Jonas Gerckens à l'épreuve de la mythique Route du Rhum

Saint-Malo, vendredi. La Cité Corsaire est baignée de soleil et bercée par le vent. Bondée de touristes aussi, connaisseurs passionnés ou badauds subjugués sur les pontons.  123 bateaux, 123 marins.

Parmi eux, Loïc Peyron toujours sollicité par les médias. Cet homme, c’est le dernier vainqueur de l’épreuve, il y a 4 ans, idole de Jonas Gerckens depuis 28 ans, et qu’il rêvait de rencontrer.

"Loïc, je voulais te remercier ; tu ne t’en souviens bien sûr pas mais lorsque j’avais 10 ans, tu m’as fait monter sur ton bateau, c’était un moment inoubliable pour le gosse que j’étais."

En fait, depuis l’âge de 2 ans, Jonas vivait sur un voilier puis a grandi à Saint-Malo, où il assistait, émerveillé, aux départs des grandes courses au large. L’accueil de Loïc Peyron à l’époque a constitué un 2emè déclic.

Peyron : "On me dit souvent que j’ai favorisé les vocations et fait briller des étoiles dans les yeux des gosses. Tant mieux, c’est à ça qu’on sert, et après ils nous dépassent… !"

 Après-midi, sur le Volvo 104 comme sur tous les autres, on s’active. Mais malgré le temps qui presse et la fièvre qui monte, le skipper liégeois accueille plusieurs groupes de sympathisants.

"Salut, bienvenue sur le Volvo 104, dont le vrai nom est "Oufti !", parce que je suis fier de mes origines liégeoises."

Gerckens sait le plaisir qu’il avait lui-même d’être reçu sur ces vaisseaux de rêve et de passion quand il était gamin. Surtout, il se fait un plaisir et un devoir de partager son amour pour la voile. Visiteurs enthousiastes, impressionnés aussi.

Benoit : "Je suis en admiration : l’inconfort, la puissance, et de savoir qu’il va affronter seul, la nuit comme de jour les conditions météo, la faim, la fatigue, le froid, c’est incroyable."

Plus que 2 fois dormir. Mais ce soir, d’abord, honorer l’invitation qu’une brasserie belge a adressée à une centaine de proches. Cet engouement nouveau autour de sa personne et de sa première participation à la mythique course, c’est fort !

"Je tiens à vous remercier du fond du cœur, vous ne savez pas à quel point vous m'aidez à avancer et à réussir."

Gerckens sait d’où il vient : parents, enfants, collaborateurs, sponsors, amis, journalistes, il sait ce qu’il leur doit.

Samedi, ça se précise, mais ça se gâte ! Les mines sont plus graves déjà, le briefing météo amène son lot de nouvelles, elles ne sont pas bonnes... du tout !

Le départ est confirmé mais certains envisagent de renoncer, d’autres de partir puis d’aller s’abriter en cours de route si nécessaire.

"Je n’aime pas déjà envisager de m’arrêter parce que je sais que ça casse complètement le rythme d’une course. Mais si ça se confirme que c’est une tempête, avec des vents à + 50 nœuds (près de 100 km/h) et des creux de vagues de 8m, il faudra penser à ranger les ambitions et préserver le bateau et le marin."

Début d’après-midi, l’impressionnant balais des sorties d’écluse a commencé, sous l’œil ébahi de la foule massée sur les quais malouins. Toujours étonnant, excitant, émouvant.

Gerckens n’est pas de la fête, son bateau ne sortira que cette nuit, piloté par Julien, son préparateur.

On retrouve notre homme au ponton, pour quelques au-revoir et une dernière interview.

"Jonas, vous réalisez que vous êtes au départ de la Route du Rhum ?"

"Oui, impossible de l’oublier, tout le monde me le répète, dit-il en riant. Je sais que j’en rêvais depuis tout petit, et je suis excité, pressé d’en découdre avec les autres. Mais je suis aussi un peu stressé, les conditions météo s’annoncent très difficiles."

Dimanche matin, la tension est palpable. Jonas est dans sa bulle, concentré, déterminé, un peu anxieux. Sa maman aussi, qu’il étreint chaleureusement. Mais il est temps maintenant, la Route du Rhum n’attend pas, et elle aussi lui tend les bras.

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