Jonas Gerckens, de Liège à Pointe-à-Pitre

Douarnenez dans le Finistère en Bretagne. C’est un Jonas Gerckens enthousiaste que nous retrouvons. Pour le skipper belge, 2018 est une année " charnière ", ou plutôt " tremplin ". "Déjà, participer à la Route du Rhum en Novembre, c’est un rêve de gamin qui va se réaliser, c’est incroyable. En plus, je passe de la catégorie " mini " à la Classe 40, celle des bateaux de 12 mètres, que je ne connais pas. Donc oui, 2018 est une année charnière dans ma carrière" souligne Jonas Gerckens.

Six régates sont au programme de Jonas et son équipage ce week-end. Parce que notre homme adore la compétition, mais surtout pour découvrir son nouveau partenaire. Un 12 mètres, Classe 40, dont il a racheté l’ épave il y a quelques mois, qu’il a restauré, et qu’il teste, en course.

Avec une équipe de télévision à bord, Jonas, Fred et Loïc ne peuvent espérer gagner ; mais apprendre oui ! "Ce sont des bateaux plus lourds, plus physiques, les réglages sont différents, je dois m’habituer à tout ça et peaufiner les réglages, parce qu’en course, ce sont parfois les détails qui font la différence. Par ailleurs, on va découvrir le " moteur " du bateau, c'est-à-dire les voiles. 7 nouvelles voiles reçues il y a deux jours, et que je ne connais pas"

Jonas Gerckens, un liégeois de 38 ans, installé en Bretagne depuis l’ âge de 20 ans, dans l’espoir d’ assouvir sa passion pour la mer. Une idée fixe qui remonte à bien plus longtemps. "Quand j’avais moins de 2 ans, mon père a embarqué la famille pour une croisière à la voile durant trois ans et demi. Au retour, on s’est installé à St Malo, et je voyais les grands bateaux et les grands skippers partir pour la Route du Rhum, ça me faisait rêver. Et même après qu’on soit rentré vivre à liège, j’ai gardé ces images dans un coin de ma tête."

Mais la voile est une passion qui coûte, cher ! Par exemple, ce Classe 40, tout équipé, c’est 600.000 euro ; et le budget annuel de Jonas : 350.000 euro ! En 2016, après plusieurs années de galère financière et malgré d’excellents résultats en classe mini, le rêve de Jonas, presqu’à bon port, a bien failli sombrer. "En 2016, à un mois près, j’arrêtais la course au large, parce que ma famille comptait tout de même sur moi et qu’à côté des courses je n’arrivais pas à rentrer assez d’argent, je devais trouver du boulot, et dire adieu à mon rêve"

Alors, il y a eu ce partenariat avec son sponsor principal, qui a tout changé . Puis d’autres sponsors, un statut de Sportif de Haut niveau, une médiatisation en plein boum, et la Route du rhum en point de mire. Ça ce sera en Novembre, et en solitaire. D’ici là, il faudra affiner certains automatismes, mais Gerckens se veut optimiste. "Très optimiste ! Quand je me souviens de l’état du bateau il y a quelques mois, c’était une épave. On a énormément travaillé dessus, le résultat est très encourageant. Je connaissais son potentiel, je savais qu’il fallait juste bien s’occuper de lui".

Pour preuve, une très prometteuse 3è place au terme de ce we de compétition. C’est donc un marin ravi et un papa comblé qui rentre au port ce soir-là. Car, surprise, ce sont Sam et Louane qui sont les premiers à le féliciter. "Ma vie est belle, vraiment. Je vis de ma passion, c’est un luxe énorme. Et j’adore l’océan. Bien sûr, il reste des moments de galère, même en compétition, mais il y a tant de bons moments et de belles rencontres, en mer ou à terre ! Et puis j’espère être la locomotive de la voile belge, pouvoir transmettre ma passion aux jeunes et les aider à réaliser le rêve que moi j’avais quand j’étais gamin."

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK