas " vieille école ", du genre à taper du poing et à hurler sur tout ce qui bouge... Je reste convaincu que ça n'est pas ce que souhaite ou recherche un groupe de joueurs ! Je savais hausser le ton bien sûr, quand la situation l'obligeait mais à quoi bon hurler à tout va ? Non vraiment ça n'a aucun sens selon moi! Je crois surtout que, si on m'avait laissé plus de temps, j'aurais pu tirer le maximum du groupe pour en faire -j’ose le dire- la meilleure équipe du championnat! Car c'est bien là mon seul regret ; c'est de ne pas avoir pu construire et grandir avec ces gars!"

Je leur avais dit en partant : " vous manquez de patience… vous faites la même erreur depuis des années… vous voulez aller trop vite !

Avez-vous pu vous exprimer ou vous défendre contre ces " accusations " qui n’ont satisfait ni le public, ni les observateurs du basket belge ?

"Je leur avais dit en partant : " vous (les dirigeants) manquez de patience... vous faites la même erreur depuis des années... vous voulez aller trop vite! " Mais qu'importe, je garde en tête qu'on avait à l'époque la meilleure défense du championnat, qu'on était dans le top 3 offensif avec des stats plus qu'honorables... Les dirigeants de Charleroi avaient une approche particulière du basket, moi j'avais la mienne qui demandait encore du temps... Mais parce que je ne gagnais pas tous les matchs, ça n'allait pas alors c'était préférable d'en rester là car, de toute façon, je n'allais pas changer ma manière de fonctionner! Je ne suis pas un coach à poigne qui hurle à tout va comme Dario Gjergja par exemple. Je respecte l'entraineur mais je ne pourrais pas le copier, ça serait contre nature! Je reste convaincu que je peux gagner tout en restant moi-même. Donc peu importe les résultats, je crois que ça n'aurait pas pu fonctionner car ils avaient besoin d'un profil bien différent du mien finalement (NDLR : depuis le Spirou a jeté son dévolu sur le croate Niksa Bavcevic, coach à la réputation "revêche")."

 Trop gentil ? À force de véhiculer cette idée, le gens finissent par le croire !

Sebastien Bellin, alors manager général du Spirou, avait pris la parole pour justifier les raisons de votre éviction, insistant à nouveau sur votre manque de fermeté à l’égard des joueurs... il semblait relayer un avis général et unanime de la direction ?

"Je ne sais pas qui ni pourquoi on répétait sans cesse que j'étais trop gentil. Mais à force de véhiculer une idée, les gens finissent par le croire et quand les résultats ne suivent ou pas totalement, c'est alors plus simple de vous trouver un motif, un reproche, des défauts plutôt que de se concentrer sur le basket, le jeu en lui-même! Honnêtement, ça m'importe peu de savoir si c'était Sébastien Bellin ou un autre qui a véhiculé tout ça… Tout ce que je sais, c'est que j'ai donné le maximum pour ce club, j'ai donné tout ce que je pouvais... alors tant pis si mes méthodes ne plaisaient pas!" 

Les joueurs étaient derrière moi

Les joueurs dans tout ça… pourquoi ne vous ont-ils pas témoigné plus de soutien ?

"Je peux vous assurer que les joueurs étaient derrière moi. Mais ce ne sont pas eux qui décident et c'est normal évidemment. Les joueurs ne peuvent pas s'opposer au club, ils ont un job à protéger, une famille à nourrir... Ce serait risqué d'aller à l'encontre des dirigeants et je le conçois volontiers mais, sincèrement, je n'attendais rien comme réaction de leur part. Et puis tout ça s'est passé tellement vite, on a tous été un peu surpris..."

Revenir à Charleroi un jour ? Impossible !

 Un retour à Charleroi, comme entraineur, ça reste envisageable à l’avenir ?

"Non, je ne crois pas que ça soit possible de revenir un jour à Charleroi. Pourquoi, d'un coup d'un seul, les dirigeants changeraient-ils d'approche? Pourquoi changerais-je ma manière de fonctionner? Vous savez le pire dans tout ça, le plus fou même c'est que tout ça n'a rien à voir avec le basket ball, le jeu en lui-même! Car on avait un jeu rapide, moderne, qui plaisait aux joueurs, au public... ça a capoté sur des détails et non sur des raisons ou choix sportifs!"

 Même ma femme Kim Clijsters adorait venir au Spiroudôme !

Les fans carolos vous ont à l’inverse témoigné un vrai soutien, désavouant la direction du club au passage…

"Oui, ils ont été fantastiques ! Ça restera l'une de mes grandes frustrations; celle de ne pas avoir pu ramener un championnat à ces fans... ils méritent tellement un titre après autant d'année de disette. J'ai reçu énormément de message de soutien de leur part, je les en remercie infiniment car ils ont toujours cru en moi, même dans les moments difficiles. Même ma femme Kim (NDRL : Clijsters) me disait encore récemment qu'elle aimait venir au Spiroudôme, qu’elle avait adoré l'accueil, le soutien des fans du Spirou. Je resterai reconnaissant et garderai toujours un profond respect pour eux. Certaines personnes en coulisse m'ont déçues mais ceux qui me connaissent savent que je suis quelqu'un qui accorde beaucoup d'importance au respect mutuel. Je reste convaincu que les joueurs appréciaient ma méthode et que bomber le torse en toute circonstance ça n'a pas de sens, mais bon c'est ainsi que voulez-vous ? En tout cas, moi je suis ainsi fait et je ne changerai pas !"

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