Emma Plasschaert : "La mer m'apporte beaucoup de calme"

Emma Plasschaert s'est imposée aux championnats du Monde de voile en août à Aarhus. Au milieu d'un été flamboyant pour le sport belge, ce titre est un peu passé inaperçu. Rencontre avec une jeune fille qui constituera une chance de médaille à Tokyo en 2020.

Aujourd'hui encore Emma Plasschaert regarde la mer avec ses yeux d'enfants. Amenée à la voile par son père, elle a est directement tombée sous le charme de cet élément aquatique qui rythme désormais sa vie.

"Je suis née à Ostende. J'aime la mer et sa diversité. Elle est différente à chaque fois. Les couleurs, le vent et les vagues sont différents en fonction des endroits. J'aime cette expérience de me sentir seule au monde".

Attirant et majestueux, l’Ocean peut aussi se révéler piégeux pour les skippers. Lire les plans d’eau, sentir les changements de vent est primordial. Mais sans rien n’est possible sans un travail physique important "à terre".

"Il faut être fort physiquement pour lutter contre le vent qui t'envoie à droite ou gauche. Nous devons beaucoup travailler en salle de musculation pour contrôler le bateau. La mer m'apporte beaucoup de calme et cela me donne la force de faire tous les entraînements physiques".

En août dernier, au Danemark, toutes les pièces du puzzle se sont imbriquées. A 25 ans, Emma a maîtrisé les éléments, dompter la concurrence pour décrocher l’or mondial en laser Radial.

"Dire que ce titre était une surprise est un petit peu exagéré. J'avais l'objectif de terminer dans le Top 5 ou le Top 3 mais pas de gagner. Je pense que j'ai eu un peu de chance avec le vent. Parce que je suis très forte dans ce type de conditions changeantes."

Ce titre l'a exposé à une lumière à laquelle elle n'était pas habituée. Elle qui ces dernières années a pu mûrir tranquillement, protégée par l'ombre d'Evi Van Acker.

"Quand j'ai intégré l'équipe nationale en 2012, Evi était déjà médaillée aux Jeux. Moi, j'avais un exemple à suivre, quelqu'un à qui poser des questions. Je voyais ce qu'elle faisait pour être une athlète aussi spéciale. Je pense que ça m'a beaucoup aidé dans ma carrière. J'ai pu grandir sans pression".

Emma a pris le relais d’Evi et pour ses premiers JO, elle fera d’emblée partie des favorites pour le titre. L’Ostendaise a déjà pris ses marques sur le site olympique de Tokyo avec une belle 3e podium en Coupe du Monde.

"Le plan d'eau d'Enoshima peut me convenir. Le vent est parfois fort, parfois plus faible. La personne qui va gagner aux Jeux sera quelqu'un qui peut naviguer dans toutes les conditions. Est-ce que c'est mon cas ? Parfois, je ne sais pas ..."

Emma Plasschaert n’assume peut-être pas encore totalement son nouveau statut. Elle a encore 2 ans pour travailler, pour progresser et se rapprocher de ce profil idéal, un profil aux reflets dorés.

Protéger les mers et les océans

L'Ostendaise est également une sportive engagée. Elle est ambassadrice de "l'Ocean Cleanup project" qui lutte contre l'accumulation du plastique en mer. Cet engagement dépasse ce rôle, c'est une attitude ancrée dans son quotidien. En pleine séance photo, Emma a naturellement commencé à ramasser les déchets plastiques sur la plage. "Si tu compares avec le football, personne ne va jeter des déchets sur le terrain. C'est pareil pour nous. Je pense que c'est tellement dommage que des personnes laissent des plastiques sur la plage. J'essaie de les emmener parce que sinon les déchets vont terminer dans la mer et ce n'est pas bon. Cela va tuer des animaux, cela va avoir un impact négatif".  
Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK