Jean-Michel Saive, le costume du président

Jean-Michel Saive
Jean-Michel Saive - © RTBF.be

Jean-Michel Saive nous a donné rendez-vous dans les bureaux de la société de communication qui l'encadre dans sa campagne présidentielle, entre un déplacement en Azerbaïdjan (avec une escale pour un rendez-vous en Macédoine) et un dîner avec les ambassadeurs d'une vingtaine de pays au palais d'Egmond. Le téléphone n'arrête pas de sonner. En anglais puis en français, Jean-Michel Saive, en costume cravate, règle les derniers détails de sa campagne entamée quelques mois plus tôt.

"Cette année, je dois déjà avoir visité une trentaine de pays. Je suis allé en Afrique, en Chine, en Amérique du Sud. Pour mener à bien une campagne pareille, il faut une hygiène de sportif de haut niveau pour enchaîner les décalages horaires, les sollicitations en tous genres, les rendez-vous et les nombreux repas d'affaire. C'est physiquement très exigeant. Je ne sais sincèrement pas comment je suis parvenu à continuer à jouer et à aller décrocher ce titre de champion de Belgique par équipe il y a quelques jours avec le Logis Auderghem".

A 47 ans, le plus grand pongiste belge s'est lancé un nouveau défi. Celui de devenir président de l'ITTF, la Fédération Internationale de Tennis de Table. "Avant de me décider, j'ai beaucoup voyagé, rencontré et discuté avec de très nombreux acteurs du monde du ping. Et j'ai senti qu'un vent favorable soufflait dans mon dos pour que je sois candidat." Face à lui, un seul opposant, le président sortant, l'allemand Thomas Weikert. "Ma force, c'est évidemment mon passé de sportif et les 32 années passées sur le circuit. Provenir d'un petit pays, c'est également un avantage. Ma présence au sein du mouvement olympique est un atout également. Mes faiblesses, c'est inévitablement mon manque d'expérience au sein de l'ITTF.

Jean-Michel Saive connaît bien l'envers du décor, lui qui siège depuis longtemps au conseil d'administration du COIB et qui en préside la commission des athlètes (ainsi que celle des Comités Olympiques Européens). "J'ai toujours été passionné par ce qu'il se passait de l'autre côté du miroir, du côté des décideurs. Et si on veut faire bouger les choses, pas le choix, il faut passer de ce côté-là. Ce qui me plaît, c'est d'essayer de faire bouger les choses. Il y a de nombreux endroits dans le monde où le ping doit encore grandir. Et j'ai envie de participer à ce développement. Ca a été passionnant de voyager aux quatre coins du monde, de rencontrer les responsables des fédérations et les acteurs de terrain et d'être à l'écoute de leurs attentes."

L'élection du nouveau président de l'ITTF, qui siégera pour quatre ans, aura lieu ce 31 mai lors du congrès extraordinaire de la fédération internationale organisé en marge des championnats du monde qui se déroulent à Düsseldorf.

"Le 31 au soir, je serai soulagé que cette campagne se termine mais dans tous les cas, ça aura été une expérience extrêmement enrichissante. En fonction du résultat, je rangerai ou pas définitivement ma raquette même si j'espère trouver encore le temps de disputer de temps en temps une exhibition parce que j'adore toujours autant le jeu. J'ai d'ailleurs ressenti une émotion particulière lors de mon dernier match voici quelques jours. Lors de la présentation des joueurs, j'ai pris conscience qu'il s'agissait peut-être là du dernier match de ma carrière."

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