Ann Wauters : "J'ambitionne toujours de participer aux JO avec les Cats"

Ann Wauters : "J'ambitionne toujours de participer aux JO avec les Cats"
Ann Wauters : "J'ambitionne toujours de participer aux JO avec les Cats" - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Dans le noyau des Belgian Cats qui disputent le championnat du monde à Tenerife, on retrouve l'inoxydable Ann Wauters, la joueuse belge la plus emblématique. A bientôt 38 ans, la Gantoise, qui participe pour la première fois à un Mondial, a tout gagné en clubs ou presque : Un titre WNBA et 5 coupes d'Europe dont 4 en Euroligue. Elle a aussi été sacrée championne de Russie, d'Espagne, de France et de Turquie sans oublier de nombreuses distinctions individuelles (elle a notamment été élue à 5 reprises joueuse européenne de l'année).

Avec un tel palmarès, Ann Wauters est donc devenue une véritable légende du basket belge mais avant de mettre un terme à sa longue carrière, elle s'est fixée un dernier objectif : une qualification aux jeux olympiques de Tokyo, en 2020, avec l'équipe nationale.

Le basket, Ann Wauters, c'est quelque chose que vous avez toujours voulu faire ou bien c'est venu un peu par hasard ? 

"Je vais dire que c'est plutôt venu par hasard. Dans ma famille, personne ne jouait au basket mais j'avais des amies qui pratiquaient ce sport et comme j'étais déjà grande, je me suis tournée naturellement vers le ballon orange. Ma taille a donc joué un rôle. Cela m'a aidé et le basket est vite devenu ma discipline de prédilection. C'était la première fois que je pratiquais un sport d'équipe et j'ai surtout apprécié l'aspect social et convivial. Cela m'a plu énormément. Ensuite, j'ai rapidement pris conscience que je possédais un petit talent pour ce sport et depuis le basket ne m'a plus lâché. Cela dit, c'est venu progressivement. J'ai toujours pris du plaisir en jouant. C'est devenu une passion et je n'ai jamais considéré le basket comme un boulot. C'est probablement grâce à cela que j'ai accompli cette carrière, en gagnant de nombreux titres avec pas mal de clubs dans différents pays".

Vous avez pas mal bourlingué durant votre carrière : la France, l'Espagne, la Turquie, la Russie, les Etats-Unis, vous êtes donc une citoyenne du monde ?

"Oui, c'est vrai. J'ai beaucoup bougé durant ma carrière et j'ai habité dans pas mal de pays différents. Avec le recul, je me dis que  j'ai eu beaucoup de chance. C'est surtout ça qui est important dans une carrière sportive. Pas seulement le fait de gagner des titres mais de rencontrer des personnes différentes et de découvrir des cultures différentes. Je suis très heureuse d'avoir pu réaliser cela".

Et puis, on souligner votre longévité. Votre carrière a démarré il y a plus de 20 ans et elle n'est pas encore terminée. C'est assez exceptionnel ? 

"Oui, c'est vrai. Je ne peux pas me plaindre. Je n'ai jamais eu de graves blessures, sauf il y a quelques mois aux genoux mais à part cela, je n'ai quasiment jamais été blessée. Je pense que j'ai appris à me soigner, à avoir une bonne hygiène de vie. Je suis aussi à l'écoute de mon corps et je connais bien mon corps. Je sais ce que je dois faire pour qu'il puisse m'aider à jouer le plus longtemps possible".

Alors, il y a le talent mais il y a aussi le travail. Beaucoup de travail et de sacrifices pour réussir une aussi belle carrière que la vôtre ? 

"C'est exact. Souvent, de l'extérieur, on ne voit que le bon côté des choses et de la vie d'un sportif ou d'une sportive mais je peux vous assurer que cette vie n'est pas aussi facile. Il y a en effet beaucoup de sacrifices. Il faut savoir partir au bon moment et puis aussi avoir une faculté d'adaptation et cela dans différents environnements, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Personnellement, je trouve pourtant que c'est le côté le plus enrichissant du métier".

Tout cela grâce au ballon orange. Sans le basket, vous n'auriez certainement pas vécu tout ça ? 

"Non, sans le basket, j'aurais eu une vie complètement différente de la mienne mais ça je ne le saurai jamais. C'est en tout cas la preuve, qu'il faut toujours saisir les occasions. Les prendre où elles sont et quand on a fait le choix, il faut alors y aller, ne pas se retourner et se donner à 100%".

Vous avez tout gagné ou presque dans votre carrière mais vous avez toujours soif de victoires ?

"Bien sûr, surtout avec les Belgian Cats. On a de grands projets. Quand on voit ce qu'on a réalisé l'an dernier au championnat d'Europe en décrochant la médaille de bronze, à Prague avec cette équipe belge. C'était magnifique et ce n'est pas terminé. On en veut toujours plus. D'abord, il y a ce championnat du monde. Nous ne sommes pas ici à Tenerife en vacances. On aimerait bien terminer dans le top 8 mondial, c'est à dire atteindre les 1/4 de finales. Et puis, il y a encore un autre projet, encore plus fou, dans deux ans : les jeux olympiques de Tokyo en 2.020. Je pense que nous sommes capables de nous qualifier vu le potentiel qu'il y a dans cette équipe mais il faudra y aller étape par étape. Nous avons en tout cas encore de grandes choses à réaliser".

Même si elle n'est pas encore terminée, vous êtes fière de la carrière accomplie ?

"Oui, quand même. Avec du recul, je peux être fière. Comme je l'ai dit, pas seulement pour les titres remportés mais surtout pour ce que j'ai appris et découvert ainsi que les liens que j'ai noués durant toute ma carrière. Des liens qui, je suis sûre, vont m'accompagner durant toute ma vie".

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