EyeSea, le projet original de Van Weynbergh pour être au départ du Vendée Globe

Un skipper belge au Vendée Globe ? Cela n’est plus arrivé depuis… l’an 2000 ! La course de Patrick de Radiguès s’était arrêtée sur les côtes portugaises, quelques jours après le départ. 20 ans plus tard, le skipper brabançon Denis Van Weynbergh espère bien voir deux fois les Sables d’Olonnes : pour le départ mais aussi évidemment pour l’arrivée du 9ème Vendée Globe.

Ce passionné de voile a fait de "l’Everest des Mers" son objectif des prochaines années. Une année pour trouver des partenaires financiers lui permettant de mettre son bateau à l’eau, et deux autres pour se préparer, assurer sa qualification pour la plus prestigieuse des courses au large et prendre le départ, le 8 novembre 2020 à 13h02 aux Sables d’Olonnes. "C’est un projet double. Il y a tout d’abord un projet d’entreprise : il faut trouver le financement, donc trouver un concept, le commercialiser, puis gérer des budgets, des fournisseurs, toute une préparation. Et puis il y a le vrai projet marin parce qu’on sait qu’on ne part pas sur un Vendée Globe du jour au lendemain. Il faut se préparer à de la navigation compliquée, à être seul pendant longtemps (le parcours est estimé à 80-100 jours). Donc c’est vraiment 2 projets en 1, mais c’est ça aussi qui fait la richesse de ce genre de projet."

Pour trouver son financement, Van Weynbergh veut emmener 250 partenaires voir le monde avec lui, à travers un concept original : EyeSea. Un projet à la fois sportif et artistique puisqu’il implique aussi le photographe Edouard Janssens, spécialiste d’un type de photo particulier : la macro-photo d’iris, la partie colorée de notre œil. "L’idée c’est de vendre 250 photos d’iris, à des sociétés ou même à des particuliers. Et ensuite ces 250 photos viendront former un seul et même gros iris sur les voiles. Si je pars, je serai seul mais j’aurai quand même 250 regards qui vont me suivront et avec qui je pourrai discuter ou du moins dialoguer du coin de l’œil."

Van Weynbergh est confiant. Il espère devenir le premier Belge à terminer classé sur la célèbre course, même s’il sait qu’il reste des obstacles à franchir et des déceptions à surmonter. "Mais c’est un peu le projet d’une vie. Le but c’est de passer à travers ces coups durs et d’arriver en janvier-février 2021 aux Sables d’Olonnes". Et pour se donner les moyens (et aussi… le temps), le navigateur amateur a même décidé de remettre son entreprise ! Un risque calculé : "Je pense être arrivé à une certaine maturité. Il m’a fallu grandir niveau voile, mais aussi niveau conception, gestion et réalisation de projet. Je ne pense pas que j’aurais été capable de monter ce projet il y a 20 ans. Mais maintenant je me sens de taille."

A 50 ans, le Brabançon estime en tout cas que le moment est venu de se lancer, lui qui a déjà participé à diverses courses en solitaire et transatlantiques (Route du Rhum 2010, Québec Saint-Malo 2012, Transat Jacques Vabre 2013 ou encore Fastnet 2015…). Il ne lui reste finalement que le Vendée Globe pour compléter son "palmarès" de navigateur. Sans pression, mais avec beaucoup d’envie : "Il y a de toute façon 2 courses en une : d’un côté les pros, dont c’est le métier depuis toujours et qui ont des gros budgets ; et puis de l’autre côté la course des amateurs éclairés, des passionnés, des fous de voile, des gens qui veulent faire quelque chose dans leur vie de marin, comme nous. On devrait être 15 bateaux avec des projets similaires au mien et de toute façon on sait bien que dans ce genre de course ce sont souvent les derniers qui ont le plus galéré qui finalement méritent le plus de passer la ligne d’arrivée, par rapport aux premiers pour qui tout s’enchaîne bien."

Le skipper belge se donne un an pour boucler son budget. Il est à la recherche de 2,5 millions d’euros, un budget réparti sur 3 ans et qui comprendra notamment l’achat du bateau ("J’ai déjà mis une option sur un bateau qui a déjà fait 2 tours du monde et qui me correspond assez bien, un peu old fashion mais qui "connait la route") mais aussi toute la préparation, la participation à plusieurs courses de préparation, désormais indispensables pour parcourir suffisamment de milles et valider l’inscription à la prochaine édition du Vendée Globe.

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