Israel Folau banni du rugby australien pour ses propos homophobes

Israel Folau banni du rugby australien pour ses tweets homophobes
Israel Folau banni du rugby australien pour ses tweets homophobes - © SAEED KHAN - AFP

Cette fois, ça y est: Israel Folau ne jouera plus au rugby en Australie, la commission de discipline de la Fédération australienne de rugby ayant décidé vendredi de limoger le Wallaby auteur de tweets homophobes.

Les trois juges avaient déjà estimé le 7 mai que l'arrière vedette de la sélection avait commis "une infraction de haut niveau du code de conduite des joueurs professionnels le 10 avril 2019 sur les médias sociaux", et il leur restait à décider de la sanction.

Israel Folau, 30 ans et 73 sélections avec les Wallabies dont il devait être une pièce maîtresse lors du Mondial au Japon (20 septembre-2 novembre), a 72 heures pour interjeter appel. Il pourrait également saisir la Cour suprême australienne.

"Ce fut un privilège et un honneur de représenter l'Australie et mon état natal de la Nouvelle Galles du Sud en pratiquant ce sport que j'adore, a déclaré Folau dans un communiqué. Je suis profondément attristé par la décision d'aujourd'hui qui met fin à mon emploi et j'étudie les possibilités qui s'offrent à moi".

Fervent chrétien évangéliste et détenteur du record d'essais dans le Super Rugby, Folau avait provoqué un tollé à la mi-avril après la publication d'un message sur son compte Instagram: "Ivrognes, homosexuels, adultères, menteurs, fornicateurs, voleurs, athées, idolâtres, l'Enfer vous attend. Repentez-vous! Seul Jésus peut vous sauver".

"Pas d'autre choix"

Son lucratif contrat (4 millions de dollars australiens, soit 2,5 millions d'euros, sur quatre ans) avait depuis été résilié par la Fédération australienne, qui lui avait laissé deux options: accepter la sanction ou la contester devant la justice, ce que le joueur avait décidé de faire.

"Rugby Australia n'a pas choisi de se retrouver dans cette situation, mais la position de Rugby Australia reste qu'Israel, par ses actes, ne nous a pas laissé d'autre choix que de poursuivre cette procédure", a commenté vendredi la directrice générale de la Fédération, Raelene Castle, estimant que la situation était "douloureuse" pour le rugby mais que Folau "savait en pressant le bouton que son message aurait des implications".

Vendredi, Folau a rétorqué que "défendre (ses) convictions religieuses ne devrait pas (l)'empêcher de travailler ou de jouer pour (s)on club ou (s)on pays".

"Merci aussi à ceux qui m'ont défendu, parmi lesquels certains ne partagent pas mes croyances mais ont défendu mon droit de les exprimer", a-t-il ajouté.

Plusieurs de ses anciens coéquipiers Wallabies lui ont rendu hommage, comme Samu Kerevi et Sekope Kepu: "Tu vas nous manquer pour partir au combat mon Toko (frère, ndlr)", a ainsi écrit Kepu sur Instagram.

L'Enfer

Folau avait déjà critiqué la légalisation du mariage homosexuel dans son pays, adoptée fin 2017 par le Parlement, avant d'affirmer en avril 2018 que l'Enfer attendait les homosexuels à moins qu'ils ne se repentent de leurs péchés.

Convoqué mais non sanctionné, Folau avait récidivé un mois plus tard en postant une vidéo dans laquelle un évangéliste américain mettait en garde contre le mariage entre personnes du même sexe, évoquant des "perversions sexuelles indescriptibles".

La décision de vendredi a satisfait le mouvement LGBTI australien qui a salué "le courage" de la Fédération.

"Cette décision envoie un message fort sur le fait que l'homophobie et la transphobie ne seront pas tolérées dans le rugby", souligne le groupe.

Au contraire, l'ancien sélectionneur des Wallabies Alan Jones, reconverti dans la radio et connu pour ses opinions conservatrices, s'est montré critique.

"Ils l'ont écarté, ils ont détruit son emploi et ils ont détruit son image internationale parce qu'il a cité la Bible, pour l'amour de Dieu!", a commenté Jones, cité par le Daily Telegraph de Sydney.

La carrière sportive de Folau en Australie semble en effet bien terminée, puisque la Fédération de rugby à XIII a déjà annoncé qu'il n'y avait pas sa place non plus.

Il pourrait rebondir à l'étranger, mais son image a été très écornée par cette affaire et des sponsors comme l'équipementier sportif Asics ou la compagnie aérienne australienne Qantas ont pris leurs distances avec lui.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK