Procès en vue pour l'ancien fondeur Johannes Dürr

Le skieur de fond Johannes Dürr, dont les révélations ont conduit cette année à mettre au jour un réseau international de dopage, sera jugé pour avoir activement participé à ce trafic connu sous le nom d'affaire "Aderlass", a indique jeudi le parquet autrichien.

L'ancien fondeur de 32 ans, qui a écopé en octobre d'une suspension à vie prononcée par l'agence autrichienne antidopage, est accusé de "fraude sportive", selon le parquet d'Innsbruck (ouest) en charge de l'enquête.

Dans un documentaire diffusé en janvier par la télévision allemande, Johannes Dürr s'était présenté comme un "lanceur d'alerte" et avait révélé l'existence d'une filière de dopage sanguin, déclenchant quelques semaines plus tard une vague d'interpellations en Allemagne et en Autriche, notamment dans le milieu du ski nordique.

Mais le skieur est également accusé d'avoir été lui-même un collaborateur actif du médecin allemand au cœur du réseau, dont il aurait distribué les produits et à qui il aurait présenté d'autres sportifs, selon le parquet autrichien.

Johannes Dürr, qui a reconnu avoir lui-même recouru au dopage jusqu'à récemment, encourt jusqu'à cinq ans de prison. Il avait déjà été convaincu de dopage à l'EPO, à l'hormone de croissance et à l'autotransfusion en 2014, écopant d'une première suspension.

L'affaire Aderlass ("saignée" en langue allemande) tourne autour du médecin allemand Mark Schmidt, arrêté le 27 février à son cabinet d'Erfurt (Allemagne), et a conduit à la mise en cause de plusieurs sportifs de différentes nationalités.

Un policier autrichien ayant participé à l'enquête a récemment indiqué que les investigations avaient identifié "trente sportifs", notamment dans l'élite du cyclisme et du ski de fond, ayant eu recours à des autotransfusions, "parfois deux fois par jour", à de l'EPO et de l'hormone de croissance.

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