"J'aime que des champions, comme Jean-Michel Saive, s'impliquent pour leur sport"

Jean-Michel Saive et Jean-Philippe Gatien
Jean-Michel Saive et Jean-Philippe Gatien - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

A quelques heures de l'élection du nouveau président de la Fédération Internationale de Tennis de Table, et du verdict attendu pour le "candidat Jean-Michel Saive", rencontre avec le Français Jean-Philippe Gatien. Il était l'un des plus grands rivaux du joueur belge, à l'époque où l'Europe dominait encore le tennis de table mondial. Et c'est lui qui a battu Jean-Michel Saive en finale des Championnats du monde, en 1993. "On a une histoire commune très longue. On s'est suivi, dans nos carrières respectives, dès le plus jeune âge, et jusqu'à la fin. On a eu un moment extraordinaire, une finale francophone des Championnats du monde. Je sais bien qu'à chaque fois, ça fait mal à Jean-Michel, quand on rappelle le résultat. Pardon, Jean-Michel, si tu m'écoutes..."

Jean-Michel Saive sera peut-être bientôt à la tête du tennis de table mondial. Et Jean-Philippe Gatien s'intéresse bien sûr à cette élection. "Je ne doute pas que ce serait un bon président. Il a une connaissance pointue et aiguisée du monde du tennis de table, au travers de sa carrière de sportif, au travers de sa carrière de dirigeant en Belgique, au travers de son implication au Comité Olympique Européen et de la présidence de la Commission des Athlètes. C'est forcément quelqu'un de compétent dans son sport. Mais vous me permettrez d'avoir une certaine neutralité sur le sujet. Il y a également Thomas Weickert, qui est le président en place, et qui est l'autre candidat. Je suis persuadé que l'ITTF a un bel avenir. Il y a des choses importantes qui ont été faites. Il y a des audiences qui ont été remarquées, aux Jeux Olympiques de Rio. Il y a encore des choses à faire, et je ne doute pas que ces deux candidats soient capables de mener à bien ces projets-là."

Un sportif de très haut niveau à la tête d'une fédération, ou en tout cas candidat à ce poste, c'est une chose que Jean-Philippe Gatien apprécie. "A titre personnel, je trouve que c'est intéressant de voir des athlètes s'impliquer dans l'avenir de leur sport. On le voit aussi dans d'autres disciplines. Il n'est pas évident de basculer tout de suite, quand on a fini sa carrière, parce que c'est un engagement important. Ce sont aussi, souvent, des fonctions bénévoles, ce qui n'est pas facile quand on vient de prendre sa retraite sportive. Un athlète, par définition, est assez jeune, quand il arrête sa carrière, et il doit continuer à travailler. On voit de plus en plus poindre des profils de grands champions qui essayent de s'intéresser de plus près à leur sport, à la place des athlètes au sein des fédérations. Moi, en tant qu'ancien champion, je vois plutôt cela d'un très bon oeil, évidemment. Les principaux artisans de la magie du sport de haut niveau, ce sont les athlètes. Certes, ils sont régis par un fonctionnement politique, par des élus qui doivent amener leur patte. Mais effectivement, avoir de plus en plus cette "sensibilité athlète", c'est forcément quelque chose de très positif."

Et pendant que Jean-Michel Saive mène sa campagne pour la présidence de la Fédération Internationale de Tennis de Table, Jean-Philippe Gatien en mène une autre. Il est le Directeur des Sports de la Candidature pour Paris 2024. La ville de Paris est candidate à l'organisation des Jeux Olympiques de 2024, avec la ville de Los Angeles. Le verdict tombera le 13 septembre. Paris avait été recalée pour les Jeux de 2012. Cette fois, on sent que la France, toute la France, est derrière cette candidature. "On essaye d'apprendre de toutes les candidatures passées, de mettre en place de nouvelles choses, d'améliorer en permanence le dossier que nous avons remis au CIO. Et effectivement, il y a aujourd'hui une unité qui est vraiment reconnue, de la part du monde sportif, du monde économique. Et il y a un soutien politique très fort, qui a été matérialisé par la réception du nouveau Président, Emmanuel Macron, à l'Elysée, récemment. Il a reçu les membres de la Commission d'Evaluation du CIO, donc c'était un message fort d'unité, de soutien. Et cela montrait que ce n'était pas qu'une candidature parisienne et francilienne, mais qu'il y avait une vraie unité du pays derrière ce projet. Et le discours du Président a été assez remarquable, à ce niveau-là. Donc oui, la France veut ces Jeux Olympiques et Paralympiques. Elle ne les veut pas uniquement parce que cela va être une fête sportive. Pendant 7 ans, il y a une possibilité de faire vraiment avancer des sujets de société, de mettre le sport au coeur de la société. Il y aurait un vrai héritage pour la population et les territoires, et ça, c'est un objectif vraiment important."

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