Armand Marchant de retour sur les pistes : "Plus fort qu'avant mon accident"

Après sa terrible blessure au genou, Armand Marchant a effectué son retour à la compétition avec des ambitions revues à la hausse. A seulement 21 ans, une nouvelle carrière s’ouvre donc au skieur de Thimister, plus motivé que jamais.

Janvier 2017, à Adelboden (Suisse) lors d’un slalom géant comptant pour la coupe du monde, le jeune Verviétois chute lourdement. Le verdict est sans appel : une déchirure des ligaments croisés et du ménisque ainsi qu’une fracture du plateau tibial. Deux ans et demi plus tard, après sept opérations et une longue revalidation, Armand Marchant a donc rechaussé les skis en reprenant il y a peu la compétition en Nouvelle-Zélande et en Australie. Le skieur belge s’est d’emblée illustré avec une victoire en Super-G ainsi que 3 podiums en slalom. Des résultats qui lui ont permis de faire un bond de géant au ranking mondial où il a effectué son entrée dans le top 50. De bon augure pour la suite de la saison avec notamment les manches de coupe du monde qui se profilent à l’horizon. Armand Marchant a retrouvé son meilleur niveau comme il nous l’a confirmé dans cet entretien.

-Armand, avec ce retour à la compétition, on peut dire que vous voyez enfin le bout du tunnel ?

"Je peux enfin oser le dire. Oui, c’est le bout du tunnel. Cela s’est vu lors de mes premières compétitions. En Nouvelle-Zélande, je suis allé chercher de très bons résultats avec des classements que je n’avais jamais eu auparavant de toute ma carrière. Des résultats qui récompensent ces deux ans de travail et parfois de galère pour atteindre ce niveau. Je suis pratiquement revenu à mon meilleur niveau et on va voir ce que cela va donner cet hiver…"

-Comment étaient les premières sensations après une interruption de plus de deux ans ?

"Il y a eu beaucoup d’émotions lors de la première course. Machinalement, j’ai mis mon dossard et puis je me suis dit qu’il y a deux ans, j’étais cloué au lit, malade comme un chien, et là je me retrouve au départ d’une course. J’ai repensé au travail accompli durant ces deux années. Donc, une grosse émotion. C’est vraiment une page qui s’est tournée et maintenant on est fixé sur le futur. On n’oublie pas ce qui s’est passé mais j’ai vraiment hâte d’attaquer les compétitions de très haut niveau".

-En attendant, vous avez déjà effectué une belle progression au classement mondial ?

"C’est exact. En slalom, j’étais classé 170ème mondial et là je vais me retrouver quasiment dans les 50 meilleurs mondiaux. C’est à peine croyable après cette grave blessure. Je ne pouvais pas rêver mieux comme retour (rires)…".

-Durant cette longue revalidation, avez-vous connu une période de doutes et avez-vous imaginé que c’était peut-être la fin de votre carrière ?

"Plus d’une fois, j’ai pensé que ma carrière était terminée. C’était surtout le cas quand j’éprouvais certaines douleurs. Je me demandais si ces douleurs allaient pouvoir être gommées par les nouvelles techniques. Il y a eu beaucoup de doutes mais je pense que j’ai toujours été fort mentalement. Les médecins et les kinés ont trouvé les solutions à chaque problème. Ils ont été formidables. Cela m’a permis de continuer à avancer, étape par étape pour enfin retrouver mon niveau actuel".

-Quels sont désormais vos objectifs ?

"En fait, je m’étais fixé deux grands objectifs : tour d’abord, récupérer le niveau que j’avais avant mon accident. Vu les résultats déjà obtenus et mon nouveau classement, je pense que cet objectif est d’ores et déjà atteint. Et puis, l’autre ambition est de marquer des points dans des manches de coupe du monde. C’est ce à quoi aspire tout coureur de ski alpin. On verra ce qu’il en sera cet hiver ; La première manche aura lieu en Finlande, à Levi. Je me réjouis d’y être pour savoir exactement où j’en suis…".

-Et puis, dans un coin de votre tête, vous pensez forcément aux jeux olympiques de 2022 ?

"C’est certain. J’ai malheureusement loupé ceux de PyeongChang l’an dernier. J’étais sélectionnable et j’aurais pu y participer mais ma blessure au genou ne l’a pas permis. Du coup, mon moral en a pris un coup durant cette période de convalescence. Maintenant, c’est derrière moi. Je suis fin prêt et j’espère que ça va continuer dans cette voie là et donc réaliser ce rêve olympique. Je pense que tout athlète a les JO dans un coin de la tête…".

 

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