C'est quoi ces oreilles 'en chou-fleur' des rugbymen? Et ça se soigne?

Le nom scientifique est othématome. Mais on les appelle surtout oreilles en 'chou-fleur'. Expression imagée qui décrit très bien ces oreilles boursouflées dont souffrent certains rugbymen. Un attribut qui s'accorde très bien, dans l'imaginaire collectif, avec l'accent du 'rugueby' du Sud-Ouest de la France. Mais rien à voir avec le terroir. Les oreilles en chou-fleur, on les trouve partout et surtout parmi les avants des terrains de rugby. Car c'est là que ça frotte dans les mêlées.

Le Docteur Laurent Simar est le médecin de l'équipe nationale belge de rugby. Il connaît bien le phénomène: "Ca arrive beaucoup en mêlées fermées où les oreilles sont coincées entre deux têtes. Cela provoque une friction. La cascade habituelle c'est un traumatisme au niveau de l'oreille qui provoque un saignement. Ce saignement provoque un hématome (donc une collection de sang entre la peau et le cartilage de l'oreille). Et cette collection de sang a malheureusement tendance à altérer le cartilage qui se modifie et se ramollit. Donc le structure de l'oreille disparait. Et, en plus, le pavillon s'épaissit avec cette fibrose."

Sans structure, l'oreille paraît soufflée, comme un pop-corn. Un phénomène qu'il est heureusement possible de prévenir par différentes méthodes. "La première c'est le casque", explique Laurent Simar. "Il ne protège pas de la commotion, mais il protège les oreilles. Certains joueurs jouent avec un bandeau collant. Ou, comme on l'a vu à la Coupe du Monde, avec des sparadraps sur le pavillon. Et puis il y a des joueurs qui appliquent de la vaseline sur leurs oreilles".

Et puis il arrive que... ça arrive quand même. Mais des solutions à postériori existent aussi. "On aspire le sang avec une seringue. C'est très simple, mais ça ne s'arrête pas là, sinon l'hématome revient aussi vite. La deuxième étape c'est le pansement compressif, et c'est là qu'il faut parfois se battre avec les joueurs, car c'est un bandage qui fait le tour de la tête. Il faut parfois aussi mettre un point de suture pour maintenir la compression", précise encore le médecin des Diables Noirs

Il faut donc rester attentif et surveiller tout gonflement du pavillon. Cela nécessite une intervention assez rapide, dans les quelques jours qui suivent. Tout cela afin d'éviter le recours à la chirurgie esthétique (toujours possible et efficace) en fin de carrière.

A moins que ces oreilles en 'chou-fleur' ne soient complétement assumées...!

Et ils existent ces sportifs dont les oreilles 'racontent'. Le judoka Toma Nikoforov en fait partie. "Pour moi les oreilles comme ça, en chou-fleur, complétement cassées, c'est vraiment la marque de fabrique des combattants. Et même après ma carrière, moi, je ne veux pas me faire opérer. Je veux garder mes oreilles comme ça. Toma Nikiforov sans ses choux, c'est pas Toma. Ca fait partie de moi. J'ai l'impression d'être né avec!"

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