Bakary Meïté, le rugbyman au grand cœur, passé du terrain à l'hôpital

Bakary Meïté est un homme bien. Le genre de personne à qui on a envie de serrer la main (si au moins c’était possible), et de simplement dire "merci"...

Bakary Meïté est franco-ivoirien, il a trente-six ans. Il mesure 1 mètre 91, et il pèse 110 kg. Il a un physique de rugbyman. Et c’est normal, il est rugbyman professionnel. Il évolue à Carcassonne, en deuxième division française. En ce moment, comme presque tous les sportifs du monde, il est privé d’entraînements et de compétitions. Il s’est donc mis au service des autres.

Il y a quelques semaines, il revenait d’un voyage au Brésil, et il s’apprêtait à redescendre dans le Sud. Mais l’annonce du confinement l’a bloqué à Paris. Et il est donc resté chez sa sœur. Quelques jours plus tard, il a entendu, presque par hasard, une conversation téléphonique au cours de laquelle son neveu, Zakarya, 19 ans, se faisait embaucher comme agent d’entretien dans un hôpital parisien. Et il a décidé d’y aller aussi, par solidarité avec le personnel soignant.

Depuis, Bakary et Zakarya travaillent six jours sur sept, de 7 heures du matin jusqu’à 13 heures, à l’hôpital Sainte-Périne, à Paris. Bakary Meïté a raconté son travail à nos confrères de Radio France. "Je suis chargé de désinfecter tout ce qui se trouve à portée de main, les poignées de portes, les boutons d’ascenseurs, les interrupteurs, les rampes. Je fais aussi les extincteurs et les téléphones d’urgence. Je fais ça de fond en comble, dans deux bâtiments."

Un boulot qui demande du dévouement et du courage. "L’hôpital, de base, ce n’est jamais un endroit très rigolo. C’est quand même un peu anxiogène. Alors, y aller tous les jours, ce n’est pas facile. Mais moi, ce qui m’a marqué, c’est l’abnégation des médecins, des infirmières, et des aides-soignantes. Y retourner, toujours, je trouve ça vraiment fort. Effectivement, cela peut être dur nerveusement. En fin de journée, on est un peu fatigués. Mais on ne peut pas se plaindre, quand on compare avec ce que font ces gens-là, dans les hôpitaux".

On a l’impression que Bakary Meïté trouve tout ce qu’il fait "normal", et qu’il souhaite surtout parler du courage des autres. Il est de plus en plus médiatisé, et il n’arrête pas de mettre les médecins, les infirmiers, les infirmières, en avant. Il répète que son neveu a encore plus de mérite que lui, parce que c’est lui qui a pris l’initiative d’aller travailler à l’hôpital. Et il souligne que pour lui, ce travail n’est que temporaire. Cela ne durera que le temps du confinement, donc c’est moins compliqué que pour les travailleurs de l’ombre, ceux qui exercent ce métier en permanence. Et il sait de quoi il parle, parce que sa maman a fait cela pendant trente ans.

Ceux qui connaissent Bakary Meïté affirment que cette générosité lui ressemble. Mathieu Cidre, son entraîneur au club de rugby de Carcassonne qualifie le joueur d’exemplaire. "Je lui ai envoyé un message, pour lui apporter tout mon soutien, dans la démarche qu’il avait entreprise. Je lui ai dit que je trouvais ça vraiment exceptionnel. Et je suis fier qu’un de mes joueurs ait pris cette initiative. Je trouve que c’est vraiment quelque chose de très grand."

Sur Twitter, l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) a remercié le rugbyman au grand cœur. "Merci à lui, ainsi qu’à l’ensemble des volontaires qui, comme lui, apportent leur pierre à l’édifice". Le Ministère français des Sports l’a qualifié de "grand monsieur". C’est ce que pensent très certainement les centaines d’anonymes qui lui envoient également leur soutien et leurs remerciements, sur les réseaux sociaux.

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