De Dorlodot – Red Bull Xalps: stop ou encore ?

La Red Bull Xalps est finie. A la veille du départ, à Salzbourg,  Thomas De Dorlodot nous confiait "c’est probablement ma dernière participation. C’est dur, c’est dangereux, il me faut chaque fois plusieurs mois pour récupérer, physiquement et mentalement ; et j’ai d’autres projets qui m’attendent"

A la fin de la course, sa déclaration était "je vais essayer de me retenir, mais c’est tentant de revenir, encore une fois, pour réussir enfin à rejoindre  Monaco"

La célèbre et redoutable Red Bull Xalps impose aux concurrents de relier Salzbourg à Monaco à travers les Alpes, via 7 balises de contournement. Une course d’orientation à pied et en parapente, probablement l’épreuve la plus dure au monde.  A vol d’oiseau, ça fait 1138 kms ; en réalité, beaucoup plus, puisque c’est sur routes, chemins, sentiers, cols, glaciers,….qu’il faut passer, pour avancer et pour pouvoir prendre son envol et parcourir d’autres kms, en parapente.

Pour notre compatriote, cette 6è participation aura été la plus difficile, la plus frustrante aussi. Alors qu’il se sentait dans les meilleures conditions de préparation et d’entrainement, pour pouvoir, enfin, rallier Monaco . (Il faut savoir que 24H après l’arrivée du vainqueur, on stoppe la course et on fige les positions)

Cette année, alors qu’il faisait partie des 10 premiers après 3 jours de course,  De Dorlodot, par inadvertance, est rentré de quelques mètres dans une zone aérienne interdite. Sanction immédiate et impitoyable : 48H d’immobilisation. Et une chute vertigineuse au classement. Et pendant que la météo souriait aux pilotes en tête de course, elle boudait les derniers. Ceux-ci s’épuisent donc à marcher et courir au lieu de voler.

Cruel, le reglement de l’ épreuve prévoit que tous les 2 jours, le dernier est mis hors course. Au 11è jour, le dernier s’ appelle De Dorlodot. Pour éviter l’ élimination, Thomas,  déjà passablement fatigué, va alors utiliser son unique "night pass", qui lui permet de ne pas respecter la pause de nuit obligatoire (de 22h30 à 5H du matin), et de marcher durant la nuit. Il se met dans le rouge.

Au matin du 12è jour, il est sauvé, mais  physiquement hors service. Pendant ce temps le suisse Maurer, véritable extraterrestre de l’épreuve, est arrivé à Monaco, et s’adjuge une  5è victoire consécutive.

Après avoir essayé en vain de rejoindre par les airs le Monte Balodo (la 5è des 7 balises), De Dorlodot  se pose au Lac de Garde et attend la fin de l’ épreuve, à plus de 500 kms de l’ arrivée.

6 concurrents ont été éliminés, 6 autres ont abandonné (sur blessure ou épuisés), le Belge termine 19è (sur 31),  fier d’un authentique exploit, mais frustré de n’avoir pas pu véritablement défendre ses chances.

Alors, stop, ou encore ?

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